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Transport aérien

Emirates : un bénéfice en chute de 66 % au premier semestre

6 novembre 2026, 11:39

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Emirates : un bénéfice en chute de 66 % au premier semestre

Le Groupe Emirates a annoncé, le 5 novembre 2026, un bénéfice avant impôt de 4,1 milliards d’AED (1,1 milliard de dollars américains) pour les six premiers mois de l’exercice 2026-2027, en baisse de 66 % par rapport à la même période de l’année précédente. Le groupe évoque un contexte de fortes perturbations et de hausse des prix du carburant, liées au conflit qui se poursuit dans la région du Golfe.

Un chiffre d’affaires en recul de 12 %

Après impôt, le bénéfice du groupe s’établit à 3,6 milliards d’AED (1 milliard de dollars), également en recul de 66 %. Son chiffre d’affaires atteint 66,2 milliards d’AED (18 milliards de dollars), soit 12 % de moins que les 75,4 milliards d’AED (20,6 milliards de dollars) enregistrés un an plus tôt. L’EBITDA recule de 41 %, à 12,5 milliards d’AED (3,4 milliards de dollars), contre 21,1 milliards d’AED (5,7 milliards de dollars) lors du premier semestre précédent, durant lequel le groupe avait établi de nouveaux records de bénéfices et de revenus.

Au 30 septembre 2026, la trésorerie du groupe s’élevait à 54,1 milliards d’AED (14,7 milliards de dollars), contre 59,6 milliards d’AED (16,2 milliards de dollars) au 31 mars 2026. Elle a notamment servi à financer les acomptes versés avant la livraison de nouveaux appareils et le remboursement d’engagements financiers. Le groupe a également versé à son actionnaire, l’Investment Corporation of Dubai (ICD), le solde de 2 milliards d’AED du dividende de 3,5 milliards d’AED déclaré au titre de l’exercice 2025-2026.

«Ces six derniers mois ont été particulièrement exigeants et, une fois encore, notre modèle économique et nos équipes ont démontré leur solidité face à l’adversité. Malgré des défis régionaux sans précédent et des prix du carburant élevés, le Groupe a réalisé un bénéfice avant impôt de 4,1 milliards d’AED (1,1 milliard de dollars américains)», a déclaré Cheikh Ahmed bin Saeed Al Maktoum, président-directeur général d’Emirates Airline et du Groupe Emirates. Il a remercié le gouvernement des Émirats arabes unis pour la reprise du transport aérien après les opérations militaires dans la région, soulignant que les prix mondiaux du carburant aviation avaient doublé sur un an.

«Nous abordons le second semestre de l’exercice 2026-2027 avec un optimisme prudent. Tout en surveillant attentivement nos coûts et l’évolution de la situation géopolitique, nous restons concentrés sur les priorités qui font la réputation d’Emirates et de dnata : la sécurité, la qualité et la satisfaction de nos clients», a-t-il ajouté.

Emirates Airline : un trafic passagers en baisse de 25 %

Pour la compagnie, le bénéfice avant impôt ressort à 3,7 milliards d’AED (1 milliard de dollars), en recul de 68 % par rapport au résultat record de 11,4 milliards d’AED (3,1 milliards de dollars) du premier semestre précédent. Son chiffre d’affaires diminue de 13 %, à 56,9 milliards d’AED (15,5 milliards de dollars). Emirates attribue ce résultat à la persistance d’une demande soutenue, notamment pour ses cabines premium, et à la contribution du fret.

Les restrictions et fermetures intermittentes d’espaces aériens dans la région ont fortement pesé sur l’activité. La capacité en tonnes-kilomètres offertes a reculé de 10 %, celle en sièges-kilomètres offerts de 17 %, et le trafic passagers, mesuré en passagers-kilomètres payants, de 25 %. Le taux de remplissage s’est établi à 72 %, contre 79,5 % un an plus tôt. Entre le 1er avril et le 30 septembre, la compagnie a transporté 21,8 millions de passagers, soit 22 % de moins. Au 30 septembre, elle avait rétabli 91 % de son réseau d’avant les perturbations, qui couvre 150 aéroports dans 78 pays et territoires.

Le carburant, qui représente 34 % des dépenses d’exploitation, a pesé lourdement : malgré une baisse de 12 % des volumes embarqués, les dépenses ont augmenté de 60 % avant couverture. Des gains de 7,1 milliards d’AED issus de la stratégie de couverture ont ramené la hausse nette du coût du carburant à 13 %. Les charges d’exploitation ont, elles, diminué de 2 %.

Du côté de la flotte, Emirates a réceptionné neuf nouveaux Airbus A350 et achevé la rénovation des cabines de douze appareils, neuf A380 et trois Boeing 777. Ce programme de modernisation représente un investissement prévu de plus de 7 milliards de dollars. Trente-six appareils supplémentaires ont été équipés de Wi-Fi Starlink, portant le total à 57. La compagnie a aussi lancé en mai la construction d’un centre de maintenance à l’aéroport international Al Maktoum, un investissement de 5,1 milliards de dollars attendu vers le milieu des années 2030.

Le fret soutient les revenus

Emirates SkyCargo a transporté 1,2 million de tonnes, soit 1 % de moins, mais ses revenus ont progressé de 52 %. Selon la compagnie, le conflit régional a réduit la capacité disponible tout en incitant davantage d’expéditeurs à se tourner vers le fret aérien en raison des perturbations du transport maritime. La division a reçu cinq nouveaux Boeing 777 cargo et son premier appareil converti du transport de passagers au fret, et a ajouté deux destinations tout-cargo, Almaty et Zhengzhou.

À l’inverse, le chiffre d’affaires d’Emirates Flight Catering auprès de clients externes a chuté de 51 %, à 273 millions d’AED, et celui d’Emirates Leisure Retail/MMI de 13 %, à 1,2 milliard d’AED, sous l’effet de la baisse du flux touristique aux Émirats.

dnata : un bénéfice divisé par deux

Le bénéfice avant impôt de dnata s’établit à 410 millions d’AED (112 millions de dollars), en baisse de 51 %, pour un chiffre d’affaires de 11 milliards d’AED (3 milliards de dollars), en recul de 7 %, du fait notamment d’une diminution des volumes dans certaines opérations aux Émirats et au Royaume-Uni. L’EBITDA recule de 31 %, à 939 millions d’AED.

La croissance de ses activités internationales a atténué l’impact de la baisse du trafic dans le Golfe. dnata a notamment obtenu une licence d’assistance en escale de sept ans à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol, conclu un partenariat fret avec Silk Way Group à Singapour et des contrats de restauration avec Cathay Pacific, et annoncé un investissement de 32 millions de dollars australiens dans une installation de fret à l’aéroport de Western Sydney.

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