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[Décryptage] Journée internationale des droits des femmes
Arianne Navarre-Marie : «Il faut d’abord changer les mentalités»
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[Décryptage] Journée internationale des droits des femmes
Arianne Navarre-Marie : «Il faut d’abord changer les mentalités»
? Vous avez occupé le poste de ministre de la Femme de 2000 à 2005 et aujourd’hui vous avez retrouvé ce portefeuille. En tant que vétérane qui connaît bien ce ministère et les lois qui y sont liées, comment avez-vous vécu votre retour à ce poste ?
À l’époque, de 2000 à 2005, ce ministère s’appelait le ministère des Droits de la femme, du développement de l’enfant et du bien-être de la famille. Lorsque j’ai rejoint ce ministère en 2000, j’ai pris l’initiative de mettre en place une task force, un groupe de travail chargé de revoir toutes les lois discriminatoires envers les femmes.
C’est ainsi que j’ai proposé un amendement à la Protection from Domestic Violence Act afin d’augmenter le nombre de personnes protégées. Autrement dit, sous un même toit, il peut y avoir les époux et épouses, mais aussi les belles-mères, les beaux-pères, les enfants et d’autres membres de la famille qui doivent être protégés contre la violence. C’est pour cette raison que nous avons proposé un amendement à cette loi qui existait déjà.
J’ai aussi eu le plaisir, en 2004, de présenter la Sex Discrimination Act, qui a depuis été remplacée par l’Equal Opportunities Act. Durant mon mandat, j’ai également introduit la loi sur la protection de l’enfance, à savoir l’Ombudsperson for Children Act, qui est basée sur le modèle norvégien.
Je me souviens qu’à cette époque, l’Ombudsperson norvégien était venu me rendre visite dans mon bureau et m’avait remis une copie de la loi norvégienne. À partir de cette loi, nous l’avons actualisée et adaptée au contexte mauricien. Et, je suis fière qu’aujourd’hui il existe ce bureau de l’Ombudsperson for Children.
À l’époque, certains de mes collègues me disaient : «Kifer to fer sa ? Tu crées un ministère et maintenant tu mets un chien de garde pour surveiller ton propre ministère.» Mais mon idée était simple : nous avons besoin d’un organisme indépendant. Le ministère ne peut pas être juge et partie.
Nous avons la loi et nous faisons notre travail, mais il faut aussi un organisme indépendant pour vérifier si nous allons dans la bonne direction et pour faire des recommandations afin de rectifier la situation si nécessaire. Aujourd’hui, je peux dire que je suis très fière de cette loi sur l’Ombudsperson for Children et je ne regrette pas de l’avoir introduite.
? Vous avez mis en place plusieurs lois au cours de vos mandats. Aujourd’hui, face à l’évolution de la criminalité et à la hausse des cas de féminicide, quel est selon vous le défi le plus crucial pour votre ministère ?
Lorsque j’ai repris ce ministère en 2024 : nous travaillons en concertation avec les ONG. J’ai toujours cru que le ministère ne peut pas travailler en isolation. Nous devons collaborer avec les ONG, car elles sont sur le terrain, elles voient les problèmes et elles viennent avec des solutions.
La première chose que nous avons faite a été d’organiser une grande assise de la famille le 10 décembre 2024. Nous avons reçu plusieurs recommandations que nous avons intégrées dans notre plan d’action.
Nous avons élaboré un plan d’action pour la période 2025-2029. Il prévoit de nombreuses mesures pour les femmes, les enfants, la famille et la société en général. Lorsque j’étais ministre en 2005, nous avions mis en place des Family Support Bureaux qui offraient tous les services destinés à la famille. Tous les services pour enfants, femmes, hommes, couples – tous étaient réunis sous un même toit.
Ensuite, lorsque nous n’étions plus au gouvernement, ce système a été démantelé. Nous ne savons pas pourquoi. Ainsi, lorsque nous sommes revenus, la première chose que nous avons faite a été de remettre en place les Family Support Services dans 12 régions à travers l’île.
C’est une sorte de guichet automatique où tout le monde peut recevoir les mêmes services au même endroit. Avant cela, une femme victime de violence perdait beaucoup de temps et d’énergie. Pour les enfants, elle devait se rendre dans un autre bureau.
Cette femme, déjà victime de violence, parfois en état de choc ou blessée, devait en plus s’occuper de ses enfants et trouver un moyen de transport pour aller ailleurs chercher de l’aide pour eux. Ce n’est pas logique. C’est pour cette raison que nous insistons pour que tous les Family Support Services soient réunis sous un même toit pour tous les membres de la famille.
? Quand une femme a été victime de violence conjugale, elle est souvent conseillée de prendre un Protection Order par la police. Une Protection Order a-t-elle vraiment un effet aujourd’hui ? On a l’impression que certaines personnes ne respectent plus ces ordonnances.
