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« Ce sont les fans qui comptent le plus »

9 septembre 2005, 20:00

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<B>Vous venez de sortir votre nouvel album, Oblizé. D?abord, est-ce que la pose que vous prenez sur la pochette de votre disque est votre interprétation du mot Oblizé ? </B>

Non non. C?est plus «prend compte».

<B>De quoi vous sentez-vous obliger? </B>

Je me sens obligé de beaucoup de choses. Principalement de bien «trace la vie», pour ma famille. Et pour beaucoup de choses en général. C?est assez confus dans ma tête, mieux vaut écouter la chanson.

<B>Vous étiez très ému lors de la présentation de ce nouvel album, pourquoi ? </B>

Parce que je suis un «zenfan ghetto».

Les grandes conférences de presse, je me les imaginais en rêve. Là, j?ai eu l?occasion de faire un lancement, avec une personnalité. J?étais très heureux.

<B>Vous parlez beaucoup de votre famille, est-ce une grande source d?inspiration dans votre carrière de chanteur ? </B>

Oui. Ma famille m?a toujours soutenu. Déjà à l?école et quand j?ai quitté l?école. C?est mon père qui m?a offert mon premier clavier. Et tous m?ont beaucoup aidé. Mes parents m?ont donné leur accord pour que je rejoigne un grand groupe comme Cassiya, alors que j?étais encore jeune. Et j?ai toujours eu leur approbation. Mon frère m?écrit des textes. La famille c?est «mari important».

<B>Autre émotion, la présence du ministre de la Justice, Rama Valayden, lors du lancement officiel de votre disque. Est-ce un engagement politique ? </B>

Non. Ce n?est pas un engagement politique. Il est venu en tant qu?ami et j?en suis d?autant plus fier.

<B>Vous êtes par contre engagé dans vos chansons. Vous avez toujours la volonté dans chaque album d?aborder des sujets difficiles ? </B>

Oui car c?est un devoir. Je veux parler des problèmes sociaux, des ghettos, de ce qui arrive autour de nous.

<B> La chanson Fléo la drog, écrite par votre frère Désiré, a des paroles sérieuses mais la mélodie est très légère, joyeuse. Pourquoi ce contraste ? </B>

Parce que cela reste un séga d?ambiance. Mais un séga d?ambiance cool. Je veux respecter le rythme du séga. Je n?aime pas faire une chanson triste et faire pleurer. Je veux faire danser les gens et les faire réfléchir.

<B>Le séga d?ambiance, c?est quoi pour vous ? </B>

C?est notre musique de base. C?est l?évolution du séga typique. C?est plus moderne, avec les instruments, synthétiseur, batterie et c?est aussi plus rapide.

<B>Fort de votre popularité, le séga d?ambiance est une bonne formule pour le succès mais c?est souvent la même chose que l?on entend. Vous n?avez vous jamais eu l?impression de vous répéter? </B>

Non. Tout dépend de la manière dont vous écouter le disque. Ce n?est jamais la même chose.

<B> C?est pourtant très agréable de vous voir vous essayer à d?autres styles que vous mélangez à votre séga d?ambiance, comme dans Moris mo Zil ? </B>

Je fais toujours un peu de reggae, parce que j?aime cette musique mais je ne ferai jamais plus d?une chanson reggae par album. Ce n?est pas mon domaine musical. Sinon, j?essaie de changer, de faire plus entendre les ravannes et percussions, d?insérer d?autres styles.

<B>Une autre critique que l?on peut faire est que vous avez une voix puissante derrière laquelle les instruments s?effacent. ça enlève de l?énergie. Pourquoi ? </B>

Si vous avez entendu ça, c?est peut-être un problème de mixage, mais personnellement, je suis content du son de cet album, en tant que musicien et en tant que chanteur.

<B> Ces 15 ans de carrière se sont passés très vite, puisque vous sortez deux albums et faites plusieurs tournées par an. Prenez-vous le temps de savourer ces succès ? </B>

Oui, d?abord des succès en groupe, avec Cassiya. Puis j?ai sorti mon premier album solo qui a bien marché. Puis le deuxième Je vis bien mes succès? Mais ce sont les fans qui comptent le plus.

<B> Vous verra-t-on prochainement sur scène ? </B>

Je ne sais pas. J?ai eu une proposition pour quelque chose qui se passerait le 2 octobre mais rien n?est sûr.

<B> Dans quelque temps vous partez en tournée en Europe. Comment se fait-il que vous tourniez plus à l?étranger qu?à Maurice ? </B>

C?est vrai que tous les trois mois, je pars en tournée, soit à la Réunion, soit en Europe. Là, je vais faire une grande tournée en Europe, je passerai par la France, à Lyon, Toulouse et Paris, puis en Belgique et en Suisse.

A Maurice, les concerts sont rares. S?il y avait plus de facilités d?organisation, peut-être que je serai plus souvent en concert. Mais c?est dur. Mais si je suis invité, je serai toujours là.

<B> Autre problème à Maurice, le piratage, en souffrez-vous malgré une telle popularité ? </B>

Oui, bien sûr. Tous mes disques ont été piratés. Même avant qu?ils ne sortent à Maurice. Mes albums sortent d?abord à la Réunion. Les pirates vont l?acheter là-bas et reviennent le pirater à Maurice. Mais attendre n?est pas une solution. Je ne fais pas de calculs. Il faut continuer le travail.

<B>Propos recueillis par Sonia Serra</B>

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