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Saisie de 1,5 tonne de cannabis et de haschich

Drogue et troubles d’octobre : des coïncidences stupéfiantes ?

29 octobre 2026, 12:00

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Drogue et troubles d’octobre : des coïncidences stupéfiantes ?

■ Le Dreamer battant pavillon thaïlandais.

Environ 1,5 tonne de cannabis et de haschisch d’une valeur de Rs 2,7 milliards, deux cargaisons présumées et un yacht venu de Thaïlande. L’enquête de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) et de la Maritime Intelligence Cell de la National Coast Guard soulève une question sensible : les troubles qui ont secoué plusieurs régions de Maurice ont-ils pu servir de diversion à des opérations de trafic de drogue ? Alors que sept ressortissants thaïlandais ont été arrêtés, les enquêteurs cherchent à identifier le commanditaire présumé, les relais locaux et les destinataires de la marchandise. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a évoqué la piste de trafiquants derrière ces tensions dans le pays.

Deux cargaisons, une même opération ?

L’affaire du yacht Dreamer prend de l’ampleur avec des informations faisant état de deux cargaisons présumées totalisant environ 1,5 tonne de cannabis et de haschisch. Selon les éléments recueillis, un yacht de location aurait emprunté un itinéraire reliant la Thaïlande à Maurice.

La Maritime Intelligence Cell et l’ADSU tentent de reconstituer les circonstances de l’arrivée de ce yacht dans les eaux mauriciennes. Le bateau aurait été fouillé par les garde-côtes au large de Baie-duTombeau. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer la provenance exacte de la marchandise, les conditions de son acheminement et l’identité des personnes chargées de la réceptionner. Les deux livraisons relevaient-elles d’une même organisation ? Étaient-elles destinées aux mêmes réseaux de distribution ? Autant de questions auxquelles les enquêteurs devront répondre en recoupant les dates, les déplacements du yacht et les communications des suspects.

Une coïncidence de calendrier ?

C’est l’une des pistes les plus sensibles du dossier. Les arrivées présumées de drogue auraient-elles coïncidé avec les troubles survenus du 13 au 19 octobre ? La simultanéité de ces événements soulève des interrogations sur la possibilité que des réseaux criminels aient profité du climat de tension pour faciliter leurs opérations. L’hypothèse avancée est celle d’une diversion : pendant que les forces de l’ordre étaient mobilisées dans plusieurs régions, des trafiquants auraient pu chercher à organiser la réception ou la distribution de ces stupéfiants. Mais cette possibilité doit encore être confrontée aux éléments matériels de l’enquête.

Le chef du gouvernement, Navin Ramgoolam, avait évoqué la piste de trafiquants de drogue derrière ces tensions qui ont secoué le pays. Il convient également d’établir si ces informations se rapportent directement au yacht Dreamer. Les enquêteurs devront notamment rechercher d’éventuelles communications, des mouvements financiers ou des contacts susceptibles de démontrer une coordination entre les organisateurs présumés du trafic et les personnes impliquées dans les troubles.

Un commanditaire local soupçonné

Qui a financé cette expédition maritime ? Qui a organisé le transport depuis la Thaïlande et quels contacts devaient prendre le relais à Maurice ? L’identification du commanditaire présumé constitue désormais un enjeu central. L’hypothèse d’un organisateur mauricien est évoquée dans les informations recueillies. Son identité et son rôle éventuel restent toutefois à établir. Les investigations visent à remonter la chaîne de responsabilités, depuis les personnes qui auraient financé le voyage jusqu’aux éventuels distributeurs locaux.

Sept ressortissants thaïlandais ont été arrêtés dans le cadre de cette affaire. Un huitième suspect aurait été interpellé le 27 octobre à l’aéroport international sir Seewoosagur Ramgoolam à Plaisance alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays. Les suspects seraient concernés par une enquête pour complot en vue d’importer des drogues dangereuses. Leur responsabilité devra être déterminée par la justice.

L’arrestation d’un membre des gardecôtes constitue un autre volet à éclaircir. Son éventuel rôle, les circonstances de son interpellation et les éléments susceptibles de le relier à l’expédition doivent être confirmés par les autorités compétentes.

Le yacht passé au crible

L’exploitation du yacht et des appareils électroniques pourrait apporter des réponses déterminantes. Les enquêteurs s’intéressent notamment aux photographies, aux échanges téléphoniques, aux documents de bord et aux données permettant de retracer les déplacements de l’embarcation. D’autres éléments permettraient-ils d’identifier les destinataires ou de confirmer l’existence de deux livraisons coordonnées ? C’est l’une des questions au centre des investigations.

L’analyse des documents et des communications devra notamment permettre de vérifier si les occupants du yacht étaient en contact avec des intermédiaires locaux et si les deux cargaisons répondaient à un plan commun. L’existence de preuves établissant l’identité du commanditaire reste à confirmer.

Une distribution déjà organisée ?

Les enquêteurs cherchent également à déterminer si une partie de la marchandise aurait été débarquée avant l’intervention des autorités ou si les deux cargaisons ont été réceptionnées à des moments différents. Des informations évoquent une possible répartition entre plusieurs destinataires, mais cette piste doit encore être corroborée. Les opérations menées dans plusieurs régions de l’île et les saisies effectuées pourraient aider à retracer le parcours des stupéfiants.

Au-delà des quantités saisies qui allaient être livrées, l’enjeu est désormais de reconstituer toute la chaîne logistique et financière de cette opération. Qui en a organisé l’acheminement ? Et les troubles survenus dans le pays ont-ils eu un quelconque rapport avec les livraisons présumées ?

Une descente chez Jagai et Appayah

Une équipe de l’ADSU a effectué une descente chez Ashik Jagai, ancien patron de la défunte Special Striking Team, et chez l’homme d’affaires Wendip Appayah lundi 26 octobre. Cette opération n’a donné aucun résultat concluant. Un membre des gardecôtes a été arrêté dans cette affaire de saisie de 1,5 tonne de drogue. Les sept Thaïlandais seront traduits en cour de Port-Louis Nord aujourd’hui, de même que le capitaine du yacht.

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