Publicité

Plantes

À la rencontre du Dr Adenium mauricien !

11 novembre 2023, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

À la rencontre du Dr Adenium mauricien !

D’autres spécimens d’obesums sont exposés sur le toit du Dr Adenium...

Avinash Moheeputh voue une passion obsessionnelle pour les plantes. Une en particulier ! L’adenium, ou si vous préférez, la rose du désert. Cette fameuse plante ressemble à un petit baobab qui se couvre de fleurs en été. Ayant passé ces 13 dernières années à parfaire sa connaissance en matière de greffe, de composition de «potting» et surtout de multiplication par semis, Avinash Moheeputh dit s’y connaître en la matière à l’île Maurice.

Rien ne laisse présager que le morcellement Ferney à Rivière-des-Créoles abrite une pépinière d’adenium. Et pas n’importe laquelle ! Une des plus grandes dédiées exclusivement à ce type de plantes. Bouche bée. C’est la première réaction qui nous anime lorsqu’on pénètre l’antre d’Avinash Moheeputh tant le nombre de plantes étonne. Des adéniums à perte de vue ! «Mo ena enkor lor lakaz», nous dit-il. «Ki ena enkor boss… ?», lui demande-t-on, ébahi.

La question est sortie toute seule. «Pena voler kinn deza passe ar ou ?» Avinash Moheeputh dira que le voisinage est sûr. Ou surtout, en l’avouant à demi-mot, que les résidents des environs n’ont pas vraiment conscience que la valeur marchande des plantes entreposées dans la cour du Dr Adenuim vaut des milliers de roupies.

Les photos fuseront tant les spécimens sont plus beaux les uns que les autres. Deux types d’adenium ornent le jardin du docteur. L’obesum représente la plupart des adeniums de notre passionné. Cette catégorie est constituée de plusieurs couleurs. Des greffes et la multiplication par semis en vue d’obtenir une multitude de couleurs, Avinash Moheeputha de quoi faire. «L’obesum est plus prisé par les Mauriciens car les couleurs attirent», avouera-t-il.

Arabicum.jpg

L’Arabicum est l’autre type d’adenium présent dans l’île. La densité du tronc est plus prononcée bien que la plante soit toute jeune.

L’arabicum, elle, serait une sous-espèce non prouvée de l’obesum. Ayant un tronc plus épais, une seule couleur la distingue. La rose ! Peu sont entreposés dans la pépinière vu que l’attrait farouche des Mauriciens pour ce type de plantes est moindre. Ce qui, pour beaucoup de passionnés, est une ineptie dans la mesure où l’esthétique de l’arabicum est plus prononcée.

Que pense notre interlocuteur du bouturage de la plantes (multiplication par incision) ? «Sa non ! Kan coupe ek rod fer boutir ar li so tronc rest piti !» Le Dr Adenium ne jure que par la multiplication par semis. «Gagn pli zoli plante. Le tronc est plus large et robuste.» Il dit avoir perfectionné sa technique de multiplication année après année. «Monn bien al apran pu fer sa !»

S’il a commencé avec des graines importées, il dit désormais avoir suffisamment de plantes en sa possession, et dont les origines sont diverses, pour obtenir ses propres graines. Il nous montrera comment amener la plante à fabriquer des graines. Une manipulation bien chirurgicale de fleur dont il nous fera jurer de ne rien dévoiler. «Mem si kav gagn sa lor internet, mo manyier fer sa li li diferan.»

Après quoi, les graines seront exposées au «tissue paper method». Fermé dans un récipient mouillé au préalable avec du papier comme tapis. Quatorze jours suffiront pour qu’elles germent. Les plantules seront ensuite placées dans un autre récipient pourvu d’un potting spécial. Attention toutefois ! Pas question de nous dévoiler les composants du potting ainsi que le mélange exact. «Sak etape ena enn potting differan.» Les plantes seront transférées dans un pot plus gros individuellement avec un différent type de potting en quatre occasions.

Pour notre Dr Adenium, la variété locale est idéale pour l’île : c’est-à-dire celle dont le semis a germé localement ! Il faut savoir que plus le semis nous vient d’une plante vieille, plus la qualité de l’enfant plante sera robuste et les couleurs éclatantes.

Et concernant les maladies qui pourraient emporter la plante, les aleurodes, aussi appelés «poux blancs» et le spider mite restent redoutables. Surtout en été lorsque les pluies sont abondantes. Le formidable remède contre ses nuisances reste le Mospilan ou tout autre produit du genre.

obesum.jpg

Cet obesum est le tout premier adenium de notre spécialiste. La plante est âgée de 13 ans.

semis.jpg

Les semis ont germé au bout de 14 jours. Quatre autres étapes suivront jusqu’à l’étape adulte au bout de 12 à 13 mois.

racine.jpg

Il est conseillé changer de «potting» et de nettoyer sa plante au pinceau chaque année.

Bio Express

Avinash Moheeputh, 44 ans, est marié et père d’une fille. Il travaille comme technicien au CEB. Il est basé à Mahébourg.

Atuces pour entretenir sa rose du désert

  1. Changer de «potting» chaque année.
  2. Changer de pot lorsque les racines atteignent le bas.
  3. Retirer et nettoyer les racines avec l’aide d’un pinceau au moment du transfert de pots.
  4. Relever la plante à un moment donné, histoire que le tronc dépasse. Ainsi, le tronc pourra grossir.
  5. Limiter l’arrosage à chaque deux jours en été ou laisser complètement sécher avant de ré-arroser.
  6. Mettre à l’abri les petites plantes en hiver car l’eau de pluie en cette période n’est pas propice à un bon développement
  7. Utiliser des fertilisants spécifiques.
  8. Ne pas arroser si on souhaite couper des branches et le rendre plus ‘bushy’. Cela, jusqu’à l’apparition de premières tiges à l’endroit sectionné.

Publicité