Oui, selon la loi, une femme peut obtenir une Protection Order, une Occupancy Order ou une Interim Order. Ces ordonnances sont valables. Mais les personnes qui ont la responsabilité de les faire respecter doivent faire leur travail.
? Le font-elles toujours ? Nous ne le savons pas. Et si elles ne le font pas, pourquoi ? Ont-elles toutes les informations nécessaires pour comprendre ce que signifie une Protection Order ?
Lorsqu’une femme obtient une Protection order, l’agresseur ne doit pas s’approcher d’elle à une certaine distance. Pourtant, nous constatons souvent que l’agresseur continue de s’approcher de la victime. Et quand la femme demande de l’aide, il arrive qu’elle ne reçoive pas le soutien nécessaire. La Protection Order est donc essentielle, mais ceux qui ont la responsabilité de faire respecter cette ordonnance doivent accomplir leur devoir.
? Mais il y a aussi une complexité. Par exemple, lorsqu’une femme est dans une situation difficile et qu’elle possède une Protection Order, elle peut parfois être obligée de retourner vivre sous le même toit que son agresseur.
Malheureusement, c’est pour cette raison que le ministère met l’accent sur l’autonomisation économique des femmes.
Beaucoup de femmes victimes de violence restent avec leur agresseur parce qu’elles dépendent de lui – financièrement. Il peut payer le loyer, l’éducation des enfants ou la nourriture pour la maison. Donc, la femme dépend de lui.
C’est pour cela que certaines victimes retournent vers leur agresseur, et celui-ci continue parfois à les maltraiter encore davantage.
C’est pour cette raison que nous avons lancé un programme d’empowerment économique des femmes. Ce programme leur donne les moyens et les formations nécessaires pour démarrer leur propre entreprise et devenir financièrement indépendantes.
En tant que ministère, nous disposons des Women’s Centres, qui peuvent offrir ces services. J’avais également ouvert le bureau du National Women Entrepreneur Council, à Phoenix. Malheureusement, tout cela a été démantelé. Tout a été démantelé.
? Pourquoi ? Nous ne le savons pas. Était-ce du fanatisme politique ou une question de conviction ?
Nous ne savons pas. Mais le fait est que tous ces centres ont été fermés. Depuis que nous avons repris ce ministère, nous travaillons à leur réouverture. Nous avons déjà rouvert des Women’s Centres à Richelieu, à Triolet, à Camp-La-Boue et dans d’autres régions.
Nous avons l’intention de rouvrir tous ces centres, mais malheureusement, comme vous le savez, il existe des contraintes budgétaires. Nous devons respecter le budget. Nous avançons donc progressivement.
J’espère que nous pourrons rouvrir tous ces centres afin de donner aux femmes l’opportunité d’apprendre et de se développer. Et je ne parle pas seulement de commerce. Je parle aussi d’apprendre à élaborer un business plan, à suivre des cours de leadership et d’autres formations.
Il y a aussi des femmes qui se trouvent dans des shelters, des refuges. Nous pouvons aussi donner à ces femmes la possibilité de suivre ces formations dans les Empowerment Centres. Il y a également des femmes qui ont obtenu une Protection Order. Elles viennent dans les Family Support Services du ministère, où elles reçoivent des conseils sur la manière d’obtenir une Protection Order et sur les démarches à suivre.
Mais malheureusement, il y a encore trop de victimes qui ne viennent pas vers nos services. Encore une fois, pour les mêmes raisons. Elles ont peur d’être agressées. Elles dépendent financièrement de leur agresseur. Parfois même, la famille les décourage de demander une Protection Order. Récemment, il y a eu un cas de féminicide, comme vous le savez, à Mahébourg. Malheureusement, cette femme n’avait pas été référée au ministère.
Je voudrais également dire que, dans le cas de cette femme de Mahébourg, sa famille avait constaté qu’elle se trouvait dans une situation difficile. Ils ont essayé de la protéger et lui ont expliqué que cet homme était un agresseur. Les parents ont fait tout ce qu’il fallait pour protéger cette femme et ses enfants. Mais malheureusement, l’agresseur, selon ce que je comprends, exerçait une certaine emprise sur la victime. J’ai eu l’occasion de rencontrer la famille, et j’ai également rencontré ce petit garçon de six ans. La famille avait tout fait pour protéger leur enfant et cette femme. Mais malheureusement, ils restaient sous l’emprise de cet agresseur.
C’est pour cette raison que nous lançons un appel à toutes les victimes. Nous lançons aussi un appel aux hommes victimes, même s’ils sont très peu nombreux. Nous leur demandons de ne pas hésiter à venir au ministère. Parce que si nous ne savons pas, nous ne pourrons pas agir.
