Aider les enfants, c’est déterminer qui sont ceux qui sont en détresse. Vingt centres de veille dirigés par des volontaires  verront le jour d’ici décembre dans les zones dites à risques.
 
Plus jamais ça. Joannick Patricia Martin, 7 ans, avait été violée et tuée à Cité-Richelieu par son oncle le mois dernier. L’Etat a décidé de prendre les taureaux par les cornes. Vingt centres de veille, baptisés Community Child Watch seront mis en place dans les zones à risques de l’île d’ici décembre.
 
Cinq sont déjà opérationnels depuis des lustres dans des quartiers chauds et le sixième a été inauguré en fin d’après-midi, le vendredi 8 octobre, par la ministre de l’Egalité des genres et du Développement de l’enfant, Sheila Bappoo, à Cité-Richelieu. La cérémonie a débuté avec une minute de silence pour la fillette brûlée vive par son oncle.
La ministre a parlé de l’importance de la création d’une telle plateforme dans les régions à risque et de la nécessité que les personnes de bonne volonté se joignent à cette initiative destinée à protéger les enfants de la violence. Des avis ont d’ailleurs été diffusés dans la presse pour les inviter à venir de l’avant.
 
Le comité directeur des Community Child Watch sera composé de religieux, de travailleurs sociaux et des psychologues du ministère du Développement de l’enfant, entre autres. Ces instances de veille  permettront d’identifier rapidement les familles à problèmes et de porter assistance aux enfants en détresse.
Répondant à un travailleur social de Cité-Richelieu qui dénonçait la façon de faire des services de protection de l’enfance trop prompts à embarquer des gamins depuis la mort de Joannick Martin, Sheila Bappoo a voulu mettre les points sur les i.
 
Elle a rappelé la levée de boucliers sur le fait que son service n’avait  pas joué son rôle dans le cas de la malheureuse Patricia Martin. Elle estime que maintenant, on ne peut l’accuser de trop faire.
 
Quant à une critique sur l’état de l’abri réservé aux enfants, Sheila Bappoo a admis « n’avoir pas dormi » quand elle a visité le centre pour la première fois peu après sa nomination comme ministre du Développement de l’enfant. Elle a ainsi saisi l’occasion pour annoncer que le ministre Anil Baichoo a mis à sa disposition un terrain à Cap-Malheureux où un abri au coût de Rs 9 millions sera érigé.
 
Dans un discours qui aura duré trois-quarts d’heure, elle a indiqué que le projet de Community Child Watch n’est qu’une variante du concept Elderly Watch qu’elle a mis en place quand elle était aux commandes au ministère de la Sécurité sociale.
 
La ministre a évoqué le lancement, cette semaine, d’une Ecole des parents à La Valette. Elle a aussi évoqué  la venue prochaine d’experts étrangers qui aideront à la mise en oeuvre d’un projet pour la consolidation des valeurs familiaux.
 
La création des Community Child Watch, dit-elle, représente un nouveau contrat social avec les quartiers dits à risque, qualificatif qu’elle espère voir disparaitre à l’avenir. Elle en appelle à ses officiers du service de l’enfance d’être davantage sur le terrain et condamne la violence faite aux enfants par leurs proches.
 
L’inauguration du sixième Community Child Watch au centre communautaire de Cité-Richelieu a été l’occasion pour ceux présents d’apprécier la chanson de Nittin Chinien, repris par les petits dans l’assistance, « Dans zenfan ena bondé » ainsi qu’un morceau du bluesman Eric Triton « Ledikasyon pou pas mort couyon ».