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Culture : Des traditions et des sons
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Culture : Des traditions et des sons
Quatre membres de la troupe «Descendance» présentaient la culture aborigène, au «Caudan Waterfront», le mardi 18 mai. Invitation au dépaysement.
? Qu’est ce qu’un didgeridoo ?
«Le mot didgeridoo n’est pas aborigène», précise Ronaldo Guivarra, le chanteur. «Il a été inventé par les Anglais et vient en réalité du son de base de l’instrument. Il suffi t de l’écouter et vous entendrez ce mot. Dans notre tribu, dans le Nord Queensland, cet instrument s’appelle un Yiggi Yiggi, ce qui signifi e ‘voix ancestrale’.»
«Nous nous promenons au milieu des eucalyptus et nous tapotons les branches», explique Jose Calarco, directeur de la troupe. «Si la branche sonne creux, cela veut dire que les termites ont fait leur travail et qu’il ne reste plus rien à l’intérieur de l’écorce. On coupe alors la branche, on passe un chiffon autour d’une tige de bois, pour nettoyer le cylindre. Puis, on le laisse quelque temps reposer dans un lit d’eau. Ensuite, cela devient un didgeridoo.»
Nous avons récolté quelques conseils de base pour ceux qui voudraient s’essayer à cet instrument. Pour commencer, il faut faire vibrer les lèvres en les plaçant sur l’embout du didgeridoo. La difficulté consiste à ne pas s’arrêter : il faut pratiquer ce que Ronaldo Guivarra appelle la respiration circulaire. On doit souffler par la bouche, tout en inspirant par le nez. C’est ainsi que l’on réussit à produire un son constant, qui ne s’arrêtera pas à chaque fois que l’on reprend son souffle.
Ensuite, il faut créer un rythme. Pour cela, on doit bouger la langue, tout en faisant vibrer les lèvres et en respirant par le nez. Un énorme travail de coordination qui demande beaucoup d’entraînement. La dernière opération, toujours en simultané, consiste à crier, la bouche fermée. C’est ainsi que votre didgeridoo émettra des sons qui rappellent les cris d’animaux. Il faut savoir que traditionnellement, les femmes ne sont pas autorisées à jouer de cet instrument.
Deux raisons sont avancées : «Spirituellement déjà, le didgeridoo constitue un symbole phallique, donc un objet exclusivement réservé aux hommes», explique Ronaldo Guivarra. «La seconde raison est physique : il s’agit, en effet, d’un exercice physique intense. L’homme, grâce à sa pomme d’Adam, a une gorge plus solide que la femme. Il est donc plus apte à jouer de cet instrument.»
Le didgeridoo et la danse font partie intégrante de la culture aborigène. «Il n’y a pas de livres, aucun texte, toute l’histoire est retransmise de génération en génération par la musique et la danse», confi e Jose Calarco. «C’est toute la mémoire d’une civilisation très ancienne qui se transmet.
Toutefois, il y a des règles strictes. Par exemple, personne d’autre qu’un aborigène ne peut danser. Chaque tribu a ses propres danses et musiques et n’a pas le droit de reproduire celles des autres tribus, à moins d’avoir été adopté.» La raison de cette segmentation est simple. Ronaldo Guivarra nous l’explique : «Chaque tribu a son totem, qui représente soit u n animal, soit un élément, que la tribu doit protéger. Les anciens de chaque tribu se réunissent en conseil pour prendre les décisions importantes.
Ainsi, en rassemblant les tribus, tous les maillons sont réunis, pour créer un équilibre. C’est de cette manière que l’univers peut rester en harmonie. Si l’on commençait à mélanger les tribus, en utilisant les danses et musiques de l’autre, on déstabiliserait tout l’univers. C’est pourquoi un aborigène qui transgresserait cette règle risquerait le bannissement, voire même dans le pire des cas, la mort. Il n’existe qu’un mot, sur lequel se base toute la culture aborigène : ‘respect’ »
Isabelle PIERRE
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