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Kronik KC Ranze

Ça passe… Ou ça casse !

1 novembre 2026, 09:30

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Ça passe… Ou ça casse !

Air Mauritius est probablement entre de bonnes mains pour le moment. Celles d’André Viljoen et de son équipe dirigeante, qui vient de rendre publique une liste de dix stratégies pour parer MK pour l’avenir (Making MK future-fit sonne tellement plus prometteur…).

Ces stratégies ne sont pas du top-down, puisqu’Air Mauritius a d’abord fait le tour de ses départements en posant quatre questions clés : «Qu’est-ce qui marche bien ? Qu’est-ce qui ne marche pas ? À quoi ressemble l’excellence ? Que peut-on améliorer ?» Certaines réponses n’étaient pas toujours confortables, écrit Viljoen, mais cela lui a sans doute souligné que de nombreux participants se sentaient suffisamment en confiance pour partager leurs réflexions, leurs opinions et, peutêtre même, leurs sentiments. Il y a aussi, sans doute, des embusqués, des anxieux et quelques hypocrites, comme dans toutes les organisations, qui ont répondu pour plaire plutôt que pour diagnostiquer correctement et avancer. C’est malheureusement inévitable. Le prochain défi du management est de mettre en œuvre ces stratégies avec tellement de force et de conviction qu’elles balayeront les non-croyants et les emporteront avec eux dans la transformation d’Air Mauritius ?

Décortiquer chacune des 10 stratégies honnêtement, sous trois sous-chapitres (Pourquoi cette stratégie ? / Le défi / Notre approche) et deux constats (Ce qui est déjà accompli / Ce qui est en instance) promet sûrement des lendemains meilleurs ! J’ai particulièrement noté les Core Value Cards avec leurs listes rouge d’interdits et verte d’attitudes progressistes. Très clair et digeste. On peut, par contre, s’étonner qu’un Route profitability framework, giving per route economics soit underway... Un simple update, on espère ? Jusqu’à cette semaine, la dernière annonce de résultats datait du 11 décembre 2025 et faisait état de 22 millions d’euros de profits pour le semestre clos en septembre 2025. Le silence qui a suivi faisait craindre le pire ! Mais la surprise a été positive : 78 millions d’euros de profits pour l’exercice clos au 31 mars 2026 ! Ajoutés à la conversion en capital de 177 millions de dollars d’avances d’Airport Holdings, ces profits ont permis à MK de retrouver des fonds propres positifs. Au 1ᵉʳ avril, ils s’établissaient à 26 millions d’euros, après plusieurs années d’un déficit abominable. La période qui s’ouvre sera plus difficile, le prix du jet fuel ayant explosé et les gains sur l’euro paraissant moins évidents.

J’ai longtemps été convaincu, devant les dizaines de milliards perdus avec MK, dans le sillage d’interventions politiques apparemment chroniques, voire indécrottables, que le pays ne pouvait plus se permettre une ligne aérienne nationale. Viljoen et son équipe (avec Megh Pillay pas loin…) peuvent nous faire la démonstration de ce que du bon leadership, libéré de considérations politiques mal inspirées, peut véritablement transformer dans ce pays. À la bonne heure ! Et en espérant que le prix du jet fuel ne continue pas à jouer au trouble-fête…

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Selon la réponse du PM au Parlement, on aurait détruit les images récoltées par les caméras Safe City entre les 16 et 18 octobre 2020, période cruciale au meurtre de Soopramanien Kistnen ! Il y aurait eu, en plus, une destruction massive de «données» sur disques durs, entreprise le 10 novembre 2024 à 3 heures du matin, à la veille du décompte électoral ? Cette destruction délibérée d’évidences et preuves potentielles relève d’actes criminels. QUI a ordonné de telles décisions ? QUI sont ceux qui ont obtempéré ? QUAND seront-ils interpellés ?

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Rama Sithanen (l’express, 28/10/2026) a éminemment raison en suggérant qu’une route régionale peut attendre, mais que notre pays a immédiatement besoin de résoudre son problème d’eau ! Sa suggestion ? Réallouer les Rs 10,8 milliards réservées pour la M4 pour, le plus rapidement possible, assurer notre sécurité hydrique. Il faudra en faire un usage totalement efficient, bien sûr ! Peut-être même devrait-on confier ce budget à une agence extérieure, autre que la Central Water Authority (CWA), qui serait payée sur des résultats prédéfinis ?

Un petit système de désalinisation (100 m³ p. j.) peut coûter 400 000 euros (Rs 21 millions) et le prix de l’eau produite tournerait entre 80 et 265 roupies/m³. Un système industriel coûte une fortune et produit de l’eau à entre 26 et 80 roupies/ m³. La CWA vend le m³ à Rs 14 alors que ça lui coûte Rs 24 avec 60 % de perte. À 30 % de perte, le coût de production baisse à Rs 13,92/m³. Priorité claire : réduire les fuites ! Pas désaliniser !

