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Logement
Un toit pour reconstruire sa vie : dix familles accèdent à la propriété
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Un toit pour reconstruire sa vie : dix familles accèdent à la propriété
Priscilla Peryannan est passée des larmes au sourire en recevant la clé de sa maison à Henrietta. Elle se trouve ici en présence du ministre Ashok Subron et du «junior minister» Kugan Parapen.
Dix familles ont reçu les clés de leur logement dans le cadre du programme NHDC 10 %, lors d’une cérémonie organisée hier à la résidence Iris 2, à Henrietta. Derrière ces clés, des années d’attente, des revenus modestes et l’espoir de bâtir un avenir plus stable. Pour le ministre de l’Intégration Sociale, Ashok Subron et du junior minister, Kugan Parapen, cette initiative rappelle l’urgence de placer le logement au cœur de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.
Un trousseau de clés dans les mains, les yeux embués de larmes, Priscilla Peryannan peine à contenir son émotion. Pour cette nouvelle propriétaire, ce moment représente bien plus que l’acquisition d’une maison. Il marque la fin de longues années d’attente et d’incertitude quant à la possibilité d’offrir un toit à ses enfants.
Comme elle, neuf autres familles ont franchi cette étape dans le cadre de ce programme NHDC 10 %, au cours d’une cérémonie organisée par le ministère de l’Intégration sociale, en collaboration avec la National Empowerment Foundation (NEF).
Pour Ashok Subron, la question du logement est au cœur de son engagement social et politique. Il évoque son parcours au sein du mouvement pour le droit au logement, rappelant avoir déjà tenté de s’opposer à la démolition d’une maison à Camp-Chapelon. «La question du toit est centrale dans ma vision», souligne-t-il.
Les bénéficiaires de cette remise de clés illustrent, selon lui, la réalité de la précarité à Maurice. Plusieurs exercent des emplois occasionnels, travaillent comme femmes de ménage entre autres, avec des revenus qui ne leur permettent pas toujours d’obtenir un prêt bancaire.
Il cite le cas de mères de famille nombreuse, dont certaines élèvent six ou sept enfants. Entre les responsabilités familiales et l’absence d’un emploi stable, accéder à un logement devient un parcours semé d’obstacles. «Nous ne faisons rien d’extraordinaire. Nous donnons simplement à un Mauricien qui n’a pas les moyens d’acquérir un terrain et une maison la possibilité de retrouver sa dignité», fait-il ressortir.
Le dispositif Rent-to-Own, qui permet de louer un logement avant d’en devenir propriétaire, fait partie des pistes évoquées pour accompagner les ménages qui ne parviennent pas à obtenir un financement classique. Des discussions sont également en cours afin d’explorer une participation de la NEF à ce mécanisme. Ashok Subron insiste aussi sur la nécessité d’une mobilisation collective contre la pauvreté, en particulier à travers l’accès au logement, à l’éducation et à l’emploi.
Un toit, une nouvelle sérénité
Pour Kugan Parapen, cette remise de clés restera un moment marquant dans la vie des familles concernées. «Je connais des personnes qui ont attendu plusieurs années avant de devenir propriétaires de leur maison. Je pense qu’aujourd’hui restera un moment gravé dans leur vie», affirme-t-il.
Il rappelle que les logements concernés sont construits par la National Housing Development Company (NHDC), qui a conclu un accord avec la NEF afin de réserver une partie des unités aux bénéficiaires de cette dernière. Des discussions sont, en outre, envisagées avec le ministère du Logement concernant les maisons construites par la National Social Living Development Ltd (NSLD).
Le junior minister précise toutefois que ces logements ne sont pas offerts gratuitement : les bénéficiaires devront en assurer le paiement. Pour les familles concernées, l’enjeu dépasse la simple accession à la propriété. Il s’agit de pouvoir rentrer chez soi après une journée de travail, d’offrir un environnement stable à ses enfants et de se projeter enfin dans l’avenir.
À Henrietta, ces dix remises de clés rappellent que derrière les chiffres de la pauvreté se trouvent des parcours de vie, des sacrifices et une même aspiration : celle de disposer d’un toit et de vivre dignement.
Jean Marie Chatour : vingt ans de combat, enfin un toit à lui !

L’espoir n’aura finalement pas été vain. Après plus de vingt ans de démarches et de découragement, Jean Marie Chatour, cordonnier dont l’atelier se trouve sur la route menant à Pamplemousses, est enfin propriétaire d’un logement décent. Une victoire longtemps attendue, que cet homme accueille avec gratitude et émotion.
«Je tiens à remercier Dieu et lui rendre grâce d’avoir pu finalement obtenir une maison. Merci pour l’aide que chacun m’a apportée», confie-t-il, soulagé. Dans une de nos éditions de juin, nous avions raconté le calvaire de cet homme qui espérait, depuis des années, pouvoir accéder à un toit à lui.
«Cela faisait deux ans qu’on m’avait annoncé que j’allais bénéficier d’une maison dans la région de Pointe-aux-Piments. Je ne comprenais pas pourquoi cela avait pris autant de temps pour obtenir cette clé», explique-t-il.
Face à cette attente interminable, le Groupe Renaissance du Nord s’est mobilisé pour attirer l’attention des autorités sur sa situation. Pour son fondateur, Prakash Aubeeluck, le dossier de Jean Marie Chatour représentait un véritable défi.
Au fil des années, le cordonnier a connu des moments de fatigue et de découragement, au point de presque baisser les bras. Le groupe lui a alors apporté un soutien moral, physique et financier, l’accompagnant jusqu’à l’aboutissement de ses démarches.
Aujourd’hui, cette mobilisation porte ses fruits. Une histoire qui rappelle que, face aux épreuves, la solidarité peut contribuer à redonner espoir et dignité.
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