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« Il faut suivre une ligne dure »

14 août 2005, 00:00

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<B>En tant qu?ancien ministre responsable des prisons, comment expliquez-vous la dérive des prisons ? </B>

L?univers carcéral fait face à des problèmes similaires dans le monde. Il ne faut pas se voiler la face. D?où l?idée de venir avec une série de mesures pour tenter de faire chuter la criminalité. Il faut saluer les gardiens qui font un travail très difficile. Beaucoup abandonnent, découragés, six mois après avoir été recrutés.

Mais ce qui se passe actuellement est le fruit du travail de quelques brebis galeuses qui ont laissé pourrir la situation. Le commissaire Brojmohun partageait ma vision, mais certains de ses subordonnés ont tout fait pour nous montrer que j?avais tout faux dans mon approche.

Mo senti mem zafer zot pe fer pu fer Duff ale? Ils le font en pensant qu?ils seront promus et qu?ils seront alors appelés à occuper de hautes fonctions. En attendant, ils sont en train de jouer avec le feu.

<B>Comment faire pour empêcher que la situation explose ? </B>

En combattant la criminalité et la petite délinquance à la racine. On a commencé à le faire en travaillant avec les enfants laissés à eux-mêmes, en adoptant le concept d?éducateur des rues. Les Réunionnais nous ont donné un coup de main pour nous aider à mieux comprendre la psychologie de ces jeunes susceptibles de se muer en délinquants.

On a introduit le travail d?intérêt général pour ceux condamnés à des peines de moins de deux ans. L?idée était de ne pas mélanger les petits criminels aux caïds.

Les évaluations faites en 2003 et 2004 montrent que 4,5 % de ceux qui ont fait un travail d?intérêt général ont rechuté, contre 60 % pour les autres.

<B>Les détenus ont un sentiment d?impunité. Ne faut-il pas revoir la discipline ? </B>

Lorsque j?étais ministre, j?ai demandé au commissaire Brojmohun de choisir cinq caïds pour que je leur parle. J?ai fait appel à leurs sentiments pour nous aider à préparer l?intégration de leurs congénères. Ce sont loin d?être des enfants de ch?ur mais il faut trigger kiksoz endan zot. Il ne faut pas non plus être trop soft car il y a risque de récidive. Il faut en effet une ligne dure envers les fortes têtes. Mais si ces derniers ont une certaine influence sur les officiers, on n?est pas sorti de l?auberge.

<B>Vous avez beaucoup travaillé pour la réinsertion. En êtes-vous satisfait ? </B>

Je regrette de n?avoir pas eu assez de temps pour mener mes projets à terme.

On avait commencé à travailler sur la remise de peine pour les toxicomanes. Cela les aurait motivés à mieux se comporter, dans l?espoir d?être libérés plus tôt.

<B>Quelle est votre lecture des problèmes à la New Wing ? </B>

Cette aile a été mal conçue. Elle avait été construite avec des cellules individuelles, différentes de celles des autres prisons. Dans l?urgence, comme il y avait trente détenus atteints du sida, nous avons décidé de les caser là-bas?

<B>Depuis la population s?est multipliée dans cette section?</B>

L?explication est simple. Nous sommes passés de trente à trois cent détenus séropositifs en l?espace de quelques mois, parce que nous avons dépisté tout nouveau détenu. Cela donne un aperçu de la progression de la maladie et nous met face à un réel problème de santé publique.

Le sida est tabou et très mal connu. Nous avons travaillé avec la Natresa pour sensibiliser les gens et avons invité ceux qui se shootaient à se faire dépister.

Regardez le cas de Malini. Sans Audrey d?Hotman et l?association Étoile d?Espérance, elle aurait vécu dans la rue. Et dire qu?elle a des s?urs qui vivent en France et qui l?ont rejetée?

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