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Grande Bretagne: Le Premier ministre Gordon Brown accusé de rudoyer ses collaborateurs

23 février 2010, 00:00

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Accusé de rudoyer ses collaborateurs à Downing Street, le Premier ministre britannique, Gordon Brown, (photo) s''''est retrouvé lundi au cœur d''une virulente polémique dont il se serait bien passé, au moment où il tente de redorer son image avant les prochaines élections législatives.

Lundi, le chef de l''opposition conservatrice David Cameron, donné favori du scrutin attendu d''ici juin, et le responsable des Libéraux-démocrates Nick Clegg ont demandé l''ouverture d''une enquête. Une demande immédiatement rejetée par un porte-parole de Downing Street.

Le ministre du Commerce Peter Mandelson, de facto numéro deux du gouvernement, a pour sa part subodoré une "opération politique" ourdie en sous-main par les Tories pour tenter de déstabiliser Gordon Brown à l''approche des élections.

L''affaire a éclaté après la publication dimanche dans l''hebdomadaire The Observer, des bonnes feuilles du dernier livre d''un de ses commentateurs politiques vedettes, Andrew Rawnsley.

Le journaliste raconte que le chef du gouvernement peut avoir des coups de sang violents lorsqu''il est contrarié: coups de poing ou de stylo contre le siège d''une voiture officielle, collaborateur saisi par le col, secrétaire délogée de son siège manu militari parce qu''elle ne tapait pas assez vite à son goût, jurons...

Des allégations qualifiées d"infondées" par les services du Premier ministre. Peter Mandelson espérait dimanche étouffer le scandale dans l''œuf en reconnaissant que Gordon Brown était passionné et exigeant, mais surtout envers lui-même.

Peu après ces démentis, la fondatrice d''une association d''aide aux victimes d''intimidations relançait la polémique en affirmant que plusieurs employés de Downing Street avaient appelé son service d''assistance téléphonique après avoir subi la colère du Premier ministre.

Lundi, cette responsable, Christine Pratt, a défendu sa décision controversée, tout en reconnaissant qu''aucune plainte ne visait Gordon Brown directement. "Absolument pas, pas plus que nous avons prétendu que M. Brown se comporte en tyran", a-t-elle déclaré sur la BBC.

Mme Pratt "a clairement dit qu''aucune des accusations n''est dirigée contre le Premier ministre", a immédiatement rebondi le porte-parole de M. Brown.

Le plus haut fonctionnaire du pays, Gus O''Donnell, a pour sa part nié avoir mis en garde verbalement le Premier ministre contre son comportement envers ses collègues, comme l''affirmait le livre de M. Rawnsley.

M. Brown a commenté ces accusations directement pour la première fois dans un entretien au magazine The Economist, dont des extraits ont été publiés le lundi 22 février sur internet: M. O''Donnell "a clairement dit qu''il n''y avait eu aucune enquête, aucune réprimande, qu''aucun message privé ne m''avait été adressé (...). Cette affaire est totalement fausse".

De son côté, le secrétaire permanent de Downing Street, Jeremy Heywood, plus haut fonctionnaire du bureau du Premier ministre, a démenti qu''il y ait "une culture d''intimidation au N.10", évoquant au contraire "une culture solide de travail d''équipe, de soutien mutuel et d''amitié".

Plusieurs commentateurs soulignaient lundi que le tempérament colérique et impulsif de M. Brown était un secret de polichinelle. Pour autant, cette polémique "n''est pas vraiment utile (au Labour de M. Brown) à l''approche d''élections où la personnalité des chefs de parti sera un thème dominant", souligne le Guardian (gauche).

(AFP)

 

 

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