Publicité
Espagne : le système de santé victime de l''austérité
Par
Partager cet article
Espagne : le système de santé victime de l''austérité
Retards de paiement des fournisseurs, fermetures de lits, baisses de salaires pour les médecins, menace de chômage pour les internes... En Espagne, le système public de santé est à son tour victime de la crise de la dette dans la zone euro.
Lourdement endettées, les régions autonomes d''''Espagne se sont engagées dans une politique draconienne de réduction des dépenses publiques pour atteindre les objectifs ambitieux promis par le gouvernement de Madrid à l''Union européenne. En pleine crise économique, cette cure d''austérité fait ressentir ses effets douloureux sur la population.
Les conservateurs s’attaqueront à l’Etat-providence
Les partis politiques restent flous sur leurs intentions avant les élections législatives de dimanche, mais même les plus farouches défenseurs du système actuel conviennent que des économies sont possibles et que son efficacité peut être renforcée. Les conservateurs du Parti populaire (PP), grands favoris du scrutin, devraient s''attaquer aux pans de l''Etat-providence auxquels l''actuel gouvernement socialiste n''a pas touché.
Les socialistes affirment pour leur part qu''il est possible de réduire les dépenses de santé sans nuire à la qualité du service. Parmi les exemples avancés, les compagnies d''assurance pourraient désormais devoir payer les soins de leurs clients victimes d''accidents de la circulation ou les gouvernements étrangers pourraient être priés de régler la note des frais de santé de leurs ressortissants dans les hôpitaux espagnols.
Importantes coupes budgétaires
Chargées notamment de la santé et de l''éducation, les 17 régions autonomes espagnoles bénéficient chaque année de transferts de revenus fiscaux de la part du gouvernement central. Aujourd''hui, elles sont cependant contraintes d''effectuer d''importantes coupes budgétaires après avoir accumulé de la dette jusqu''à l''explosion de la bulle immobilière en Espagne en 2008.
D''après la Fédération espagnole de technologie sanitaire (Fenin), les régions doivent plus de quatre milliards d''euros à leurs fournisseurs ou prestataires de service, soit une augmentation de 42% en un an. Les petites entreprises "souffrent de manière alarmante en raison du tarissement des liquidités », et  certaines d''entre elles vont devoir licencier ou mettre la clé sous la porte. L''attente moyenne de paiement pour les fournisseurs est passée en un an de 285 à 415 jours.
La société Roche, géant de l''industrie pharmaceutique mondiale, affirme pour sa part que la région de Castille et Leon au nord de Madrid est en retard de plus de 900 jours sur ses factures. En Espagne, certains craignent que Roche ne suspende la fourniture de médicaments à certains hôpitaux, à l''image de ce qu''elle a fait en Grèce.
Une solide réputation
En Catalogne, région la plus prospère du pays, le gouvernement a fermé ces derniers mois des cliniques et des lits dans les services d''urgences. Il a aussi annoncé qu''il se séparerait de 1 500 internes si les médecins n''acceptaient pas une baisse de leurs salaires et de leurs primes. Cette politique d''austérité semble devoir durer dans un pays marqué, comme beaucoup d''autres en Occident, par un vieillissement de sa population.
La croissance des dépenses de santé ralentit en Espagne. Elles représentent environ 9,5% du PIB en 2009, ce qui est conforme à la moyenne des pays développés, et elles sont couvertes à 73,6% par l''Etat. En raison de sa qualité et de son faible coût pour les patients, le système public de santé jouit d''une solide réputation auprès des Espagnols, qui se tournent vers lui dès qu''ils souffrent d''une maladie grave. Le secteur privé leur paraît en revanche peu fiable.
(Source : Reuters)
Publicité
Publicité
Les plus récents