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« Islamic Banking » :Un business d?intérêt pour le pays

28 juillet 2007, 20:00

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Imaginez une personne qui se présente dans une banque de la capitale pour un emprunt et qui s?entend dire que le prêt sera accordé, mais que la banque ne lui réclamera aucun intérêt. Oui, aucun intérêt. Si elle se trouve dans une banque classique, cette personne se croira sur une autre planète. En revanche, ce ne sera pas le cas si elle a frappé à la porte d?une banque islamique.

« Une banque islamique à Maurice, c?est du domaine du possible », explique Yousoof Dauhoo, un travailleur social de longue date, avec un engagement particulier dans le domaine de la coopérative de crédit (credit union). « Il faut une vaste campagne d?explication et de sensibilisation », poursuit-il.

La charia comme principe fondateur

Mosadeq Sahebdin, porte-parole de l?Institut pour la protection des consommateurs, parlant en son nom personnel, voit toutefois une contradiction dans le principe même d?implanter une banque islamique dans un cadre juridique et politique dont le fondement ne repose pas sur les principes de l?islam. « J?admets que c?est une alternative à la pratique courante des banques commerciales classiques. Mais ce n?est pas le moyen idéal pour les musulmans de vivre l?islam dans son intégralité. »

Le principe fondateur des banques islamiques tire son origine dans la charia, ensemble de règles de conduite concernant tous les aspects de la vie auxquels un musulman doit souscrire.

L?investissement direct et l?investissement par la participation sont les deux principales caractéristiques de ce système dont l?existence repose sur des actifs bien réels. Dans le premier cas de figure, c?est la banque qui effectue le placement des capitaux dans des projets susceptibles de rapporter des dividendes.

Dans le second, la banque s?associe tant dans l?investissement que dans la gestion d?une entreprise à qui un prêt est consenti. C?est là une forme de partenariat où les deux parties acceptent de partager les bénéfices de même que les conséquences financières d?une perte.

Il est temps de passer au concret

Dans cette perspective, l?intérêt et l?usure sont considérés comme étant favorables à la concentration de la richesse et donc préjudiciables à ceux qui n?en maîtrisent pas le mécanisme. « C?est une alternative pour le client », souligne Al Khu Shaïri, directeur de la South East Asian Bank.

« Ce sera certainement une bonne chose. Maurice va intégrer un secteur qui connaît une expansion annuelle de 14 et 15 % », estime Chandan Jankee, Associate Professor dans les domaines bancaire et financier à l?université de Maurice.

Et à en croire Rama Sithanen, le ministre des Finances, il est temps de passer au concret. « Nous permettrons le développement de services bancaires alternatifs tels que l?implantation de banques islamiques à Maurice », a-t-il annoncé lors de la célébration du centenaire de la banque de Baroda.

Le ministre des Finances n?a pas caché son optimisme quant aux opportunités que ce système représente pour Maurice. « C?est une activité qui grandit rapidement et qui représente un grand potentiel pour le pays dans son intégration du marché financier global. C?est un secteur en croissance. Les banques islamiques souhaitent étendre leurs activités ici. »

Et si jamais Maurice va de l?avant avec le projet, elle ajoutera son nom à la liste de pays où le concept de banque islamique fait déjà partie intégrante du secteur financier.

Un pied dans le système

En attendant l?implantation à Maurice de banques islamiques, on peut dire que le pays a déjà un pied dans le système. Le Mauricien Kamal Taposeea vient, en effet, de prendre de hautes responsabilités à l?Al Rajhi Bank d?Arabie Saoudite. Et depuis la déclaration de Rama Sithanen, certaines institutions ont engagé une réflexion, d?autant plus qu?il est tout à fait possible pour n?importe quelle banque conventionnelle de mettre en place une branche islamique. « S?il y a une demande nous ne voyons pas pourquoi nous ne pouvons pas mettre sur pied une islamic window », soutient le représentant d?une importante banque commerciale.

Le Hongkong Shanghai Banking Corporation (HSBC) international a déjà ses HSBC Amana Investment Funds. Il s?agit d?une société d?investissement dont les règles de fonctionnement respectent la charia. La société se compose de trois entités, l?America?s Equity Fund, le Pan-European Equity Fund, et l?Asia-Pacific Equity Fund.

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