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États-Unis
Diplomatie mondiale : le G20 à l’épreuve des rivalités internationales
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Diplomatie mondiale : le G20 à l’épreuve des rivalités internationales
■ Le site de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 à Atlanta, jeudi.
Réunis à Atlanta, en Géorgie, d’hier à aujourd’hui, les chefs de la diplomatie des principales puissances mondiales tentent de préserver le dialogue dans un contexte international particulièrement explosif.
Les États-Unis accueillent une réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 sous la présidence du secrétaire d’État américain, Marco Rubio. Cette rencontre intervient à un moment où les crises internationales se multiplient et où les grandes puissances peinent à trouver des terrains d’entente. De l’Ukraine à l’Iran, en passant par les tensions commerciales et la sécurité énergétique, Marco Rubio a l’ambition de replacer les priorités économiques au cœur du G20. Mais les divergences entre Washington, Moscou, Pékin et leurs partenaires risquent de limiter la portée des discussions.
L’objectif affiché par l’administration de Donald Trump est de préparer le prochain sommet des dirigeants du G20, prévu les 14 et 15 décembre à Miami, en Floride. Washington souhaite recentrer les travaux de cette organisation sur sa vocation économique initiale, en privilégiant la croissance, la sécurité économique, l’énergie et les échanges commerciaux. Pour la Maison Blanche, les questions de sécurité internationale et de prospérité économique sont désormais indissociables. Les discussions portent entre autres sur les perturbations des chaînes d’approvisionnement, la sécurité alimentaire, l’accès aux ressources énergétiques et la liberté de navigation sur les principales routes maritimes mondiales. Le détroit d’Ormuz, la mer Rouge, la mer Noire et la mer de Chine méridionale figurent parmi les zones stratégiques sous surveillance. Les tensions autour de ces passages maritimes entraînent des conséquences directes sur les marchés pétroliers et le commerce international.
Lavrov, une présence qui dérange
La participation du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, constitue l’un des enjeux diplomatiques de cette réunion. Sa présence à Atlanta, alors que la guerre en Ukraine se poursuit, risque de susciter de vives réactions parmi les représentants occidentaux. Le président américain a également invité Vladimir Poutine au sommet de Miami en décembre, sans avoir encore obtenu de confirmation de sa participation. Cette ouverture envers Moscou intervient alors que les relations entre Washington et plusieurs capitales européennes restent fragiles sur le dossier ukrainien. La Chine est représentée par son vice-ministre des Affaires étrangères, Ma Zhaoxu, tandis que la France est présente avec Jean-Noël Barrot. Le Brésil est représenté par Mauro Vieira. L’absence de l’Afrique du Sud constitue un autre point de friction. Pretoria, qui avait assuré la présidence du G20 en 2025, n’a pas été conviée aux réunions organisées par Washington. Cette exclusion intervient sur fond de tensions persistantes entre Donald Trump et les autorités sud-africaines.
Les discussions se déroulent également dans un climat d’inquiétude autour de l’Iran. Selon le Wall Street Journal, Washington aurait demandé à plusieurs pays du Golfe de se préparer à une éventuelle nouvelle campagne militaire après les élections américaines de mi-mandat, prévues le 3 novembre. Parallèlement, les efforts diplomatiques visant à relancer les négociations entre la Russie et l’Ukraine restent au point mort. Une nouvelle rencontre entre les représentants des deux pays et les États-Unis pourrait être organisée en novembre aux Émirats arabes unis, mais Washington n’a pas encore confirmé cette perspective.
Au-delà des déclarations officielles, la réunion d’Atlanta constitue donc un véritable test pour la diplomatie américaine. Faute de consensus entre les membres, aucune déclaration finale commune n’est attendue. Washington devrait plutôt présenter ses propres conclusions à l’issue des échanges. Le rendez-vous de Miami, en décembre, permettra de mesurer si les États-Unis sont capables de transformer cette présidence du G20 en instrument d’influence économique et diplomatique, dans un monde de plus en plus fragmenté.
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