Publicité

« Il y a un manque de motivation »

21 janvier 2006, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Quelle est votre définition d?un bon boulot ? Est-ce plus une source de revenus ou d?épanouissement ? </B>

Un bon boulot est une fonction dans laquelle nos compétences relationnelles, académiques et émotionnelles sont utilisées dans un but de dépassement et d?épanouissement de toute la personne et pour laquelle la personne est rémunérée à juste titre. Autrefois on considérait le QI comme un élément déterminant dans la réussite d?un poste, mais maintenant on parle davantage de QE ? Quotient Émotionnel ou Intelligence Émotionnelle. La définition dépend de chaque travailleur, la motivation et les sources de bonheur varient aussi en fonction de la catégorie socioprofessionnelle.

Par exemple, pour le personnel ouvrier, le salaire va primer car il y va de sa survie. Il se dit qu?il a sa famille à nourrir avant tout et sa motivation première sera d?être capable d?assumer ses besoins physiques. Par contre, pour un personnel d?encadrement ou dans le top management, le travail est perçu comme une source d?épanouissement, de créativité, de réflexes stratégiques et de vision globale.

<B>Y a-t-il un manque de motivation des travailleurs ? </B>

Oui, il y a un manque de motivation. Par exemple, dans le milieu ouvrier, l?employé peut trouver ses conditions de travail difficiles et insatisfaisantes par rapport à la réalité économique du pays. Il peut estimer ne pas être rémunéré équitablement pour ses activités accomplies, souvent très physiques. Dans ce cas, la source de motivation, c?est le salaire.

Dans d?autres domaines, par exemple, ceux des cadres, il peut exister des frustrations de ne pas pouvoir prendre plus de responsabilités et de bénéficier de promotions. Il y a aussi un autre problème associé au manque de motivation ? la nouvelle génération de diplômés face à la vieille génération expérimentée. Ce conflit génère des frustrations au niveau des conditions d?emplois et des bénéfices. Il y a aussi la non-reconnaissance de l?effort fourni par l?employé. Cela résulte du fait que les employeurs ne sont pas formés pour faire ce genre d?évaluation, faire des feed-back et reconnaître les forces.

<B>Faut-il aimer son travail pour être heureux ?</B>

Auparavant, le travail était synonyme de survie. Maintenant, nous visons le développement personnel et il devient difficile de rester dans un boulot que l?on n?aime pas. On a la chance d?être porté par cette passion, ce désir de se surpasser, de choisir un métier en connaissance de cause, des difficultés que cela peut entraîner. Pour être heureux dans sa profession, on doit vivre bien avec les autres ? sa famille et ses collègues ? et apprendre à se connaître et à respecter ses valeurs et celles des autres. Il faut aussi apprendre à gérer le stress, les conflits et le changement. Nous vivons dans un monde où il y a une course vers le matérialisme. Il faut savoir gérer cela intelligemment.

<B>■ Propos recueillis par M. B.</B>

Publicité