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« Faire voyager la musique »
<B> Vous terminez avec Maurice une longue tournée internationale. Lorsqu?un concert, ou une tournée se termine, que c?est fini, comment gérez-vous le vide ? c?est plutôt Blues, Yoga ou Faya ? </B>
Après une tournée, j?ai une période down. Parce qu?avant une tournée on ne sait pas trop où on va. Après, on a touché tellement de gens, ils sont tous content et tu te rends compte que tu as vécu un truc ; Une expérience. Et tout d?un coup il n?y a plus rien.
Alors il faut du temps, c?est normal. Tu t?oublies. Tu as été l?objet de cette joie mais quand il n?y a plus de concert, y?a toi.
Alors j?essaye de rester au calme. Je me repose. Là, physiquement je suis mort et psychologiquement, je suis vidé. Je pourrais dormir pendant 15 jours, 13 heures d?affilée. Il faut que je souffle.
Pourtant vous enchaînez les projets, il y a bientôt Roland Garros puis la tournée en France, puis l?enregistrement de l?album?
Après la tournée ça va être cool. Et en septembre, on commencera à penser au prochain album.
J?ai envie que le prochain soit terrible. Pas une révolution musicale, mais juste qu?il témoigne de ce que je suis à ce moment là.
<B> Vous avez été un grand sportif, maintenant un grand chanteur, vous avez d?autres rêves à réaliser ? </B>
Non. Je n?ai plus de rêves.
<B> Vous les avez déjà réalisés. Les dents du bonheur, c?est vrai alors ? </B>
Il paraît ouais. Moi, je dis OK. Je prends tout ce qui est bon
<B> Vous vous déplacez en famille, le public, qui vous adore, c?est aussi un peu la famille, des cousins éloignés que vous retrouvez pour faire la fête ? </B>
Il y a de ça, oui. Ce qui me bouleverse, c?est les inconnus avec qui tu fais la fête. Tu les rencontres, tu fais la fête et ça le fait ! Et tu te rends compte que, mince, on est tous les mêmes. C?est ça qui me plaît.
On parle trop des différences, c?est pas juste. Il y a de belles choses aussi. Et ces belles choses, j?essaie de les vivre. Dans les concerts, il y a quelque chose qui se passe.
Dans la loge, mon rôle c?est que tout aille bien. Un peu comme un anniversaire. C?est toi qui organises, c?est toi qui as fait le gâteau. Mais t?es pas sûr, tu penses que ça va lui plaire. J?ai pas vraiment de doute, parce que je fais confiance aux gens.
Mais je suis un peu nerveux avant d?offrir le cadeau. Et quand le public est vraiment content ?
<B> Comment expliquez-vous un tel succès ? </B>
Quand tu chantes, tu chantes pour l?autre. L?important, c?est ce qu?on dit, il y a des choses qui parlent aux gens. Et aussi après le concert, quand on passe du temps avec eux. Etre là, c?est important.
Pour les enfants, je suis presque pas humain. Mais il suffit d?un petit mot gentil, une petite signature et ils sont super heureux ils ont gagné quelque chose. Si je prends une photo, alors là?
<B> Le reggae reste dominant dans votre musique, alors que vous voyagez beaucoup et vous vous inspirez d?autres cultures, pourquoi ? </B>
Moins maintenant. Le reggae, c?était une façon d?amener les gens. En voyant ma tête ils se disaient que ça devait être cool, pas du reggae agressif. J?aime le reggae.
Mais il y a autre choses. Dans le dernier album, on a essayé de faire voyager la musique, avec les percussions, la cithare.
<B> Maurice aura bientôt l?occasion d?accueillir en concert un autre grand musicien, le reggaeman africain Alpha Blondy, vous auriez quelque chose à lui dire, u à lui demander ? </B>
On s?est loupé il y a pas longtemps. A lui demander ? Rien, sinon, comment ça va. Il a inspiré beaucoup de gens. C?est un guerrier pacifique. Et je le joue quand il veut. Il est cool. J?ai vu un de ses concerts. C?est fort.
<B> Interview réalisée par Sonia Serra</B>
<B> Le rassembleur</B>
Ils étaient nombreux, les membres mauriciens de la tribu de Noah, à faire le pied de grue, dès midi à La Citadelle. La patience étant une vertu indispensable pour ces fans heureux de ce rendez-vous unique avec leur pote Yannick. Une fois la nuit tombée, la Citadelle s?est remplie de monde. Les jeunes, plus agiles, jouant des coudes pour occuper un petit coin près des barrières. Les familles restant sagement à l?écart. Pas si sages que cela, cependant. Car, on se lève tous pour Yannick. Petits ou grands. Le concert a commencé avec Quand vous êtes-la ? Flots de lumières et de couleurs : l?univers de Yannick Noah fait plaisir aux sens. A tel point que le vent n?a pas résisté à jouer avec la chemise du chanteur. Un vent coquin qui a fait le bonheur des dames car Yannick a dû tomber la chemise. C?est torse nu qu?il a chanté, qu?il est descendu parmi le public et couru sur les remparts de la Citadelle. Chanteur mais sportif, le Yannick. Parmi les temps forts, Les Lionnes dédiée aux princesses présentes à La Citadelle, sa reprise, en version acoustique, de Bob Marley. Un concert génial par un chanteur très communicatif, qui se laisse prendre au jeu, se laisse séduire par les Mauriciens et revient quatre fois sur scène pour les rappels.
<B> Mélanie Paillet de Music Machine</B>
?On est contraint de demander un prix supérieur?
<B> Vous étiez en charge des concerts de Yannick Noah à La Réunion, comment cela s?est passé ? </B>
C?est la troisième fois que nous programmons Yannick Noah à La Réunion. Cette année, il y a eu cinq spectacles au Théâtre en plein air de Saint Gilles. Tous les concerts étaient pleins.
<B> Vous collaborez avec Immedia Events, comment se passe cette collaboration ? </B>
C?est une collaboration qui dure depuis 15 ans, donc une bonne collaboration. La plupart des artistes qui passent à Maurice passent aussi par La Réunion. Cela a été le cas poru Jean Jacques Goldman, Pascal Obispo, Patrick Bruel, plus récemment pour Laurent Voulzy et Yannick Noah.
<B> La Réunion a une grande activité culturelle, vous faites venir beaucoup d?artistes, pour plusieurs dates. Comment se passent l?organisation et le financement ? </B>
On n'a pas plus de sponsors ou d?aide, mais le prix du billet est différent. On est contraint de demander un prix supérieur, sinon rien n?est possible.
<B> Combien de concerts organisez-vous par année ? </B>
Environ six à huit tournées par an. On souhaiterait faire Maurice à chaque fois, mais il est souvent questions de planning.
<B> Et d?argent ? </B>
Aussi. Il faut juste trouver un équilibre.
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