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Affaire Lagesse : Après de nouveaux tests ADN, Bernard Maigrot invité à s’expliquer
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Affaire Lagesse : Après de nouveaux tests ADN, Bernard Maigrot invité à s’expliquer
Le Central CID a décidé d’entendre l’ex-suspect N° 1 du meurtre de Vanessa Lagesse ce lundi 23 mai. Cela après l’arrivée des résultats de tests d’ADN, dont les échantillons ont été envoyés à des experts français il y a deux mois et demi.
Dix ans après les faits, Bernard Maigrot se retrouve de nouveau au centre de l’enquête du meurtre de Vanessa Lagesse. L’homme d’affaires a été convoqué ce matin du lundi 23 mai au Central CID, aux Casernes Centrales, soit plus de deux mois après que de nouveaux échantillons ADN ont été transmis à des laboratoires français pour des tests comparatifs plus pointus sur quelques-unes des pièces à convictions retrouvées sur les lieux du crime. 
Cette affaire connaît avec cette convocation un énième rebondissement de taille. Ce, depuis la découverte du corps de la styliste flottant dans sa baignoire le matin du jeudi 10 mars 2001 dans le bungalow où elle vivait seule, à Grand-Baie. L’autopsie par l’ex-médecin légiste Satish Boolell avait révélé que la victime avait été battue à mort.
Un premier constat sur les lieux du crime par les experts de la police scientifique, le Forensic Science Laboratory (FSL) et le Dr Satish Boolell a démontré que la jeune femme a été violemment frappée dans une chambre à coucher puis traînée au sol jusqu’à la salle de bains.
Son agresseur l’a non seulement cognée contre le mur mais il lui a brisé la nuque après lui avoir passé une corde à linge, coupée à l’extérieur du bungalow, autour du cou pour la tirer jusqu’à la baignoire. C’est cette corde et le drap retrouvé avec le cadavre qui ont finalement été envoyés en France pour une variante de tests ADN, qui n’existait pas il y a dix ans.
Dès que le corps de la styliste de 36 ans a été découvert, le pays a pu assister à une guerre de police entre l’ancienne équipe de la Major Crimes Investigation Team (MCIT) et l’équipe de l’ex-officier Hurrydeo Raddhoa. Celui-ci a embarqué la mère et le beau-père de la victime avant de jeter son dévolu sur Bernard Maigrot.
Hurrydeo Raddhoa avait beau déclaré avoir obtenu les aveux de l''''homme d’affaires le 23 avril 2001, ce dernier a expliqué les avoir faites sous la contrainte. Ces aveux devaient, un jour ou un autre, réduire le dossier à charge à peu de choses. Bernard Maigrot y avait déclaré avoir tué la styliste dans un moment de colère et qu’il lui a passé la corde à linge au cou pour tenter de maquiller le crime.
Selon sa déposition, il voulait faire croire qu’elle s’était pendue. Cependant, selon l’autopsie du Dr Boolell, la corde a été utilisée avant que mort s’ensuive. Malgré la faiblesse du dossier, la procédure judiciaire s’est enclenchée et le magistrat de la cour de Mapou a décidé de déférer Bernard Maigrot devant les Assises le 28 novembre 2007.
Sept mois plus tard, le 2 juin 2008, le Directeur des poursuites publiques (DPP) de l’époque, Gérard Angoh, a décidé de rayer l’accusation contre lui par manque de preuves. Ce qui n’a pas plu aux proches de Vanessa Lagesse qui ont fait une demande de judicial review devant la Cour suprême.
Au même moment, les Casernes centrales prenaient contact avec les autorités françaises pour des analyses poussées. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, avait sollicité l’aide de la police française auprès du président Nicolas Sarkozy pour élucidation des dossiers restés en souffrance.
Une équipe d’enquêteurs de la Police Judiciaire est venue passer au peigne fin le dossier Vanessa Lagesse et celui de Nadine Dantier. Ils ont ainsi suggéré le recours aux tests dits Low Copy Number (LCN) qui peuvent relever des traces ADN à partir d’une goutte de sang, de traces de sueur, de salive ou de quelques cellules de peau.
En juin 2009, un expert fut dépêché auprès du Laboratoire d’hématologie médico-légale, à Bordeaux, avec les pièces à conviction ainsi que les vêtements que portaient Vanessa Lagesse le jour de sa mort. Six mois après, les experts ont réclamé au commissaire de police Dhun Iswur Rampersad de nouveaux échantillons ADN de Bernard Maigrot.
Une lettre lui a même été adressée, lui demandant de consentir à cet exercice. Le mardi 8 mars, de nouveaux échantillons ont été transmis en France et cette fois, après réception des résultats, les autorités ont décidé d’inviter Bernard Maigrot à s’expliquer sur cette affaire.
Son empreinte génétique aurait été décelée sur le drap retrouvé dans la baignoire aux côtés de sa maîtresse. Mais Bernard Maigrot a indiqué avant son arrestation par Hurrydeo Raddhoa avoir eu des rapports intimes avec Vanessa Lagesse quelques jours avant sa mort...
 
 
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