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« Je réclame depuis un an la réhabilitation »
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« Je réclame depuis un an la réhabilitation »
Il y a quelques semaines encore, vous vous occupiez de la sécurité intérieure en tant que conseiller du Premier ministre. Comment expliquez-vous la dégradation de la situation dans les prisons ?
La violence et l?indiscipline sont la réponse du détenu à la répression. Depuis un certain temps, les décideurs ont choisi de faire de nos prisons des centres de punition et de répression. Un tel régime engendre la frustration et le ressentiment chez les détenus. La culmination de ces sentiments résulte en mutineries, en évasions, en confrontations avec l?administration pénitentiaire?
Que préconisez- vous ?
J?estime qu?il est grand temps de redéfinir la politique nationale. La répression ne mène nulle part. L?ancien gouvernement travailliste en a fait l?expérience. Nous devons opter pour la réhabilitation. Il faudra se donner les moyens de préparer le détenu à une réinsertion dans la société. Il faut faire de sorte qu?il quitte la prison meilleur que quand il y est rentré et non endurci et aigri. Cela réduirait les risques de récidive.
N?avez-vous pas conseillé le Premier ministre en ce sens ?
Si. Cela fait plus d?un an que j?en ai avisé le Premier ministre.
Du temps où vous dirigiez le service pénitentiaire, vous mettiez beaucoup d?accent sur la réhabilitation et l?intégration des détenus. Que s?est-il passé depuis ?
Toutes les activités ont été bannies par le régime travailliste. Ces dirigeants ont estimé plus juste de se montrer durs et sévères à l?égard des prisonniers. Or, il ne faut pas sous-estimer l?influence des activités artistiques et sportives. Elles créent un sens d?appartenance communautaire et en même temps, elles occupent les détenus. Il n?y a rien de pire que l?oisiveté pour un prisonnier.
Êtes-vous de ceux qui croient qu?il faudrait réintroduire la rémission de peines pour les délits liés à la drogue ?
Je le suis. Telle qu?elle est actuellement, la loi est discriminatoire à l?égard des condamnés pour délits de drogue, comparé aux meurtriers et violeurs qui sont tout aussi dangereux pour la société. Cela crée un sentiment d?injustice chez le prisonnier qui n?aide personne.
Vous aviez, dans le temps, ouvert un centre de réhabilitation pour drogués dans l?enceinte de la prison de Beau-Bassin. Qu?est-ce qui motivait ce projet ?
La grosse majorité des détenus sont dépendants de la drogue. Un centre de réhabilitation a sa place dans la prison. Malheureusement, on s?en est débarrassé pendant un moment. J?apprends que le Lotus Centre vient d?être relancé. Tant mieux.
Qu?attendez-vous du commissaire britannique qui vient d?être nommé à la tête des prisons ?
J?accorde beaucoup d?importance à la qualité du leadership à la prison. La réhabilitation ne peut porter de fruits que si elle est menée par un leader respecté et aimé des détenus et du personnel. A mon avis, le gouvernement aurait mieux fait de recruter un Mauricien. Je me suis déjà exprimé en ce sens auprès du Premier ministre quand j?étais encore en poste.
Propos recueillis par Shyama Soondur
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