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« Il est temps de se remettre sérieusement au travail »

16 juillet 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Avez-vous informé le gouvernement, au moment de votre recrutement, des intérêts que vous avez dans plusieurs sociétés d?aviation que vous avez créées ou gérées ? </B>

Je suis connu dans l?industrie comme étant un professionnel de l?aviation. Ma réputation, mon parcours professionnel ont été bâtis dans ce secteur. C?est du domaine public que je gère mes sociétés. J?en ai informé qui de droit et il n?y avait rien à redire.

Quand, après réflexion, j?ai décidé de me mettre à la disposition de l?État pour une période donnée, l?une des premières choses que j?ai faites a été de réorganiser ces sociétés et ensuite, de me libérer de toutes mes fonctions. La toute première déclaration d?intérêts que j?ai faite au conseil d?administration, le 30 septembre, expliquait que j?avais démissionné de toutes mes instances de gestion.

<B>Oui mais on peut démissionner en tant que directeur mais garder certains intérêts?</B>

Dans ma tête tout est clair. Je peux me mettre à la disposition de mon pays pour le servir. Mais il est hors de question pour moi d?hypothéquer ce que j?ai fait dans le passé et ce qui assurera l?avenir de ma famille pour passer quatre ans à Air Mauritius. Je ne pense pas que l?État me l?ait demandé non plus. Ce serait injuste.

Si à la fin de mon mandat j?ai réussi mon pari de remettre cette compagnie sur les rails, cela encouragera d?autres personnes du secteur privé à donner de leur temps pour des entreprises parapubliques ou des compagnies privées à capitaux publics. Et peut-être qu?un jour quelqu?un du secteur bancaire pourrait aller travailler au ministère des Finances. On verra alors émerger une autre île Maurice.

Il y a eu une question parlementaire à votre sujet presque toutes les semaines depuis un mois.

<B>Cela n?entame-t-il pas votre envie de travailler ? </B>

Mon emploi du temps pendant ces trois dernières semaines a été polarisé par cela. Je ne suis pas payé par Air Mauritius pour faire cela ! Je suis venu travailler pour le bien de l?entreprise.

Et comme c?est une compagnie nationale, s?il lui arrive quelque chose de mauvais, la majorité silencieuse n?aura plus que les yeux pour pleurer. C?est tout. Je n?ai plus de temps à consacrer à tout ce qui se passe.

Il est temps de se remettre sérieusement au travail et d?emmener l?entreprise vers les challenges qui nous attendent. On saura le faire.

<B>Vous sentez-vous la victime d?une cabale en vue de vous gêner ou de vous remplacer ? </B>

Je suis là pour remplir une mission. Ce n?est pas moi qui me nomme. J?ai un mandat, je continue mon travail et je n?ai pas le temps de regarder s?il y a quelqu?un d?autre qui veut faire le travail à ma place. S?il n?y a rien que je puisse faire à ce sujet, pourquoi voulez-vous que je m?inquiète de cela ?

<B>Quels sont les documents que l?Icac a consultés lors de la visite de ses enquêteurs dans vos locaux ? </B>

L?Icac fait son enquête et on attend avec impatience les résultats. Nous avons mis tous nos moyens à leur disposition pour qu?ils travaillent dans la sérénité.

<B>Quels sont la nature et le contenu de ces documents ? </B>

Je ne pense pas que ce serait correct que je donne les détails sur ce que l?Icac a demandé. Mon seul souhait est que l?enquête se fasse avec une certaine diligence pour qu?on recommence à faire notre travail ici. Il est extrêmement important que nous puissions nous remettre à la tâche.

Il y a plusieurs compétiteurs qui sont à l?affût.

<B>Pourquoi avez-vous atterri à Air Mauritius ? </B>

Quand vous êtes appelé par l?État, la première chose que vous faites c?est de courir vous cacher, parce que vous ne voulez pas vous jeter dans l?arène. J?ai dit non plusieurs fois à cette proposition, mais après mûre réflexion, je considère cela comme un service national. Je serai heureux, à la fin de ma vie, de dire que j?ai servi mon pays ne serait-ce que pour quelques années.

<B> Propos recueillis par R.B. </B>

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