Publicité

« En perdant son emploi, on perd aussi son identité »

3 décembre 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Est-ce que l?industrie du textile demande une nouvelle forme de compétence et surtout, une nouvelle mentalité de la part des employés ? </B>

Le marché a définitivement changé. Aujourd?hui, il existe une demande pour une forme de polyvalence et la capacité d?adaptation. Mais on n?a pas été formé dans cet esprit. Il aurait fallu, dès le départ, inculquer cette mentalité aux employés, mais les circonstances de l?époque ne l?exigeaient pas.

La conjoncture était autre et les gens entraient dans un secteur professionnel pour y rester jusqu?à leur retraite. Or aujourd?hui, il nous faut absolument une main-d??uvre qui puisse s?adapter aux changements.

<B>Concrètement, qu?est-ce qui peut être fait pour rendre la reconversion des licenciés des usines plus fluide et plus efficace ? </B>

Quand quelqu?un perd son job, il passe parce que j?appelle un temps de deuil. Tout à coup, il est confronté à une incertitude qui le rend hostile à toute forme de reconversion.

En perdant son emploi, la personne perd aussi son identité. À Maurice, on n?est pas habitué au changement. Résultat : on se retrouve comme dans des sables mouvants. Et cela s?applique à tous les domaines, pas seulement au domaine du textile.

Il faudrait un accompagnement psychologique pour guider ces gens dans leur recherche de la nouveauté. La sécurité n?existe plus aujourd?hui et cela rend les choses plus difficiles. La formation seule ne suffit plus, car celle-ci ne se préoccupe que de l?aspect physique, alors qu?il faut tenir compte de l?état psychologique de la personne.

<B>La jeune génération comprend-elle la nécessité de s?adapter aux nouvelles exigences de l?industrie ? </B>

Heureusement, aujourd?hui les jeu-nes sont plus exposés à la mobilité et, dès le départ, ils sont préparés à em-brasser quatre à cinq carrières dans leur vie. Les gens de la génération précédente n?avaient pas la même mentalité.

Ils ont voué une forme de fidélité à une carrière et puis, tout à coup, voilà que leurs projets s?écroulent. Et là, on ne peut pas venir dire que c?est à une institution en particulier de prendre en main la personne. Il faut que l?État, l?employeur et l?individu agissent de concert, et à tous les niveaux. C?est seulement ainsi qu?ils pourront aspirer à la réussite de la reconversion de l?individu. Mais ce n?est pas évident.

Publicité