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Cancer de la prostate : 286 hommes touchés en 2025
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Cancer de la prostate : 286 hommes touchés en 2025
■ En 2025, la prostate était concernée par un cancer sur cinq parmi les 1 408 cas diagnostiqués chez les hommes.
November, c’est Movember, le mois où l’on invite les hommes à parler de leur santé. À Maurice, les chiffres du Registre national du cancer, rattaché au ministère de la Santé et du bien-être, rappellent l’enjeu : 286 nouveaux cas de cancer de la prostate ont été enregistrés en 2025 et 121 hommes en sont morts. Le pays n’a pourtant aucun programme de dépistage organisé. Ce silence ne touche pas que le corps : la campagne porte aussi sur la santé mentale. En 2024, 97 des 112 suicides recensés concernaient des hommes, soit près de neuf sur dix.
Par rapport aux 286 nouveaux cas de 2025, le Registre national du cancer comptait 223 nouveaux cas en 2021. Une hausse d’environ 28 % donc en quatre ans. «L’évolution du nombre de nouveaux cas de cancer de la prostate entre 2021 et 2025 présente des fluctuations tout en affichant une tendance générale à la hausse», précise la Dr Cynthia Leste Boodoo, du Registre national du cancer.
Sur les 1 408 cancers diagnostiqués chez les hommes en 2025, un sur cinq touchait la prostate, soit 20,3 %. Aucun autre cancer masculin ne pèse autant. La maladie frappe surtout les hommes âgés. Selon le registre, c’est chez les 70-74 ans que l’on recense le plus de nouveaux cas, avec 80 diagnostics l’an dernier. La même année, 121 hommes en sont morts. Les plus âgés paient le plus lourd tribut, avec 27 décès chez les 85 ans et plus.
Dépistage
Ces chiffres posent une question simple : à quel moment les hommes poussent-ils la porte d’un cabinet médical ? À Maurice, il n’existe pas de dépistage systématique du cancer de la prostate. Le ministère explique que les patients peuvent consulter dans les centres de santé communautaires ou les hôpitaux régionaux. En cas de symptômes urinaires ou de suspicion de problème à la prostate, le médecin les oriente vers une consultation en urologie.
La Dr Leste Boodoo détaille la suite du parcours. «Les laboratoires des hôpitaux publics réalisent des analyses de sang, y compris le test du taux de PSA (antigène prostatique spécifique), généralement sur prescription médicale suite à une évaluation clinique, qui peut inclure un examen physique ou un toucher rectal.» Autrement dit, rien ne se passe tant que l'homme ne fait pas lui-même le premier pas. En 2025, 4 756 hommes se sont fait dépister dans le secteur hospitalier grâce à ce test.
Ce retard ne concerne pas que la prostate. D’après le tableau de mortalité de Statistics Mauritius pour la période 2021-2023, un homme né à Maurice peut espérer vivre près de 70 ans, contre près de 77 ans pour une femme. Dans un rapport sur les causes de décès, l’organisme relève aussi que les maladies du foie et les suicides sont plus fréquents chez les hommes que chez les femmes.
Lancée en 2003, la campagne Movember invite les hommes, chaque mois de novembre, à se laisser pousser la moustache pour parler de leur santé. Derrière le clin d’œil, le message reste sérieux : un cancer de la prostate pris à temps se soigne mieux. Encore faut-il ne pas attendre l'apparition des symptômes pour consulter.
Cancer des testicules, une maladie de jeunes
Si la prostate concerne surtout les pères et les grands-pères, le cancer des testicules touche leurs fils. Beaucoup plus rare, il a donné lieu à 14 nouveaux diagnostics en 2025, principalement chez des hommes âgés de 30 à 34 ans, selon le Registre national du cancer. La même année, cinq hommes en sont morts, la plupart entre 20 et 44 ans. De quoi rappeler que la santé masculine n’attend pas la cinquantaine.
«Ils gardent ça pour eux»
Entre janvier et septembre 2026, Befrienders Mauritius a reçu 989 appels d’hommes. Derrière ce chiffre, la présidente de l’association, Sheïla Cheekhoory, voit une réalité plus lourde. Les femmes, explique-t-elle, lancent plus facilement un appel à l’aide. Elles parlent, et cela leur laisse parfois le temps de changer d’idée. Les hommes, eux, se taisent. «Ils gardent ça pour eux.» À Maurice comme ailleurs, rappelle-t-elle, ils sont plus nombreux à passer à l’acte. Elle y voit le poids d’une vieille éducation. «Avant, on disait que les hommes ne doivent pas pleurer. Les hommes sont le seul gagne-pain, les hommes n’ont pas le droit de se plaindre, les hommes n’ont pas le droit de se sentir mal.» Au bout du fil, la détresse arrive rarement de front. «Des fois, ils ne vont pas vous dire directement "je souffre". Mais ils peuvent vous dire qu’il y a un souci, ils ne peuvent pas dormir. Ou bien, ils ne peuvent pas travailler, ils ne se sentent pas bien.» C’est en posant des questions que l’écoutant découvre le reste : un problème avec la conjointe, des tensions familiales, une dépression. Les addictions reviennent souvent, l’alcool comme la drogue synthétique. Les choses bougent pourtant. Présente à Befrienders depuis près de 20 ans, Sheïla Cheekhoory constate que les hommes osent davantage parler qu’à ses débuts. Certains appellent, d’autres viennent pour des entretiens en face-à-face ou bénéficient d’un suivi psychologique. «Ils savent qu’on ne les juge pas.»
Befrienders Mauritius : 800 93 93 (ligne gratuite).
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