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Du temple tamoul à la scène chinoise

Anya Mooroogen, 12 ans, passionnée de mandarin

21 octobre 2026, 20:00

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Anya Mooroogen, 12 ans, passionnée de mandarin

Anya Mooroogen lors de sa prestation au concours «Chinese Bridge» en mai.

Anya Mooroogen, 12 ans, est issue d’une famille de culture tamoule. Cette élève de Grade 6 à l’école Notre-Dame-de-Lourdes RCA a remporté en mai la finale nationale du concours «Chinese Bridge». De sa première chanson en mandarin à ses rencontres en Chine, son parcours montre comment une langue peut rapprocher les cultures et ouvrir de nouveaux horizons.

Tout a commencé par une curiosité d’enfant. À cinq ans, Anya Mooroogen observait son grand frère lorsqu’il apprenait le mandarin. Fascinée par les caractères chinois, si différents de ceux qu’elle connaissait, elle a voulu, elle aussi, découvrir cette langue. Sept ans plus tard, cette curiosité l’a menée jusqu’à Tianjin en Chine, où elle a représenté Maurice au concours international Chinese Bridge, destiné aux élèves du primaire.

Scolarisée en Grade 6 à l’école NotreDame-de-Lourdes RCA à Rose-Hill, Anya a progressivement fait du mandarin une véritable passion. Au fil des années, elle a appris à lire, à écrire, à parler et à comprendre cette langue. Parmi ses souvenirs les plus précieux, il y a sa première prestation sur scène, lorsqu’elle a chanté entièrement en mandarin. Une expérience qui lui a permis de prendre confiance et de découvrir le plaisir de s’exprimer dans une langue qui lui était autrefois étrangère.

Son parcours au concours témoigne de sa persévérance. En 2024, Anya avait obtenu la sixième place lors de la compétition mauricienne, avant de se hisser à la troisième place en 2025. Cette année, elle a décroché la première place lors de la finale organisée le 30 mai au Centre culturel chinois. Cette victoire lui a permis de représenter le pays à l’édition internationale en Chine.

Derrière cette réussite, il y a aussi la fierté de sa famille, qui a vu son intérêt pour le mandarin grandir depuis l’enfance. La voir transformer une simple curiosité en une passion qui lui a permis de représenter Maurice à l’étranger constitue une étape importante pour ses proches.

À Tianjin, la compétition comprenait trois épreuves : un examen écrit, une présentation orale et une prestation culturelle. Anya a ainsi pu mettre à l’épreuve ses connaissances en mandarin et montrer ses talents sur scène. Elle n’a toutefois pas réussi à atteindre la finale internationale. Si ce résultat l’a déçue, elle retient surtout les rencontres et les souvenirs de son séjour.

Parmi les moments les plus marquants, il y a sa visite chez son amie chinoise, Guo Yiran. Accueillie chaleureusement par la famille de celle-ci, Anya a partagé un moment en leur compagnie et a préparé avec eux des raviolis chinois ou dumplings.

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Anya Mooroogen aux côtés de son enseignante de mandarin, Jessica Ip Ping Sheong.

Au début, ses raviolis n’étaient pas très fins. Son amie lui a alors montré comment les préparer, étape par étape. Les deux jeunes filles ont ri ensemble tout en apprenant, avant de déguster leurs préparations. Pour Anya, ce moment simple est devenu l’un des plus beaux souvenirs de son voyage.

Après le repas, elle a chanté Wishing we last forever avec la mère de son amie. «Même si nous venons de pays différents, nos cœurs sont très proches», raconte-t-elle. Cette rencontre lui a montré que les différences de langue et de culture n’empêchent ni la complicité ni l’amitié.

Curieuse de connaître une autre culture

Anya a grandi dans une famille attachée à la culture tamoule. Elle participe aux activités religieuses et culturelles au temple Draupadee Ammen, notamment lors du Thaipoosam Cavadee. L’apprentissage du mandarin ne l’éloigne pas de cet héritage. Au contraire, il lui permet de découvrir une autre culture, tout en restant attachée à ses traditions.

Son enseignante, Jessica Ip Ping Sheong, souligne ses aptitudes pour l’apprentissage du mandarin et son assurance lorsqu’elle chante ou danse. Elle espère que le parcours d’Anya encourage d’autres élèves, notamment ceux qui ne sont pas issus de la communauté sinomauricienne, à apprendre cette langue et à découvrir la culture chinoise. À Notre-Damede-Lourdes RCA, environ 80 élèves apprennent actuellement le mandarin.

Le parcours d’Anya rappelle qu’il n’est pas nécessaire de partager les mêmes origines pour s’intéresser à une culture. Apprendre une nouvelle langue demande du temps et de la persévérance, mais peut aussi mener à de belles rencontres. Découvrir d’autres traditions ne signifie pas oublier les siennes : cela permet d’enrichir sa compréhension du monde.

Son séjour en Chine a même influencé les habitudes familiales. Anya raconte qu’à la maison, la famille mange désormais plus souvent du riz et des plats chinois, et utilise davantage les baguettes. Ces petits changements montrent comment une découverte culturelle peut dépasser la salle de classe et s’inviter dans le quotidien.

Alors qu’elle s’apprête à entrer au secondaire, Anya souhaite poursuivre son apprentissage du mandarin, continuer à participer au concours Chinese Bridge, destiné cette fois aux élèves du secondaire, et retourner en Chine pour retrouver les amis qu’elle s’y est faits.

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