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Construction sur le littoral

La Preneuse : le mur qui ravive la bataille autour de l’accès à la plage

30 octobre 2026, 09:30

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La Preneuse : le mur qui ravive la bataille autour de l’accès à la plage

Un mur en pierre situé à proximité de la plage de La Preneuse suscite de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Alors que des interrogations émergent sur l’accès du public au littoral et les autorisations entourant cet ouvrage, le ministre des Terres, Shakeel Mohamed, assure que le dossier a été vérifié et que les autorisations nécessaires ont été obtenues. Il affirme toutefois que la question de l’accès aux plages demeure une priorité du gouvernement.

Une photo relayée et abondamment commentée sur les réseaux sociaux a relancé le débat sur l’accès à la plage de La Preneuse. Parmi ceux ayant soulevé la question figure la députée Joanna Bérenger. Elle s’est interrogée sur le passage désormais disponible pour le public, estimant que le mur aurait pour effet de bloquer l’accès au littoral.

«Où est-ce que le public est supposé passer maintenant que ce développeur a envahi toute la plage ?», a-t-elle demandé, tout en s’interrogeant sur l’obtention d’un permis Environment Impact Assessment pour ce «sea wall», conformément à l’Environment Act 2024.

Interrogé à ce sujet lors de la remise des clés à 18 familles bénéficiaires du Rent-to-Own Scheme, à Pointe-aux-Piments, Shakeel Mohamed a apporté des précisions sur le dossier. Le ministre affirme que l’accès du public aux plages constitue l’une des priorités de son ministère. Il rappelle avoir effectué une visite à La Preneuse au cours de cette année et indique qu’une démarche visant à identifier et à rouvrir les accès au littoral est en cours. «Il y a des places où les accès étaient bouchés e**t nous les avons débouchés. Le processus continue car nous voulons que les accès se poursuivent», explique-t-il.

Deux autres accès, situés dans le nord, devraient être libérés. Selon le ministre, des murs en pierre construits à certains endroits empêchent actuellement le passage. «L’objectif du gouvernement et de mon ministère est de donner l’accès à la plage», insiste-t-il.

Concernant spécifiquement le mur de La Preneuse, Shakeel Mohamed affirme avoir étudié le dossier. Selon les documents en sa possession, le terrain fait l’objet d’un bail accordé depuis plusieurs années, soit bien avant l’arrivée du gouvernement actuel en 2024.

Le dossier ferait également état de l’existence antérieure du mur. Le détenteur du bail aurait sollicité l’autorisation du ministère de l’Environnement afin de réhabiliter l’ouvrage existant. Une autorisation aurait été accordée le 5 novembre 2024.

Le passage, un casse-tête juridique

Le ministre précise que ses officiers ont effectué des vérifications sur place afin de déterminer si le mur avait été construit conformément aux procédures, en particulier s’il disposait d’un Building and Land Use Permit (BLUP), délivré par le conseil de district. «Ils ont vu que le District Council a octroyé le BLUP», affirme Shakeel Mohamed. Le ministère de l’Environnement aurait également accordé son autorisation le 5 novembre 2024.

La Planning Division du ministère des Terres aurait, elle aussi, été consultée. Selon le ministre, aucune objection n’a été formulée, à condition que l’ouvrage reste dans les limites du terrain loué. Un relevé effectué par les officiers aurait confirmé que le mur se trouve bien à l’intérieur de ces limites. Reste toutefois la question de l’accès au littoral. Le ministre souligne que l’érosion du sable et la montée du niveau de la mer ont progressivement réduit l’espace disponible.

Pour Shakeel Mohamed, le problème est désormais aussi juridique. Peut-il contraindre le détenteur du bail à accorder un droit de passage au public ? Sa réponse est négative dans le cadre légal actuel.

Une acquisition forcée pourrait être envisagée, mais elle nécessiterait une compensation financière au détenteur du terrain. Une telle décision pourrait également créer un précédent pour d’autres terrains faisant l’objet de baux. «Et qui va payer cela ? Ce sont les contribuables», fait ressortir le ministre.

Il revendique ainsi une approche pragmatique, malgré les attentes exprimées sur les réseaux sociaux. «Il est bien d’être très romantique, il est bien de donner des idées et d’être idéaliste, mais en tant que ministre, j’ai une autre logique», affirme-t-il, rappelant que son action doit tenir compte des avis légaux.

Sur la question du High Water Mark et de la bande des 30 mètres, Shakeel Mohamed précise que ces dispositions concernent surtout les nouvelles constructions et doivent être appliquées en fonction du Planning Policy Guidance (PPG) en vigueur au moment des travaux. Dans le cas présent, soutient-il, le mur existait avant l’entrée en vigueur du PPG actuellement évoqué.

Le ministre appelle enfin à ce que les réactions autour de ce dossier restent mesurées, condamnant avec force tout commentaire à caractère communal.

À La Preneuse, le débat reste donc entier : entre accès public au littoral, droits liés aux baux, érosion côtière et contraintes légales, la question est désormais de savoir comment garantir l’accès à la plage sans créer de précédent financier pour l’État.

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