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Thomas L. Friedman n’est pas n’importe qui. Ma première rencontre avec ses écrits remonte à la publication de Hot, Flat and Crowded, en 2008 ; un livre qui popularisait l’idée qu’il fallait changer l’emphase du monde de l’IT à l’ET (Environmental Technology), s’éloigner des hydrocarbures polluants, rechercher l’efficience énergétique et mieux protéger la nature. Le documentaire de 2006, An Inconvenient Truth, qui racontait les désastres qui nous attendaient avec le réchauffement de la planète, présenté prophétiquement par Al Gore, l’avait précédé et convaincu. C’était il y a 20 ans. Nous avons fait du chemin depuis, même si pas assez, à cause de l’arrièregarde opposée, constituée du lobby pétrolier et des politiciens qui boivent à cette source, comme Donald Trump.

Mais M. Friedman pense que nous confrontons encore pire ces jours-ci avec l’IA, qu’il déclare n’être rien de moins que le 2ᵉ Big Bang de la planète ! Dans une vidéo marquante (*), il suggère que si le 1ᵉʳ Big Bang débutait il y a 13,8 milliards d’années, grâce au «Créateur», le deuxième vient d’être lancé par l’espèce humaine elle-même !

Devant la menace, brandie par Sam Altman, patron d’OpenAI, et d’autres, que l’humanité puisse disparaître rapidement aux mains de l’IA, le défi est tel, pense Friedman, que la seule manière de se défendre comme espèce, c’est d’apprendre à faire corps, à détoxifier nos raisonnements, à détribaliser nos instincts les plus enfouis, à une vitesse et à une échelle que nous n’avions jamais contemplées dans le passé. Il reconnaît que cet objectif est extrêmement difficile, que le changement est radical, mais il postule fortement que, sans cette nouvelle mentalité, nous allons droit vers un monde de souffrance.

Sa réflexion tient essentiellement au fait que ce second Big Bang nous a rendus quasi divins de sept manières différentes et que ce n’est pas sans conséquence pour l’espèce humaine…

Avec l’IA, nous avons créé une cervelle artificielle supérieure à celle que la nature nous a donnée. Nous avons donc déconnecté l’intelligence de la biologie humaine. On a joué à Dieu ! Nous avons aussi créé un système nerveux planétaire où nous sommes tous quasiment interconnectés et où nous pouvons tous donc nous entendre, au moins «murmurer».

Troisièmement, nous sommes la première espèce vivante à avoir changé le climat. C’est du quasi-divin aussi. Quatrièmement, selon Friedman, dans la galaxie du cyberespace qui nous relie tous, personne n’est en charge et tout s’y passe ! Cinquièmement, cela fait un bout de temps déjà que nous fissurons l’atome. Résultat ? Tout le monde en veut, autant sous sa forme utile que destructrice, et l’arme nucléaire peut maintenant, de Kim à Donald, de Xi à Bibi, aider à détruire la planète, comme le dieu de l’Ancien Testament pouvait le faire.

Nous avons tellement appris à l’IA, notamment à travers le deep learning, que cela nous ouvre désormais la porte à comprendre les mystères de l’univers qui n’étaient, précédemment, qu’à mettre au compte d’un être suprême….

Et finalement, dans cinq, dans 10, peutêtre dans 15 ans d’ici, il faut prévoir la convergence du quantum computing, de la fusion nucléaire et de l’IA, ce qui nous permettra de créer n’importe quoi du niveau moléculaire jusqu’aux architectures biologiques les plus compliquées. Friedman suggère que ce sera le moment d’une deuxième Genèse, mais que si nous pourrons ouvrir la mer Rouge, nous n’aurons pas dix commandements pour nous guider ; sauf mise en commun par notre espèce et mise en place de garde-fous appropriés, y compris entre Chinois et Américains. Tout le monde ne sera pas nécessairement d’accord avec l’approche Friedman. Mais sa réflexion est suffisamment provocante pour mériter la nôtre…

En attendant, Radical Numerics, une startup utilisant l’IA, annonçait avoir créé, grâce à l’IA, de nouveaux virus pouvant détruire des bactéries mortelles résistantes aux antibiotiques. Bien ! Elle se disait, par ailleurs, consciente des dangers de pouvoir ainsi déclencher une nouvelle pandémie grâce à ses nouveaux virus. Des tests cliniques ont été autorisés par la Food and Drug Administration (FDA) américaine, qui agit sous la responsabilité du secrétaire au département de la Santé et aux Services sociaux, Robert F. Kennedy Jr., lui-même un drôle de bonhomme ! C’est un anti-vax, toxicomane à l’héroïne pendant 14 ans, friand de théories complotistes et intoxiqué au mercure dans le passé. Dans une procédure de divorce datant de 2012, il était révélé, de plus, que des médecins avaient diagnostiqué qu’un ver «était entré dans son cerveau, en avait rongé une partie et en était mort».

Ça passe ? Ou ça va casser ?

(*) https://www.youtube.com/watch?v=MJDM8L8wTBk

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