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Affaire Kistnen : le deuxième téléphone portable retrouvé six ans après
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Affaire Kistnen : le deuxième téléphone portable retrouvé six ans après
■ Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a répondu à la PNQ du leader de l’opposition, Chetan Baboolall, sur l’enquête entourant la mort de Soopramanien Kistnen.
Après les tensions qui avaient marqué la séance parlementaire du mardi 20 octobre, l’atmosphère était nettement plus apaisée, hier, à l’Assemblée nationale. La Private Notice Question (PNQ), adressée au Premier ministre (PM), Navin Ramgoolam, par le leader de l’opposition, Chetan Baboolall, ainsi que la Prime Minister’s Question Time (PMQT), se sont déroulées sans les affrontements verbaux qui avaient caractérisé la précédente séance. Toutefois, cette relative tranquillité n’a pas empêché plusieurs révélations dans l’enquête sur la mort de Soopramanien Kistnen (plus connu sous le nom de Kaya), retrouvé sans vie en octobre 2020.
⚫ Environ Rs 5 millions versées aux experts britanniques
L’une des informations majeures concerne la découverte de son deuxième téléphone portable, resté introuvable pendant six ans. Selon Navin Ramgoolam, la victime possédait deux téléphones. Le premier avait été retrouvé sous son corps calciné. À l’époque, la police avait estimé que l’appareil, endommagé par le feu, ne contenait aucun élément exploitable. Pourtant, après son transfert à des experts à Londres, des données ont pu être récupérées.
Quant au deuxième téléphone, il n’avait jamais été retrouvé lors de l’enquête initiale. «Now six years later, the phone has been found», a déclaré le PM. Il a précisé que l’appareil avait été retrouvé par les experts britanniques et faisait actuellement l’objet d’analyses. Cette découverte pourrait constituer une avancée importante dans une enquête qui, six ans après les faits, n’a toujours débouché sur aucune arrestation.
«The enquiry is still ongoing»
Une réponse est revenue à plusieurs reprises au cours des questions supplémentaires : «The enquiry is still ongoing.» Le PM a régulièrement invoqué l’enquête toujours en cours pour justifier son refus de communiquer certaines informations, notamment sur les éléments médico-légaux recueillis et les résultats des expertises.
Interrogé par Chetan Baboolall sur l’examen des Kistnen Papers par un expert international en graphologie, Navin Ramgoolam a confirmé que cette expertise avait été effectuée, sans toutefois en révéler les conclusions. Selon lui, divulguer ces informations à ce stade risquerait de compromettre le travail des enquêteurs.
Le chef du gouvernement a également confirmé qu’aucune arrestation n’avait encore été effectuée dans cette affaire. Il a expliqué que les enquêteurs continuaient de découvrir des éléments matériels qui avaient été négligés lors des premières investigations.
Revenant sur les circonstances du décès, Navin Ramgoolam a rappelé les conclusions particulièrement sévères de l’enquête judiciaire menée par la magistrate Jugurnath. Celle-ci avait dénoncé de graves défaillances dans le travail de la police, qualifiant sa conduite d’«abhorrent» et évoquant un niveau d’incompétence exceptionnel.
Les experts britanniques sollicités par le gouvernement ont, selon le PM, confirmé que la mort de Soopramanien Kistnen n’était ni accidentelle ni suicidaire, mais résultait d’un homicide. Leur examen a également mis en évidence plusieurs lacunes dans l’enquête initiale. Des preuves essentielles recueillies sur les lieux n’auraient pas été conservées, certaines pistes n’auraient pas été explorées et plusieurs pièces à conviction auraient été négligées. Le PM a néanmoins reconnu que le temps écoulé et la disparition de certains éléments rendaient particulièrement difficile la reconstitution des circonstances exactes du décès.
Les honoraires versés aux experts britanniques s’élèvent jusqu’ici à 78 000 livres sterling, soit environ Rs 5 millions. Répondant à une question du député de l’opposition Joe Lesjongard, Navin Ramgoolam a précisé que ces enquêteurs étaient d’anciens membres de Scotland Yard recrutés directement, et non dans le cadre d’un accord officiel avec cette institution.
17 dépositions enregistrées
Concernant les Kistnen Papers, liés aux procédures d’achats d’urgence pendant la pandémie de Covid-19, le PM a indiqué que l’enquête était menée par le Central Criminal Investigation Department. À ce jour, 17 dépositions ont été recueillies auprès de 12 personnes. Il a également précisé qu’aucune enquête policière distincte n’était actuellement menée sur la première autopsie. Les conclusions du médecin présent sur les lieux et celles de l’expert médico-légal indépendant engagé par la veuve de Soopramanien Kistnen, qui avait conclu à un homicide par asphyxie, sont toutefois prises en considération dans l’enquête principale. Aucun dossier n’a encore été transmis au Directeur des poursuites publiques en vue d’éventuelles poursuites. Ce dernier a néanmoins été consulté et conseille la police pendant les investigations.
Images Safe City et données détruites
Autre volet soulevé lors des échanges : la disparition présumée d’éléments de surveillance. Interrogé sur les images des caméras Safe City couvrant la période du 16 au 18 octobre 2020, Navin Ramgoolam a affirmé qu’elles avaient été détruites. Il a ainsi remis en question une réponse donnée en août 2024 par son prédécesseur, selon laquelle la police avait sécurisé les enregistrements disponibles.
Le PM a également évoqué une opération massive d’effacement de données qui aurait été entreprise, selon ses informations, le 10 novembre, à 3 heures du matin, à la veille du décompte électoral. Il a avancé qu’environ 98 % des données contenues dans les disques auraient été supprimées. Les experts britanniques tenteraient actuellement de récupérer des fragments de ces informations, malgré la destruction du système d’exploitation et de son architecture.
Navin Ramgoolam a par ailleurs allégué que des journalistes enquêtant sur l’affaire Kistnen, des avocats, dont un ancien Attorney General, ainsi que des membres de familles figuraient parmi les personnes ciblées par une surveillance intrusive sous l’ancien régime. Enfin, interrogé sur d’éventuelles sanctions disciplinaires contre un médecin de la police critiqué dans le cadre du dossier, le PM a indiqué que des mesures avaient été envisagées, mais qu’il lui avait été demandé d’attendre l’issue de l’enquête avant d’agir.
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