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Sommet du Commonwealth
Navin Ramgoolam rappelle que l’océan Indien a aussi souffert de l’esclavage
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Sommet du Commonwealth
Navin Ramgoolam rappelle que l’océan Indien a aussi souffert de l’esclavage
■ Le PM Navin Ramgoolam au coeur d’un échange avec son homologue britannique Andy Burnham et le roi Charles III.
Réunis à huis clos mardi 3 novembre à Saint John’s, à Antigua-et-Barbuda, pour le 28ᵉ sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth, les dirigeants ont débattu des séquelles de l’esclavage transatlantique. Le Premier ministre (PM), Navin Ramgoolam, a demandé que la région de l’océan Indien soit aussi prise en compte. Pour lui, on ne peut pas réduire cette histoire à l’Atlantique : l’océan Indien en porte aussi les cicatrices. Les Seychelles et le Guyana l’ont soutenu, et le Premier ministre britannique s’est dit ouvert à la discussion.
Au micro de la télévision nationale, Navin Ramgoolam a résumé sa position : «On ne peut pas oublier l’océan Indien. Parce qu’on a aussi souffert de l’esclavage, des travailleurs engagés...» Ces mots ont un écho particulier à Maurice, où l’on a commémoré, le 2 novembre, l’arrivée des premiers travailleurs engagés.
La proposition mauricienne n’est pas restée isolée. Les Seychelles, dont le peuplement s’est construit sur la même histoire coloniale, l’ont soutenue immédiatement. Le Guyana a fait de même. Ce soutien n’est pas anodin : ce pays des Caraïbes compte une importante population descendante d’engagés indiens, et il a connu à la fois l’esclavage atlantique et l’engagisme. Sa position illustre un lien entre les deux océans que le débat sur les réparations tend à négliger. Du côté britannique, le PM Andy Burnham, présent dans la salle, a affirmé qu’il accueillait favorablement toute discussion sur la proposition de Maurice. Cette ouverture tranche avec le sommet de Samoa en 2024 : son prédécesseur, Keir Starmer, avait alors résisté aux pressions des pays membres qui voulaient inscrire les réparations à l’ordre du jour. Le chef du gouvernement mauricien compte maintenant porter la question lors de la retraite des chefs de gouvernement, le rendez-vous à huis clos qui conclut traditionnellement le sommet.
Ce débat arrive à un moment où les réparations occupent le devant de la scène. À Samoa, les pays membres s’étaient finalement entendus sur un texte évoquant un processus de justice réparatrice pour l’esclavage, une discussion annoncée comme complexe pour Antigua. Le 28 octobre, le roi Charles III avait confirmé qu’il aborderait l’héritage de l’esclavage avec les dirigeants pendant le sommet. Jusqu’ici, les revendications venaient surtout des Caraïbes et d’Afrique. L’intervention mauricienne pose désormais une question nouvelle : celle du périmètre géographique de toute démarche future.
Le climat au cœur du discours royal
Placé sous le thème «Accélérer les partenariats et l’investissement pour un Commonwealth prospère», ce sommet est le premier de la secrétaire générale, Shirley Ayorkor Botchwey. À l’ouverture, le chef du Commonwealth, le roi Charles III, a centré son discours sur le changement climatique. «Le Commonwealth ne peut pas apporter toutes les solutions. Il offre cependant une occasion sans pareille de travailler ensemble», a-t-il déclaré. La secrétaire générale promet de son côté un sommet de l’action, tandis que le premier ministre d’Antigua-et-Barbuda, Gaston Browne, nouveau président en exercice, a reconnu qu’un seul sommet ne suffirait pas à effacer les divisions du monde. Son pays porte depuis longtemps la cause des réparations dans les Caraïbes, ce qui donne un relief particulier au choix d’Antigua pour accueillir ce débat. En marge des travaux, Navin Ramgoolam a eu plusieurs échanges informels, notamment avec l’ancien Premier ministre britannique Gordon Brown.
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