Il existe une hotline, le 139. N’hésitez pas à appeler. Si vous êtes victime, si vous avez un proche, victime de violence, ou si vous connaissez un voisin ou un membre de votre famille qui subit des violences, appelez le 139. Si nous ne savons pas qu’il y a un problème, nous ne pouvons pas intervenir. Et c’est dommage.
? En même temps, il y a un projet de loi qui doit être mis en place concernant cette situation…
Oui, c’est pour cette raison que nous préparons actuellement le Domestic Abuse Bill, qui remplacera la Domestic Violence Act.
Cette nouvelle loi élargira la définition de la victime. Il ne sera plus nécessaire de vivre sous le même toit que l’agresseur pour bénéficier d’une protection. La définition des offenses sera également beaucoup plus large. Un autre point important concerne le signalement obligatoire. Lorsqu’un professionnel sait qu’une personne est victime de violence domestique, il aura le devoir de le signaler.
Ce projet de loi est actuellement préparé par le State Law Office. Nous avons organisé un premier atelier au ministère pour valider le projet avec les ONG qui collaborent avec nous. Une première validation a été faite.
La semaine dernière, nous avons également organisé une session de validation avec le Parliamentary Gender Caucus. Une troisième validation aura lieu la semaine prochaine, après la Journée internationale des droits des femmes. Nous organiserons une réunion avec les membres de la Law Society, du Bar Council, avec des survivantes de violence domestique et avec la police. Après cette troisième validation, le projet retournera au State Law Office et nous espérons qu’il pourra être présenté prochainement à l’Assemblée nationale.
Nous avons également un deuxième projet de loi en préparation : l’Adoption Bill. Il est presque finalisé. Il reste quelques points à régler. L’Attorney General et moi-même allons présider une réunion pour finaliser ces derniers éléments avant de présenter ce projet de loi à l’Assemblée nationale.
? En tant que ministre et femme engagée, quand vous voyez ces cas de féminicide, quelle est votre réaction ? Avez-vous ce sentiment d'avoir perdu le combat ?
Nous n’avons pas perdu la bataille. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un changement de mentalité. Cette mentalité se construit dès l’école, de la maternelle au primaire, avec l’aide de psychologues et de professionnels. Les parents ont aussi une responsabilité importante dans la sensibilisation et l’éducation des enfants.
Sanz mantalite. Apre nou dir sosiete ki bizin sanze ? Be sosiete la se nou. Nou mem nou bizin sanze. Pa kapav rezet tou lor sosiete koumadir nou pa ladan.
Quand une femme perd la vie, c’est un enfant qui perd sa mère. C’est un drame. Nous ne devons jamais banaliser le féminicide ou la violence conjugale. Il faut agir et éduquer les jeunes, les familles, les associations, les professions et les lieux de travail. La violence ne concerne pas seulement les femmes : elle touche aussi les enfants, les écoles et les mineurs. Nou bizin sanz nou mem ek lezot. Il faut rééduquer nos valeurs.
? Et qu’en dites-vous de la violence chez les jeunes et les enfants avec les scènes de violence sur nos gares ?
Il faut rééduquer les valeurs. Mwa osi mo enn paran. Nous proposons des programmes comme l’Empowerment Parenting, afin de donner aux parents les moyens de faire face aux défis modernes et de mieux comprendre les droits et les devoirs des enfants.
Ena bann paran zordi ki ena move persepsion lor drwa zanfan. Ena paran ki dir :«Ayo, mo pa gagn drwa koz ar mo zanfan, mo pa gagn drwa anpes li sorti.» Non. Ena drwa, me ena osi responsabilite pou zanfan. Enn drwa pa vedir ki mo kapav fer seki mo anvi.
Quand parent n’arrive pas à gérer son enfant, il a parfois tendance à rejeter la faute sur les enseignants à l’école ou sur l’État.
Lontan, kan nou gagn move rapor dan lekol, nou ti per, parski nou ti kone ki nou pou gagn problem avek paran. Zordi ena bann paran pa asim zot responsabilite. Ena paran side avek zot zanfan pou pass pou bon. Zot pa pe rann li servis.
? Il est souvent question de la place de la femme en politique. Vous aviez 21 ans quand vous avez été élue députée et vous avez vécu le premier 60-0. Quelle est votre réflexion sur la question de la place de la femme en politique ?
En effet, la première fois que j’ai été élue députée, j’avais 21 ans. Il y a beaucoup de femmes qui peuvent s’engager en politique.
? Alors, quels sont les critères pour être en politique ? Quels sont les critères pour durer en politique ?
Le critère pour être en politique, c’est ou bizin kontan ou pei kouma ou kontan ou zanfan. Fer koumadir tou sa bann zanfan dan sa pei la ou bann zanfan mem sa. Quand vous êtes heureux avec les enfants, vous voulez qu’ils progressent. Vous voulez qu’ils avancent. Donc, le pays aussi.
