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Plateforme «E-Diaspora»

Mobiliser les talents mauriciens du monde au service du pays

1 novembre 2026, 11:00

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Offrir aux jeunes Mauriciens des perspectives d’avenir dans leur pays et permettre à ceux installés à l’étranger de contribuer à son développement sont deux ambitions complémentaires. Elles peuvent renforcer une même dynamique : former, créer des opportunités et faire circuler les compétences au bénéfice de Maurice.

L’initiative gouvernementale visant à développer une National E-Diaspora Platform, sous l’égide de l’Economic Development Board (EDB), mérite d’être saluée. En rapprochant les Mauriciens de l’étranger des possibilités d’emploi, d’investissement, de mentorat et de transfert de connaissances, cette plateforme pourrait devenir un outil important de développement national. Mauritius Global Diaspora a participé, il y a environ un mois, à une réunion virtuelle de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) consacrée à cette plateforme. Cette participation s’inscrit dans notre volonté de contribuer à une relation durable et constructive entre Maurice et ses communautés établies à travers le monde. Pour concrétiser cette ambition, les expériences du Rwanda, du Maroc, de la Gambie et du Ghana offrent des enseignements utiles. Leurs dispositifs constituent des pistes que Maurice pourrait adapter à ses besoins, à ses institutions et à ses moyens.

Identifier les besoins pour mobiliser les compétences adaptées

Au Rwanda, des projets menés avec l’OIM ont mobilisé la diaspora dans les secteurs de la santé et de la formation technique et professionnelle. Dans les établissements techniques, une évaluation des besoins a permis de rechercher des professionnels expatriés capables, notamment, de former les formateurs locaux. Cette approche pourrait utilement guider le dispositif mauricien. Les hôpitaux, universités, centres de formation, organismes publics et entreprises devraient pouvoir proposer des missions précises, indiquant l’expertise recherchée, la durée, l’interlocuteur et les résultats attendus. Un professionnel souhaitant contribuer doit pouvoir identifier un projet dans lequel son expérience sera utile. Les travaux de l’OIM sur Maurice soulignent justement les difficultés à relier les membres de la diaspora intéressés aux organisations recherchant leurs compétences. La plateforme pourrait répondre à ce besoin de mise en relation.

Proposer plusieurs formes de participation

Un retour définitif engage souvent toute une famille. Les responsabilités professionnelles, la scolarité des enfants et les années de vie construites à l’étranger doivent être prises en considération. Le programme marocain FINCOME propose différentes durées de collaboration avec les compétences marocaines établies à l’étranger, notamment auprès d’universités et d’établissements de recherche et de formation. Il comprend des séjours courts, moyens et longs. Maurice pourrait adopter une souplesse comparable : missions de quelques semaines, collaborations de plusieurs mois, mentorat à distance et possibilités d’installation durable. Un Mauricien pourrait ainsi commencer par une intervention ponctuelle, développer une collaboration régulière et, selon sa situation, envisager ensuite un retour. Cette diversité permettrait de mobiliser davantage de talents.

Organiser la transmission avec les professionnels à Maurice

Les compétences de la diaspora doivent s’articuler avec celles des professionnels établis dans le pays. Ces derniers connaissent les réalités du terrain, les contraintes institutionnelles et les attentes de la population. Leur participation à la définition des projets est essentielle. En Gambie, la direction chargée de la diaspora rapproche les profils disponibles des besoins institutionnels. Un programme développé avec l’OIM a également mobilisé des experts dans des domaines tels que la santé mentale et l’administration des entreprises. Pour Maurice, chaque mission pourrait associer l’expert de la diaspora à une équipe locale, avec des objectifs de formation, une documentation et un suivi. Sa valeur se mesurerait aussi aux connaissances que les équipes pourront ensuite appliquer et transmettre de manière autonome.

Accompagner concrètement les missions et le retour

L’attachement au pays encourage l’engagement, mais les coûts et les démarches peuvent limiter la participation.

