Publicité

Handicap

Amélie Koenig : «Le projet de relogement pour Kévin est urgent»

7 octobre 2025, 18:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Amélie Koenig : «Le projet de relogement pour Kévin est urgent»

Avec Jacqueline Rose et Yohann Bhowon, Amélie Koenig déploie son énergie et active son réseau pour améliorer la qualité de vie de Kévin L’Ingénu. Ce jeune homme de 32 ans, en situation de handicap, aspire à vivre prochainement dans un logement aménagé, grâce au soutien des entreprises et citoyens mobilisés sur la plateforme «Small Step Matters».

?Comment avez-vous rencontré Kévin L’Ingénu et comment est née votre volonté de l’aider ?

J’ai rencontré Kévin dans le cadre d’un weekend pour jeunes chrétiens animé par la Communauté du Chemin Neuf, il y a quatre ans. J’ai été très touchée par son histoire personnelle très blessée. Atteint d’un déficit physique et moteur, Kévin a été élevé par ses grands-parents et il n’a bénéficié d’un fauteuil qu’à partir de l’âge de six ans. Son autonomie, son indépendance ont été entravées… Et même à l’âge adulte, ses conditions de logement continuent d’être un obstacle à son épanouissement. Le projet d’aménager un studio dans le garage de son oncle a cependant mis du temps à émerger.

?Pourquoi ?

Actuellement, Kévin vit dans un home dans le Nord, qui n’est pas adapté à ses besoins. Son espace est restreint. Il vit à l’étage, sans ascenseur, ce qui limite drastiquement son accès à l’extérieur. Il est isolé en partie socialement, ses voisins étant tous des seniors. Or, Kévin n’a que 32 ans. Malheureusement, Maurice manque cruellement d’infrastructures réservées aux personnes en situation de handicap, quel que soit leur âge. Notre première option était de rechercher un autre centre pouvant héberger Kévin. En vain. On nous a fait clairement comprendre qu’il y avait une liste d’attente dépendant des décès…

De plus, les frais de prise en charge (là où il vit actuellement) augmentent, sans rapport avec le montant de sa pension. Il était donc incontournable d’envisager une alternative de long terme, rapidement, pour le prémunir de l’endettement. Enfin, il s’est avéré impossible de trouver des sponsors prêts à s’engager à soutenir Kévin financièrement sur le long terme. Nous avons également tenté cette voie pour faire «parrainer» Kévin par un ou des sponsors pour ses frais d’hébergement. Sans succès. Donc aujourd’hui, le projet de relogement pour Kévin est urgent.

?D’où l’idée de vous tourner vers la famille élargie pour l’accueillir ?

Oui, nous avons eu beaucoup de chance que son oncle soit d’accord pour accueillir Kévin, si nous trouvons les fonds pour convertir le garage, situé à Résidence La Cure (à Sainte-Croix), en logement, avec notamment des sanitaires adaptés à sa problématique de motricité. Dans la cour familiale, Kévin aura le soutien de ses proches pour cuire ses repas et nous rechercherons ensuite un carer.

?Pour ce projet, un réseau d’entraide entoure Kévin ?

Oui, je porte le projet pour Small Step Matters, mais c’est un travail d’équipe, qui repose notamment sur un trio formé par Jacqueline Rose et Yohann Bhowon. Nous avions rencontré Kévin quand il était logé dans un établissement pour personnes malades et handicapées à Tamarin, avant son déménagement dans le Nord. La famille de Yohann a été adorable envers Kévin, notamment en l’invitant à de nombreuses occasions pour les grandes fêtes, comme Noël, ou à des sorties entre amis. Kévin a choisi Yohann comme son tuteur pour un soutien dans ses démarches. Jacqueline est aussi un support considérable pour activer le réseau dont nous avons besoin pour ce projet.

?Le rêve de Kévin : emménager dans son studio pour Noël ?

Oui, avec ses mots, son plus beau cadeau, ce serait «son Noël dans son studio » ! Mais je préfère être réaliste. Si nous arrivions, à travers www.SmallStepMatters.org, à collecter les fonds d’ici la fin de l’année, j’imagine que nous pourrions commencer la construction dès janvier. Le contracteur est prêt à lancer les travaux. Le total de la campagne s’élève à 550 000 roupies, alors je lance un appel au grand public : les citoyens, mais aussi les entreprises, qui pourront bénéficier d’un reçu CSR en donnant à travers Small Step Matters.

?Comment avez-vous eu l’idée de faire appel à «Small Step Matters» pour le soutenir ?

Déjà, pour une question de transparence vis-à-vis des donateurs, je souhaitais passer par une plateforme pour collecter les dons. Ensuite, du fait de mon travail au sein du département Sustainability à Livestock Feed Ltd (Groupe Eclosia), j’avais eu connaissance de la mission de Small Step Matters. Je trouve que c’est une très belle plateforme qui met en lumière des projets valables à l’échelle de Maurice, avec des impacts concrets, mesurables… Des projets qui peuvent changer des vies, une vie… Comme celle de Kévin. C’était donc mon premier choix de collaboration. Et tout s’est bien passé, avec une bonne réactivité de l’équipe et dans la fluidité. L’étude du dossier, du budget notamment, les entretiens, la visite sur le terrain… Tout s’est bien enchaîné. C’est aussi un avantage de ne pas être seule pour communiquer sur un projet de cette ampleur.

?Kévin est également une grande ressource pour la communication ?

Oui, tout à fait. Kévin fait tout pour relayer le lien vers Small Step Matters et les publications sur les réseaux sociaux… C’est son domaine de prédilection et il est très dynamique. Il est bien conscient que chaque action compte pour le rapprocher de son objectif personnel : retrouver davantage d’autonomie grâce à la transformation du garage de son oncle en studio. Alors, au nom de Kévin, je remercie par avance toutes les personnes vivant à Maurice ou à l’étranger qui seront touchées par son histoire et son projet, et qui donneront généreusement !

Screenshot 2025-10-07 194141.jpg

?Contact: [email protected]

Publicité