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192ᵉ anniversaire de l’arrivée des travailleurs engagés
Arianne Navarre-Marie : «Un enfant qui sait lire, aucun contrat ne peut l’enfermer»
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192ᵉ anniversaire de l’arrivée des travailleurs engagés
Arianne Navarre-Marie : «Un enfant qui sait lire, aucun contrat ne peut l’enfermer»
© Vashish Sookrah.
Entre le bateau et la terre mauricienne, il n’y avait que 16 marches de pierre. Plus d’un demi-million d’engagés les ont gravies, un ballot de linge sur l’épaule et «un contrat qu’ils ne savaient pas lire». En 1890, deux d’entre eux quittent le Tamil Nadu pour couper la canne au Natal, en Afrique du Sud. Leur petite-fille, Navi Pillay, a reçu le 9 octobre dernier à Oslo le prix Nobel de la paix. Elle a 85 ans. Elle est juge. Son père conduisait des bus. C’est ce fil, des marches de l’Aapravasi Ghat jusqu’en Norvège, qu’a déroulé la Deputy Prime Minister (DPM) et ministre de l’Égalité des genres, Arianne Navarre-Marie, ce lundi 2 novembre, à Port-Louis, lors de la commémoration du 192ᵉ anniversaire de l’arrivée des travailleurs engagés. Elle y prenait la parole pour la première fois en tant que Première ministre par intérim, dans un discours prononcé en kreol.
«Je ne suis pas venue ici uniquement pour rappeler le passé. Je suis venue mesurer, avec vous, la distance que nous avons parcourue», a-t-elle lancé. Le système de l’engagisme est né à Maurice, sur ce site même, a rappelé la numéro deux du gouvernement. Et l’histoire de Navi Pillay ressemble à celle de milliers de familles mauriciennes, où les petits-enfants des coupeurs de canne sont devenus juges ou Premiers ministres. Les maisons étaient petites, l’école était loin. «Mais ils avaient compris une chose : un enfant qui sait lire, aucun contrat ne peut l’enfermer.» En 1901, de passage à Maurice, Mahatma Gandhi avait donné deux conseils aux engagés : envoyer leurs enfants à l’école et prendre leur place dans la vie publique. La ministre l’a cité avant d’inviter les Mauriciens à ne plus regarder leur passé uniquement à travers la douleur. Leurs ancêtres ont souffert, mais ils ont aussi résisté. Il est temps, selon elle, de sortir d’une lecture de l’histoire «qui nous maintient bloqués dans la souffrance et la culpabilité».
Les 36 premiers immigrants indiens avaient débarqué de l’Atlas le 2 novembre 1834. Depuis 2006, l’Aapravasi Ghat figure au patrimoine mondial de l’UNESCO. La Première ministre par intérim a conclu sur ces mots : «Nous avons le devoir de faire en sorte qu’aucun enfant né à Maurice ne trouve devant lui une montagne trop haute.»
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