L’expérience historique du programme MIDA Ghana Health illustre l’importance d’un accompagnement pratique. Les missions temporaires de professionnels de santé reposaient sur une mise en relation des compétences avec les besoins, ainsi que sur une organisation facilitant notamment le voyage et le logement. Selon les priorités et les budgets disponibles, Maurice pourrait prévoir un soutien ciblé au déplacement, à l’hébergement et aux démarches professionnelles pour certaines missions. Pour les candidats à une installation durable, un interlocuteur unique pourrait faciliter l’orientation concernant l’emploi, la reconnaissance des qualifications et l’installation familiale. Des conditions clairement annoncées et des réponses dans des délais raisonnables renforceraient la confiance dans le dispositif.

Relier la diaspora aux perspectives offertes aux jeunes

La plateforme pourrait accompagner les ambitions gouvernementales présentées dans la publication de Business Magazine, notamment en matière de formation spécialisée, de nouvelles technologies et d’entrepreneuriat. Des professionnels de la diaspora pourraient soutenir des jeunes diplômés, former des enseignants techniques, accompagner des entrepreneurs et faciliter des partenariats internationaux. Dans les secteurs prioritaires, ces échanges pourraient prendre la forme de projets de recherche appliquée, de formations ou de collaborations avec des institutions étrangères. L’objectif serait de donner aux jeunes Mauriciens un accès plus large à l’expérience internationale tout en renforçant leurs perspectives dans le pays.

Mobiliser l’expertise mauricienne dans les centres de données

La diaspora mauricienne compte également des professionnels disposant d’un savoir-faire précieux dans le secteur des centres de données, ou data centres. Leurs compétences couvrent notamment la conception, la construction, l’exploitation, les infrastructures critiques, l’efficacité énergétique ainsi que la gestion contractuelle et commerciale. Avec le projet de High-Tech Special Economic Zone à Côte-d’Or, le gouvernement mauricien doit impérativement mobiliser cette expertise pour accompagner ses ambitions technologiques.

La plateforme E-Diaspora pourrait permettre d’identifier ces professionnels et de les associer, dès les premières étapes, à l’évaluation des besoins, à la préparation des projets et à la formation des équipes locales. Leur expérience pourrait éclairer les décisions concernant la fiabilité des infrastructures, l’alimentation électrique, le refroidissement, la connectivité et les exigences opérationnelles des activités numériques. Elle pourrait aussi aider à évaluer les coûts, les engagements de service et les conditions nécessaires pour attirer des partenaires internationaux. En créant des collaborations entre ces experts, les institutions et les entreprises mauriciennes, le gouvernement pourrait développer un savoir-faire local durable et ouvrir aux jeunes des parcours professionnels dans un secteur stratégique pour l’économie numérique.

Faire de la transparence un fondement du dispositif

La plateforme devra proposer des critères de sélection clairs, une protection des données personnelles et un traitement équitable des candidatures. Les compétences, les besoins identifiés et l’intérêt collectif doivent guider les décisions. Les organisations de la diaspora peuvent faciliter la mobilisation et faire remonter les préoccupations de leurs communautés. Le dispositif doit également rester accessible aux personnes qui ne sont membres d’aucune association. Un programme pilote réunissant quelques institutions autour de missions bien définies permettrait de tester le fonctionnement de la plateforme. Son bilan pourrait rendre compte des personnes formées, des compétences transmises, des projets réalisés et des collaborations poursuivies. Ces résultats aideraient à améliorer progressivement le dispositif.

L’engagement de Mauritius Global Diaspora

Mauritius Global Diaspora entend, à travers ses membres, participer pleinement à cette initiative gouvernementale et contribuer à sa réussite. Qu’il s’agisse de collaborations avec les institutions publiques et privées, de missions d’expertise, de mentorat, de formation ou de toute autre forme de partenariat utile au pays, nous souhaitons mobiliser les compétences, l’expérience et les réseaux de nos membres au service du développement de Maurice. Nous sommes disposés à travailler avec le gouvernement, l’EDB, l’OIM et les autres parties prenantes pour traduire cette ambition en actions concrètes, notamment au bénéfice de la jeunesse mauricienne.

La future plateforme offre une occasion de donner une portée nouvelle aux liens qui unissent Maurice à ses enfants établis à l’étranger. Sa réussite se construira à travers des partenariats suivis, une écoute réciproque et des possibilités réelles de contribuer. Un jeune accompagné, une équipe formée, une entreprise soutenue ou une institution renforcée : c’est à travers ces réalisations que les talents mauriciens du monde pourront participer pleinement à l’avenir de leur pays.

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