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« Avec le système actuel, on fait le maximum »

14 janvier 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Est-ce qu?il y a une stratégie nationale au niveau de la gestion de l?eau ? </B>

Oui. Cette stratégie consiste à partager l?eau entre les quatre grands utilisateurs : la consommation d?eau potable (domestique et touristique), l?industrie, l?agriculture et l?hydroélectricité. L?eau provenant du réservoir de Tamarind Falls est utilisée pour l?hydroélectricité et l?irrigation de la côte ouest. Ici, les deux utilisations vont de pair.

En revanche, à Midlands, soit l?eau va à Plaine-Champagne pour l?hydroélectricité, soit elle est dirigée vers La Nico-lière, et par la suite le Nord du pays pour l?utilisation domestique, industrielle, et agricole. Quand il y a une sécheresse, il faut faire la part des choses. Ainsi, dans le Nord, l?Irrigation Authority a commencé à effectuer des coupures drastiques.

<B>Quelle est la situation actuelle pour ce qui est de cette gestion ? </B>

Peut-on faire mieux ? S?il n?y a pas d?eau dans les réservoirs, il n?y a rien à gérer. Avec le système actuel, on fait le maximum. Cependant, des approches intégrées ? villes nouvelles qui nécessiteraient moins d?investissement par tête ? seraient les bienvenues.

<B>Existe-t-il des moyens pour éviter que nous subissions chaque année les aléas des conditions climatiques ? </B>

En temps normal, personne ne se plaint de la fourniture d?eau à Maurice. Malheureusement, dans notre région, il faut surtout compter sur les pluies d?été pour faire le plein des réservoirs et des barrages. En oubliant le côté technique et financier, si on avait davantage de barrages, on aurait pu stocker plus d?eau. D?autres méthodes incluent le dessalement de l?eau de mer.

Mais sommes-nous prêts à payer Rs 25 à Rs 35 le mètre cube d?eau ? Sachant qu?actuellement, l?eau embouteillée à Rs 10 le litre équivaut à Rs 10 le mètre cube ? Et sommes-nous disposés à recycler nos eaux usées à un stade aussi avancé et à permettre son injection dans le circuit courant ?

Cela se fait déjàà Windhoek, en Na-mibie, depuis belle lurette, et personne ne s?en plaint. Etils payent l?eau à quatre rands (environ Rs 20) le mètre cube !

Le Mauricien investit dans une voiture pour pallier le manque de confort dans les autobus, ou dans un générateur pour avoir de l?électricité pendant les cyclones. De même, un investissement adéquat pourrait assurer plus d?eau pendant les périodes où il ne pleut pas. Mais où trouver l?argent, à part les impôts ?

« On n?a pas vraiment appris aux Mauriciens pourquoi et comment économiser l?eau »

<B>Pensez-vous que les campagnes de sensibilisation sont efficaces ? Ou devrions-nous envisager des mesures punitives pour éviter le gaspillage ? </B>

En Afrique du Sud, la consommation individuelle tourne autour de 110 litres par jour. À Maurice, quand on prend sa facture et que l?on divise par le nombre de jours du mois et par le nombre de personnes dans une maison, on a des chiffres effarants : 160 à 300 litres par jour. Que fait-on avec tant d?eau ? Comment aurions-nous procédé si on devait chacun porter ce volume d?eau ?

La campagne faite auprès des enfants pour éviter le gaspillage porte, certes, ses fruits. À Rodrigues et en Namibie, il y a un petit poster distribué dans les hôtels et sur lequel il est écrit : « L?eau est un bien précieux et rare. Utilisez-la avec modération. » Il faut peut-être avoir des campagnes similaires dans tous les endroits à Maurice, et augmenter le nombre de spots à la télévision.

En 1999, pendant la sécheresse, il y avait beaucoup de voitures lavées régulièrement. En fait, on n?a pas vraiment appris aux Mauriciens pourquoi et comment économiser l?eau.

<B>Ce serait dû à un problème de mentalité selon vous ? </B>

Quelle est notre perception des coûts ? Des parents qui acceptent de payer des mensualités de Rs 1 000 pour les portables de leurs enfants vous diront que la facture d?eau à Rs 200 est trop chère. Or, une con-tribution obligatoire de Rs 100 par mois de tous les abonnés de la CWA (à part les cas nécessiteux, comme les 25 kWh du CEB) engendrerait au moins Rs 200 millions par an. Sur cinq ans, cela fait un milliard. Si cet argent est géré par un syndic national, on pourrait dire que l?argent sera utilisé pour financer tel ou tel projet. Se contenter d?augmenter le tarif ou passer au partenariat avec le privé ne résoudra pas les problèmes de financement des projets.

On gagnerait également à vulgariser les différents schémas directeurs : l?homme de la rue saurait où en est notre système actuel et combien cela coûte pour rénover, réparer ou investir dans des nouveaux projets et il comprendrait pourquoi il faut lesdits projets.

<B>Propos recueillis par A.B. </B>

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