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Journée mondiale de l’alimentation

Production vivrière en hausse, pesticides sous surveillance

6 novembre 2026, 14:30

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Production vivrière en hausse, pesticides sous surveillance

Photo d'illustration.

Le ministère de l’Agro-industrie a lancé, mercredi, la Journée mondiale de l’alimentation 2026 dans l’enceinte des Agricultural Services, à Réduit. Sous le thème Innovate today. Nourish tomorrow», le ministre Arvin Boolell et le junior minister Fabrice David ont défendu la production locale, chiffres à l’appui, et mis en ligne un livret sur les pesticides recommandés pour 65 fruits et légumes. Instituée par la Food and Agriculture Organization (FAO) et célébrée chaque année le 16 octobre, la journée a été décalée en raison du contexte de crise. Sous la tente, les paniers de tomates hydroponiques et de patates douces violettes attendaient les visiteurs.

Avant la visite des stands, Fabrice David a tenu à partager deux séries de chiffres. La production vivrière est passée de 169 000 tonnes en 2024 à 189 000 tonnes en 2025, soit 20 000 tonnes de plus en un an et une hausse de près de 12 %. Sur ce total, 175 000 tonnes proviennent des cultures en plein champ et 14 000 tonnes des cultures sous abri. La volaille suit la même courbe, avec 57 000 tonnes produites en 2025 contre 50 000 tonnes un an plus tôt. Le poulet représente 80 % de la viande consommée à Maurice, à raison de 46 kg par habitant chaque année.

Le junior minister a insisté sur la différence entre food security, qui garantit une nourriture accessible, abordable et disponible pour tous, et food safety, qui touche à sa qualité. Une distinction qui tombe à point. Depuis deux semaines, le dernier rapport du Pesticide Regulatory Office relance le débat. Les Agricultural Services ont donc mis en ligne un livret listant les substances actives recommandées pour 65 fruits et légumes, avec, pour chacun, la limite maximale de résidus autorisée. Celle-ci sera revue et mise à jour en fonction, entre autres, des normes du Codex Alimentarius. Le ministère dit aussi travailler à un système de traçabilité sur toute la chaîne alimentaire, afin que le consommateur puisse choisir en connaissance de cause. Fabrice David a enfin évoqué le plan stratégique national pour l’agriculture biologique sur dix ans, élaboré à l’époque avec le soutien de la FAO, qu’il compte remettre à jour.

De la pomme de terre au kéfir

De son côté, Arvin Boolell a repris un credo qui lui est cher : produire ce que l’on mange et manger ce que l’on produit. Il a rappelé les contraintes d’un petit État insulaire, exposé à la hausse du prix des aliments pour bétail, des engrais et du carburant. L’incertitude en mer Rouge et les élections américaines pèsent, selon lui, sur le prix du pétrole et donc sur le coût de la vie.

Le ministre a mis en avant la mer comme réserve de croissance. Des pêcheurs sont formés pour aller pêcher sur les bancs, avec l’ambition de passer à une pêche plus industrielle. Il a aussi plaidé pour que Maurice défende sa spécificité devant l’Organisation mondiale du commerce, estimant que le pays ne peut pas ouvrir son marché comme le Brésil sans sacrifier ses filières. Face à la sécheresse, il a appelé à exploiter durablement chaque goutte d’eau, une ressource longtemps tenue pour acquise.

Son message le plus appuyé s’adressait aux chercheurs. «No one owes us anything», a-t-il répété, en soulignant la fin des régimes préférentiels. L’innovation, à ses yeux, doit se traduire par une recherche pratique, aux retombées concrètes pour ceux qui travaillent la terre.

La cérémonie a ensuite laissé place à plusieurs lancements. Du matériel a été remis à des enfants pour les familiariser avec l’agriculture biologique. Le thé était aussi à l’honneur. Maurice en produit quelque 6 000 tonnes, cueillies en grande partie à la main, et les petits planteurs peinent à suivre. Des prototypes destinés à les aider à récolter les feuilles ont été présentés, de même qu’une vidéo financée par la FAO sur les machines de récolte remises aux planteurs de sept coopératives.

Aux stands du Food and Agricultural Research and Extension Institute, la recherche se montrait dans les paniers. Trois variétés de pommes de terre jugées prometteuses étaient exposées, dont la Panamera, adaptée à la seconde saison de plantation de juillet à septembre, avec un rendement annoncé de 27 à 35 tonnes à l’hectare. À côté, l’oignon Red Ruby, une accession locale d’ail et une patate douce à chair violette riche en anthocyanes.

La station de recherche sur l’élevage de Curepipe présentait des produits laitiers fabriqués à partir de lait de vache local, du paneer au kéfir en passant par la feta. On y trouvait aussi des panneaux sur l’élevage de la mouche soldat noire pour transformer les déchets en aliment pour bétail, sur l’arpentage par drone ou l’irrigation goutte-à-goutte solaire. Dans le privé, Capella exposait ses champignons et son compost Champost.

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