Publicité
Inclusion
L’emploi, parcours du combattant pour ceux en situation de handicap
Par
Partager cet article
Inclusion
L’emploi, parcours du combattant pour ceux en situation de handicap
© Dev Ramkhelawon
Malgré les avancées législatives, les personnes en situation de handicap continuent de se heurter à de nombreux obstacles à Maurice. Selon le recensement de 2022, seules 6 900 d’entre elles occupaient un emploi, sur 86 607 personnes recensées. Un constat préoccupant évoqué lors d’un atelier organisé par l’Equal Opportunities Commission (EOC) hier à Côte-d’Or. Placée sous le thème Discrimination and Persons with Disabilities in Mauritius, cette rencontre s’est tenue à l’Atal Bihari Vajpayee Institute of Public Service and Innovation, en présence notamment de l’Attorney General, Gavin Glover (photo), du ministre de l’Intégration sociale, de la sécurité sociale et de la solidarité nationale, Ashok Subron, ainsi que de l’expert français Philippe Balin. Lors de son intervention, Gavin Glover a fait ressortir que le quota de 3 % d’emploi de personnes handicapées, prévu par la législation pour certaines entreprises, demeure insuffisamment appliqué. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer le cadre juridique. Il a plaidé pour l’inscription explicite du handicap parmi les motifs de discrimination interdits par la Constitution et pour la mise en œuvre de la Protection and Promotion of the Rights of Persons with Disabilities Act, adoptée en 2024.
De son côté, Ashok Subron a évoqué plusieurs réformes envisagées pour améliorer les conditions de vie des personnes concernées. Il a fait état de discussions autour d’une nouvelle catégorisation des bénéficiaires d’allocations, ainsi que de mesures destinées à favoriser leur autonomie financière et leur insertion professionnelle. Il a également souligné la nécessité d’adapter les structures sociales aux besoins des citoyens, plutôt que d’exiger de ces derniers qu’ils s’adaptent à un système qui ne tient pas suffisamment compte de leurs difficultés. Pour Carolyn Desvaux de Marigny, présidente de l’EOC, la discrimination demeure une réalité souvent silencieuse. Elle s’est inquiétée du faible nombre de plaintes déposées auprès de la Commission, estimant que cette situation pourrait traduire une méconnaissance des droits ou une perte de confiance envers les institutions. «L’inclusion n’est pas une faveur. C’est une exigence d’égalité, de justice et de respect des droits humains», a-t-elle rappelé.
L’expert français Philippe Balin, chevalier de la Légion d’honneur, a pour sa part appelé à dépasser la simple notion d’inclusion pour parvenir à une véritable citoyenneté universelle. Il a insisté sur l’accessibilité des infrastructures, l’éducation et l’accompagnement professionnel, tout en soulignant l’importance de tenir compte des réalités culturelles mauriciennes. Au terme de cette rencontre, l’EOC entend recueillir les propositions des participants afin de formuler des recommandations concrètes aux autorités.
Publicité
Publicité
Les plus récents