En tant que patriote, je suis heureuse dans mon pays. Vous savez, ma famille vient des Chagos. Ma mère est née à Diego Garcia. Mon père est né à Sizil ; il est décédé en 2014. Ma mère est toujours en vie. Nous sommes sept frères et sœurs et plusieurs vivent aujourd’hui en Angleterre.
De temps en temps, je prends ma valise et je vais rendre visite à ma mère. Mais, vous savez, dès que j’arrive là-bas, je ressens ce manque de l'île. Maurice. J’étais encore dans l’opposition, mais Maurice est mon pays. C’est mon pays. C’est là où je suis née, et c’est là où je mourrai, je l'espère. Donc, le critère pour pouvoir faire de la politique, c’est d’être patriote. Il faut être heureux dans le pays, comme vous êtes heureux avec vos enfants.
? Mais, qu’est-ce qui fait durer ?
Ce sont vos valeurs. Des valeurs auxquelles vous croyez. Il faut croire en vos valeurs.
Et, je mets en avant les valeurs de mon parti : tout d’abord l’unité nationale. Unité nationale. Justice sociale. Démocratie. Féminisme. Ce sont mes valeurs. C’est ce qui fait une fondation.
Si vous n’avez pas ces valeurs, vous ne pouvez pas durer en politique. Ce sont les piliers, les colonnes qui vous permettent de croire que vous avez encore une contribution à apporter, même lorsque certains essaient de mettre des bâtons dans vos roues.
Il faut croire en l’unité nationale. Il faut croire au développement de la justice sociale. Il faut croire en la démocratie.
C’est ce qui fait durer un politicien. Vous pouvez arranger, vous pouvez planifier votre journée pour pouvoir servir le pays et être au service de votre famille en même temps.
? L’évolution du MMM. On entend Paul Bérenger et les rumeurs de démission souvent et cela soulève la question de la relève. Est-ce que c'est une question qui est sur la table et surtout est-ce que cette relève du MMM comprend la présence des femmes ?
La question ne se pose pas. Paul Bérenger est toujours le leader du MMM. Et, j’espère pour longtemps. Au MMM, c’est un parti démocratique. Parfois, il y a une tendance à croire que c’est Paul Béranger qui décide de tout au bureau politique, dans le parti, dans le comité central. Ce n’est pas du tout vrai. Souvent, lorsque le leader arrive avec une motion au bureau politique… très souvent, après discussion, il révise sa décision. Parce que c’est un leader : il vient avec une idée. Il dit : «OK, je veux faire ceci, cela, ça. D’accord ?» Mais il y a plusieurs membres au bureau politique. Nous avons tous le droit de parler. Nous avons tous le droit de dire, nous sommes d’accord, nous ne sommes pas d’accord, nous voulons faire ceci, cela. Nous avons tous le droit de parler.
Des fois, quand Paul Bérenger présente une motion au bureau politique, certaines personnes disent ensuite qu’il s’est retrouvé en minorité. Mais ce n’est pas cela. C’est parce que le débat est franc au bureau politique. Il y a un débat. C’est un parti démocratique.
De plus, c’est le seul parti qui organise régulièrement des élections dans le comité central, dans les sections, au bureau politique. Donc, la question de la relève ne se pose pas pour l’instant, parce que Paul Bérenger est encore là pour longtemps.
? Quel est votre message aux femmes dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes ?
À Maurice, nous accomplissons beaucoup de choses. Nous faisons beaucoup de progrès. Mais nous avons encore beaucoup à faire.
À mesure que nous avançons, de nouveaux défis apparaissent. Par exemple, nous faisons face à des défis technologiques. Nous avons aussi des problèmes liés à Telegram et au harcèlement des femmes sur les réseaux sociaux.
Je veux lancer un appel aux femmes de ce pays. Nous avons toutes et tous une contribution à apporter, peu importe notre classe sociale ou notre niveau d’éducation. Ena dimounn kapav pann al lekol ditou me li pli intelizan ki enn dimounn kinn al liniversite.
Nous avons besoin de tout le monde dans ce pays. Je lance un appel à toutes les femmes : venez nous rejoindre. Nous avons des programmes pour vous autonomiser afin que, demain, vous puissiez prendre des responsabilités dans ce pays.
Nous pouvons servir au niveau du village, du quartier, de la ville ou de la communauté. Quand nous parlons de communauté, ce n’est pas une question d’appartenance religieuse ou ethnique : cela signifie notre quartier et notre environnement. Nous sommes capables de servir notre quartier si nous voulons trouver une meilleure société.
Alors, mesdames, n’hésitez pas. Vous avez la capacité. Nous avons la capacité. Une goutte d’eau ici, une goutte d’eau là, fait un seau d’eau. Et des seaux d’eau réunis finissent par former un océan.
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