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Hommage
65 ans de Kaya : Enn lanpir iniversel…
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Hommage
65 ans de Kaya : Enn lanpir iniversel…
Photos d’archives
De «Rasinn pe brile» à «Sant lamour», il a semé des notes dont le sens résonne toujours, des décennies plus tard. Kaya aurait fêté ses 65 ans hier. Père du seggae, il demeure, malgré son départ tragique en 1999, une voix qui éclaire et rassemble. Hommages vibrants, ici et ailleurs, pour un artiste devenu immortel.
Il est né le 10 août 1960 à Roche-Bois et aurait fêté ses 65 ans hier. Joseph Réginald Topize, plus connu sous le nom de Kaya, est le père du seggae, ce mélange unique de séga et de reggae devenu symbole d’identité mauricienne. Mais le 21 février 1999, il est retrouvé mort dans sa cellule à la prison d’Alcatraz.
Avec des chants comme Sime lalimier, Sant lamour, Rasinn pe brile, Fam dan zil ou encore Ras kouyon, Kaya a gravé son empreinte dans le cœur du public de l’océan Indien. Sa musique, engagée et percutante, porte un message d’unité, une philosophie de vie, une transmission générationnelle.
Hier, sa mémoire a été honorée avec émotion à Maurice comme à La Réunion. À N’Joy, GrandBaie, un concert hommage a réuni son fils, Azaria Topize, et Ras Max (Max Terra Magra), pour faire revivre sur scène l’héritage du maître. The Prophecy et Ras Ti Charles sont venus ponctuer cette soirée de prestations acoustiques et live, dans une ambiance où le seggae résonnait comme au premier jour.
Le 65e anniversaire du père du seggae a dépassé les frontières. Au Parc Colosse, à Saint-André, La Réunion, la troisième édition de Seggae lor baz, organisée par Kréol Koneksyon, a rassemblé des artistes de l’île sœur, des Seychelles et de Madagascar, tous unis pour célébrer celui qui a inventé un genre musical devenu patrimoine.
Kaya n’était pas un rebelle sans cause. Son «crime» : avoir fumé du cannabis et prôné sa dépénalisation. Le 16 février 1999, il participe à un concert en faveur de cette cause et, sur scène, allume un joint devant les forces de l’ordre. Aucun incident sur le moment, mais quelques jours plus tard, il est arrêté. Sa demande de liberté conditionnelle est rejetée.
Le 21 février, il est retrouvé mort en cellule. Les expertises – autopsie, contre-autopsies – révèlent une blessure à la tête et une lésion intracrânienne, signes d’un violent «secouage» du cerveau. Ce décès trouble déclenche de vives émeutes et une onde de choc à travers le pays et la région.
Pour Azaria Topize, le manque de vérité reste un fardeau : «On sait qu’il est entré vivant aux Casernes et qu’il en est sorti mort. Mais la vérité, on ne l’a jamais obtenue.» Vingt-six ans après, aucune enquête approfondie n’a permis de trancher : «C’est toujours un mystère», confie-t-il. Membre du Kolektif 420, Azaria poursuit le combat pour la légalisation du cannabis, cause que défendait déjà son père : «Certains ne consomment pas, mais condamnent la plante par ignorance. Il faut informer, expliquer, montrer… pas simplement légaliser sans pédagogie.»
Kaya, d’une certaine façon, reste immortel : dans chaque Sant lamour, dans chaque Sime lalimier, dans chaque note qui fait vibrer les cœurs… Son seggae continue de vivre, porté par ceux qui croient, comme lui, que la musique peut changer le monde.
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