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Carnet de bord
Réforme des institutions : Le Forum de Xiong’an s’achève sur un plan d’action et plus de 450 propositions
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Réforme des institutions : Le Forum de Xiong’an s’achève sur un plan d’action et plus de 450 propositions
■ Wu Ken, président du «Chinese People’s Institute of Foreign Affairs» (CPIFA), et Zou Xiaoli, vice-président, lors de la présentation du bilan du «Global Governance Forum» à Xiong’an New Area, le 25 octobre. (Photo : Olivia Edouard)
Dans un paysage international marqué par la quête de nouveaux équilibres, les réflexions sur la réorganisation des institutions multilatérales cherchent à se traduire par des agendas ciblés et des mesures concrètes. C’est ce qui a été formalisé lors de la conférence de presse de clôture du Global Governance Forum 2026, organisée le 25 octobre à Xiong’an New Area, dans la province du Hebei, par le Chinese People’s Institute of Foreign Affairs. Présidée par le président de l’organisme, Wu Ken, aux côtés de son vice-président, Zou Xiaoli, cette intervention a marqué le terme de trois journées de travaux réunissant près de 360 participants venus de plus de 90 pays. L’événement s’est conclu par la publication du document de cadrage Global Governance: Xiong’an Vision et le recensement de plus de 450 propositions visant à adapter le fonctionnement des instances internationales.
Face aux médias locaux et internationaux, Wu Ken a structuré le bilan de la rencontre autour de quatre axes stratégiques. Le premier souligne la recherche d’un consensus autour d’une meilleure représentativité des pays du Sud global, soutenue par le message écrit du président Xi Jinping et la présence marquée de nombreuses délégations. Le deuxième pilier repose sur le passage à l’action opérationnelle, incarné par les huit mesures concrètes présentées lors de la cérémonie d’ouverture par le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, dans le cadre de la Global Governance Initiative.
Huit engagements sur la table
Ces engagements comprennent la tenue d’une réunion des dirigeants de l’Asia-Pacific Economic Cooperation, l’approfondissement des réformes onusiennes, le renforcement du Groupe des amis de la gouvernance mondiale, l’appui à l’accord sur la biodiversité marine, la réforme de la gouvernance internationale des droits humains à travers un atelier sur les droits économiques et sociaux, la publication d’un document de position sur la gouvernance de l’espace extra-atmosphérique, la présentation d’un rapport d’étape sur le renforcement des capacités en intelligence artificielle, ainsi que la création d’un Global Governance Research Center chargé d’élaborer un indice annuel. Le troisième axe met en valeur les visites d’étude organisées au Smart City Innovation Center de Xiong’an New Area, où les choix de planification urbaine et d’innovation technologique ont servi de cas pratiques aux délégations. Le dernier point vise à établir des réseaux de coopération pérennes reliant les différentes éditions du forum dans la durée.
Les débats en séance plénière ont été l’occasion d’analyser plusieurs déséquilibres au sein des organismes internationaux actuels. Le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), Barham Salih, a rappelé que 117 millions de personnes sont actuellement déplacées et que 70 % d’entre elles sont accueillies par des pays à revenu faible ou intermédiaire. Dans le cadre du 75ᵉ anniversaire de la Convention de 1951, il a rappelé l’objectif «50by35» de l’UNHCR, qui ambitionne de réduire de moitié le nombre de réfugiés dépendant d’une aide humanitaire prolongée d’ici 2035, en misant sur l’autonomisation et des solutions de retour durables.
L’écart entre le poids économique des pays émergents et leur place dans les processus décisionnels financiers a été chiffré par l’ancien Premier ministre du Kirghizistan, Joomart Otorbaev. Ce dernier a relevé que la part du Nord global dans le PIB mondial est désormais passée sous la barre des 50 %, alors que les droits de vote au Fonds monétaire international (FMI) demeurent encadrés par des règles définies en 1945. Il a rappelé que les États-Unis disposent de 16,49 % des droits de vote – leur octroyant une capacité de blocage sur les réformes majeures – et que les nations occidentales en détiennent plus de la moitié.
L’expert indépendant de l’Organisation des Nations unies, Giorgos Katrougalos, a appuyé ce constat en rappelant que les pays développés disposent, en moyenne, de 185 fois plus de voix au FMI que les pays les moins avancés. Par ailleurs, l’ancienne présidente du Népal, Bidhya Devi Bhandari, a plaidé pour une prise en compte accrue des réalités climatiques qui touchent les nations vulnérables de la région himalayenne.
Les enjeux de la transition numérique ont également constitué un sujet de réflexion central. Le fondateur du Forum économique mondial, Klaus Schwab, a estimé que l’entrée dans «l’ère intelligente» se fera au cours de la présente décennie. S’appuyant sur les travaux de l’Organisation de coopération et de développement économiques et du World Economic Forum, il a indiqué qu’au moins 25 % des emplois feront l’objet de restructurations ou de suppressions sous l’effet de l’intelligence artificielle, plaidant pour l’instauration de règles de sécurité et de mécanismes de formation continue.
Le secrétaire général adjoint des Nations unies, Guy Ryder, a rappelé, pour sa part, les orientations du Pact for the Future et de l’initiative UN 80, insistant sur la nécessité d’attribuer un siège permanent au continent africain au sein du Conseil de sécurité des Nations unies. Quant à l’ancien diplomate égyptien Hany Selim, il a encouragé l’utilisation d’outils régionaux, à l’image de l’African Peer Review Mechanism, pour appuyer la modernisation des administrations et la conduite des politiques publiques.
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