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Crise de l’eau

Entre pertes financières des PME et ras-le-bol des habitants

27 octobre 2026, 18:00

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Entre pertes financières des PME et ras-le-bol des habitants

(Image générée par IA)

Des intérêts bancaires de Rs 210 000 par mois pour un investisseur immobilier, des clients qui suspendent l’entretien de leurs piscines et des activités de lavage automobile qui tournent au ralenti. Au-delà des difficultés d’approvisionnement, le manque d’eau et les délais liés aux autorisations de la Central Water Authority (CWA) auraient des répercussions économiques sur plusieurs secteurs. Des professionnels tirent la sonnette d’alarme.

Chaque mois d’attente alourdit la facture. Depuis février, un investisseur immobilier affirme toujours attendre les autorisations nécessaires de la CWA pour son projet de morcellement. Selon le représentant d’un groupe de promoteurs, les documents auraient été soumis depuis plusieurs mois, sans qu’une décision ne soit intervenue. «Le souci, c’est qu’il semble être devenu habituel que le Board prenne son temps pour valider les permis nécessaires à l’approvisionnement en eau. Cela peut prendre plus de huit mois et, franchement, cette situation n’est pas facile», déplore-t-il. Les promoteurs concernés craindraient désormais de devoir patienter jusqu’à l’année prochaine.

Pour l’un des investisseurs, les conséquences financières seraient déjà considérables. Il affirme devoir payer Rs 210 000 par mois en intérêts bancaires alors que son projet reste en attente. Son activité consiste à acquérir des terrains, à les morceler, puis à construire des logements destinés à la vente. «J’ai effectué les démarches auprès du Central Electricity Board et de la Wastewater Management Authority. En l’espace d’un mois, j’ai obtenu tous les permis. Mais je ne comprends pas pourquoi cela tarde autant à la CWA», s’interroge-t-il.

PME également sous pression

Mais les conséquences économiques du manque d’eau ne se limiteraient pas aux projets immobiliers. Pour certaines petites et moyennes entreprises (PME), les difficultés d’approvisionnement menaceraient directement les revenus et la fidélité de la clientèle. Stéphane Maurymoothoo, pisciniste, dit traverser une période particulièrement difficile. «Actuellement, je vis avec le stress. Il ne faut pas oublier que, comme beaucoup de personnes, j’ai des dettes. J’ai aussi des clients qui ont déjà suspendu l’entretien de leur piscine. Et cela touche presque toutes les régions de Maurice. Je ne suis pas le seul à me retrouver dans cette situation», explique-t-il.

Le problème affecterait également les petites entreprises de lavage automobile à domicile, dont l’activité dépend directement de l’accès à l’eau. L’une d’elles affirme voir sa clientèle diminuer face aux difficultés actuelles. «On a besoin d’une connexion à l’eau pour laver les voitures chez les clients. Mais, en ce moment, on ne peut pas se permettre de prendre de l’eau dans leur cour pour nettoyer leurs véhicules. Face à cette restriction, les clients ne viennent plus vers nous», témoigne un représentant de cette activité.

Appel au soutien de l’État

Stéphane Maurymoothoo affirme avoir sollicité à plusieurs reprises le ministre de l’Industrie, Aadil Ameer Meea, sans obtenir de réponse. Il plaide pour un soutien temporaire de l’État, qui permettrait aux petites entreprises de traverser cette période sans devoir contracter de nouvelles dettes. «On aurait souhaité obtenir un soutien de l’État pendant cette période, même à hauteur de 30 %, sans pour autant nous imposer une autre dette. Nous devons déjà faire face à l’augmentation du carburant et au coût de la vie», souligne-t-il.

Nous avons tenté, sans succès au moment de la rédaction, d’obtenir une réaction du ministre. Du côté de la CWA, son responsable de la communication, Sunil Gopal, précise toutefois que le conseil d’administration de l’organisme est «dûment constitué et opérationnel». Il apporte également une précision concernant le traitement des demandes liées aux projets de développement.

Celles-ci sont examinées par le Morcellement and Other Development Committee, un comité technique présidé par un Chief Engineer. «Ce comité étudie les demandes de morcellement et les traite au cas par cas, notamment en fonction de la nature du projet et de la demande en eau qui en découlera», explique-t-il.

Sunil Gopal indique que le comité se réunit régulièrement afin d’évaluer les différents projets de développement. Il reconnaît toutefois que les délais peuvent varier, compte tenu notamment du nombre de dossiers à examiner. Il assure que le comité «fera le nécessaire au plus vite» pour traiter les demandes en attente.

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