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Parlement

Ambiance : «We are playing with fire»

21 octobre 2026, 09:30

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Ambiance : «We are playing with fire»

■ Entre remarques et rappels à l’ordre, Paul Bérenger et Shirin Aumeeruddy-Cziffra ont animé les débats.

Chers lecteurs, que l’on se rassure : la rentrée des classes, pardon, la rentrée de l’Assemblée nationale, du moins la séance d’hier, a été tout ce que l’on pouvait attendre de nos chers parlementaires mauriciens. Une salle (de classe) bien remplie, tout le monde bien habillé pour le premier jour, les bavards toujours aussi bavards, ceux qui profitent de la rentrée pour changer de place et la prof, pardon, la speaker, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, toujours aussi dépassée par ses élèves pas toujours bien élevés.

Commençons par l’appel. Une présence ne passe pas inaperçue : celle de Véronique Leu-Govind. L’ancienne junior minister, qui avait démissionné début août après l’affaire de drogue impliquant son époux, a retrouvé les bancs de l’Assemblée pour la première fois après une longue absence.

Comme à chaque rentrée, il y a aussi ceux qui changent de place. Sydney Pierre, qui avait déjà rendu son uniforme de junior minister au Tourisme en juillet, a cette fois quitté le Parti travailliste et le gouvernement. Le voilà au Fron Militan Progresis et donc, de l’autre côté de la salle, au premier rang de l’opposition, à côté de Joanna Bérenger. Nouveau camp, nouveau voisin de table.

À 11 h 44, la séance s’ouvre sur un moment de recueillement, avec les discours de condoléances à la mémoire de l’ancien parlementaire Rajen Dyalah. Puis, on ouvre les cahiers et on passe directement au gros du programme. Au tableau, la PNQ du leader de l’opposition, Chetan Baboolall, sur les tensions nées de la crise de l’eau. Peut-être la plus importante de l’année.

Le Premier ministre (PM), Navin Ramgoolam, entame sa réponse. Il ne s’est pas écoulé une minute que l’Attorney General, Gavin Glover, doit déjà rappeler discrètement Patrick Assirvaden à l’ordre. «Ekoute!» La classe écoute sagement. Fidèle à son habitude, l’Attorney General murmure à l’oreille du PM, suit le texte de la réponse en même temps que lui et tourne la page au moment exact où le PM tourne la sienne.

Puis arrive le moment que toute la classe attendait, celui des questions supplémentaires, où le leader de l’opposition doit montrer qu’il a révisé. Ça commençait plutôt bien, avec une première question sur les barons de la drogue : combien ont été arrêtés ? Au moins un, répond le Premier ministre. Et on en reste là.

Dans la salle, on ne se gêne pas pour le faire savoir. Des «shhh», des «pfff», des têtes qui font non de gauche à droite. Sa question sur l’âge de la responsabilité pénale est tellement alambiquée que la speaker doit l’aider à la reformuler. Côté majorité, Ram Etwareea a même une pensée pour le nouveau : «Les li aprann.»

Autre échange tendu, celui entre Joanna Bérenger et la speaker. Cette dernière a lancé à la députée : «Vous voulez venir vous asseoir encore à ma place ?»

Paul Bérenger, habitué à adresser des remarques à la speaker, n’a pas non plus été épargné cette fois-ci. Alors qu’il rappelait que, selon la tradition parlementaire, la dernière question supplémentaire de la PNQ revient au leader de l’opposition, la speaker lui a rétorqué : «You want to speak from a sitting position or do you want to stand up?»

Mais le vrai spectacle de la matinée, c’est à la Prime Minister’s Question Time (PMQT) qu’il a eu lieu. Après la question d’Adrien Duval et la réponse du PM, Paul Bérenger se lève. Depuis qu’il a quitté le gouvernement pour se retrouver simple député, l’ancien Premier ministre adjoint n’avait encore jamais pris la parole pendant une PMQT. L’ancien voisin de pupitre du PM a bien écouté, dit-il, et pour lui, le PM a clairement fait porter la faute au chauffeur. Avant de prévenir : «We are playing with fire, Mr. Prime Minister…» Le PM assure qu’il n’a jamais dit ça. Et là, c’est la récréation. Tout le monde veut répondre en même temps, si bien que la speaker finit par lâcher : «You are all Prime Ministers today.» Le PM fait remarquer que le policier a été promu deux fois sous l’ancien régime. La speaker doit réclamer le droit de faire son travail : «Let me do my job.»

Malgré les autres questions et les autres réponses, Paul Bérenger, lui, ne lâche pas le morceau. «You should not have blamed the driver.» Le PM se défend et lui balance : «You are sick minded.» Puis, l’accusant de jeter de l’huile sur le feu : «I know what you are trying to do. Again, same thing.» Les anciens alliés se connaissent visiblement par cœur. «It is a football match», se désole la speaker. Même assis, la colère ne retombe pas. Le PM, qui d’habitude ne laisse pas les provocations l’atteindre, lâche de son siège : «Twa ek to Valayden.» La speaker, elle, n’a rien entendu. Il y a trop de bruit… Et puis, finalement : «Let’s keep it at that.»

Les parlementaires ont d’ailleurs, on dirait, de la chance. La galerie de la presse est si «bien» placée qu’on ne peut pas tout voir ni tout noter. Alors qui a lâché un «bachara», qui a glissé un «malelve» ou encore un «piromann» ? Peut-être que seul le Hansard le saura…

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