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Sommet du Commonwealth

Esclavage : Charles III dénonce un «chapitre honteux de l’histoire» et une «injustice monstrueuse»

4 novembre 2026, 08:59

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Esclavage : Charles III dénonce un «chapitre honteux de l’histoire» et une «injustice monstrueuse»

Le roi Charles III a exprimé, mardi 3 novembre, son «horreur» face à l’esclavage, qu’il a qualifié d’«injustice monstrueuse», lors de l’ouverture du sommet des dirigeants du Commonwealth, à St. John’s, à Antigua-et-Barbuda. Alors que plusieurs pays membres réclament des excuses officielles du Royaume-Uni pour son rôle dans la traite transatlantique, le souverain britannique a reconnu les souffrances liées à ce passé colonial, sans toutefois présenter d’excuses formelles.

«Ce chapitre honteux de l’histoire remplit mon cœur d’horreur et mon âme de la plus profonde tristesse», a déclaré Charles III devant les représentants des 56 pays membres du Commonwealth, une organisation composée essentiellement d’anciennes colonies britanniques.

Le monarque a souligné que la traite transatlantique des esclaves continuait de «projeter son ombre» sur les îles des Caraïbes et d’autres États membres. Il a également exprimé sa volonté de «travailler à corriger les erreurs du passé en agissant pour l’avenir».

«Nous ne pouvons pas changer les actes de ceux qui nous ont précédés. Nous pouvons toutefois en tirer des leçons», a-t-il ajouté.

Ces déclarations interviennent dans le cadre d’une tournée de neuf jours du roi et de la reine dans les Caraïbes, qui les a notamment conduits au Guyana. Au cours de ce déplacement, Charles III a reconnu les «grandes souffrances du passé*» dans ces territoires marqués par la colonisation et l’esclavage.

Londres envisage des excuses officielles, mais exclut les réparations financières

Malgré les déclarations du souverain, le palais de Buckingham a rappelé que toute décision politique concernant des excuses officielles relevait du gouvernement britannique. Le palais a également insisté sur la neutralité constitutionnelle du roi, tant au Royaume-Uni qu’à la tête du Commonwealth.

Le Premier ministre britannique, Andy Burnham, arrivé au pouvoir en juillet, s'est montré disposé à engager un «dialogue structure» avec les pays du Commonwealth afin d'examiner la possibilité de présenter des excuses officielles pour le rôle historique du Royaume-Uni dans la traite négrière.

Le chef du gouvernement travailliste a toutefois écarté toute perspective de réparations financières, pourtant réclamées par plusieurs dirigeants des Caraïbes.

Selon Downing Street, Andy Burnham souhaite ouvrir une nouvelle phase dans les relations entre Londres et les États membres, tout en maintenant le dialogue sur les injustices du passé.

Dans une tribune publiée samedi dans The Guardian, il a appelé à «regarder le passé en face», tout en estimant que les Britanniques d'aujourd'hui ne pouvaient être personnellement tenus responsables d'actes commis par les générations précédentes.

Il a ainsi défendu une approche fondée sur la coopération économique et le développement plutôt que sur le versement de compensations financières.

Les Caraïbes réclament une reconnaissance accompagnée de reparations

La proposition britannique d'engager un dialogue a reçu un accueil favorable de plusieurs dirigeants caribéens, même si des divergences persistent sur la question des réparations.

Mardi, Andy Burnham s'est entretenu avec la Première ministre de la Barbade, Mia Mottley, afin d'évoquer cette initiative et les prochaines étapes du processus. Selon Downing Street, cette dernière a exprimé son soutien à la démarche.

De son côté, Philip Pierre, Premier ministre de Sainte-Lucie et président de la Communauté caribéenne (Caricom), a salué l'ouverture affichée par Londres.

Il a estimé qu'aucun Premier ministre britannique n'était allé aussi loin dans la reconnaissance de cette question et a affirmé que les pays de la région étaient prêts à participer aux discussions.

Toutefois, le dirigeant caribéen a insisté sur la nécessité d'aller au-delà d'une simple reconnaissance symbolique. Selon lui, des excuses officielles constitueraient un moment historique, mais resteraient incomplètes sans réparations.

Philip Pierre a également contesté l'argument selon lequel les générations actuelles ne devraient pas répondre des injustices commises dans le passé. Il a rappelé que la justice réparatrice ne reposait pas sur la culpabilité individuelle, mais sur la responsabilité des États et des institutions, une responsabilité qui, selon lui, ne disparaît pas avec le passage des générations.

Dette, commerce et infrastructures au cœur des engagements britanniques

Face aux demandes de réparations financières, le gouvernement britannique privilégie une coopération économique renforcée avec les pays du Commonwealth.

Andy Burnham propose notamment de travailler à la restructuration de la dette des États les plus pauvres de l'organisation, confrontés à l'augmentation des taux d'intérêt et à des difficultés financières croissantes.

Le Premier ministre britannique souhaite également associer les créanciers privés ainsi que les bailleurs de fonds extérieurs au G7 à cet effort.

Par ailleurs, le Royaume-Uni doit présider deux groupes de travail destinés à stimuler les échanges commerciaux entre les pays membres du Commonwealth et à sécuriser l'approvisionnement en minerais critiques, devenus stratégiques pour plusieurs secteurs industriels et technologiques.

Downing Street a également annoncé la mobilisation de 40 millions de livres sterling, soit environ 48 millions d'euros, pour financer des projets d'infrastructures dans les Caraïbes.

Ces engagements s'inscrivent dans la volonté affichée par Londres de renforcer ses partenariats économiques avec les pays du Commonwealth, alors que les discussions sur l'héritage colonial britannique et les réparations liées à l'esclavage occupent une place importante dans les échanges entre les dirigeants réunis à Antigua-et-Barbuda.

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