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«Festival Seggae Zwe»
Une célébration de paix
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«Festival Seggae Zwe»
Une célébration de paix
Cette musique née ici, portée par Kaya, résonne encore plus fort. Porteur d’un discours de paix et d’unité, le seggae est un vecteur de discours positif pour cultiver le vivre-ensemble. Le samedi 7 novembre au stade Anjalay Coopen, Live N Direk Entertainment présentera la troisième édition de son «Festival Seggae Zwe». Une plateforme pour garder cette sonorité vivante et puissante.
En temps de tension sociale, la musique a toujours été une alternative. «Enn remed pou tansion», comme le chante Bilygane. Après les heures noires de ces dernières semaines, il faut inonder notre île de vibrations positives. Et c’est sur cette vague que le seggae veut transporter son île natale. «Aujourd’hui, The Prophecy, Sayaa, Vergino, Jonas, Bilygane et toute une nouvelle génération prennent le relais, faisant résonner le seggae avec leur propre identité. Le seggae est plus qu’une musique. C’est un héritage qui continue de vivre, porté par cette volonté de garder la flamme allumée, et de faire résonner ses couleurs encore et toujours», souligne Kenny Raya de Live N Direk Entertainment.
■ Sayaa.
⚫ La nouvelle scène
Bilygane, The Prophecy et Sayaa sont la jeune garde du seggae. «Music is the healing of the nation», chante Sayaa, comme une option pour apaiser un peuple en colère. Cette manifestation veut être la célébration d’une musique, tout en ouvrant la porte vers la solidarité mauricienne pour cultiver l’unité et la paix qui caractérisent notre nation multiculturelle. «Seggae se nou, se twa, se mwa… se nou lamzik, parey kouma sega. Seggae amenn lamour, lape, linite dan nou tizil», expose Bruno Raya, fondateur du festival.
Il est important pour les organisateurs de faire de la place pour toutes les générations du seggae. Ceux qui sont là depuis le premier jour (ils sont peu aujourd’hui) et la nouvelle scène. «Il faut faire de la place aux jeunes qui font du seggae. Cela a toujours été la philosophie du Festival Seggae Zwe. Promouvoir les artistes qui font du seggae. C’est pour cela que lors du concert, les artistes ne vont produire que de la seggae music only. Le but est de proposer plus de six heures de seggae non-stop», explique Bruno Raya.
■ OSB Crew.
⚫ Discours de paix
«Nous nous attendons à avoir beaucoup plus de monde pour ce troisième volet. Nos artistes se préparent pleinement pour l’événement. Chacun essaiera de transmettre un message fort à travers le seggae», souligne Bruno Raya. Depuis sa naissance, le seggae du rebelle dénonce les maux d’un pays pour soigner ses plaies. Comme le reggae, son discours converge vers la paix. «Nous sommes les messagers de vérité. Même si la vérité blesse, il faut le dire haut et fort. On doit lutter pour un lendemain meilleur et pour arriver à cela, il faut avoir le courage de le dire, et de changer les choses qui sont néfastes pour notre paix et notre harmonie sociale. Le seggae a cette mission», observe Bilygane.
■ Bilygane.
⚫ Réveil
De Kaya à Bilygane, le seggae reste une musique de contestation sociale et humanitaire. Comme le soulignait feu Ras Natty Baby : «C’est avant tout une music of protest. Une musique née après l’Indépendance, au sein d’une nation souveraine, où une partie de la population s’est retrouvée lor bor koltar. Le seggae, c’est une protestation, pour réveiller les consciences. Faire entendre la voix des sans voix.»
■ The Prophecy.
Cette édition de Seggae Zwe sera aussi une occasion de rendre hommage aux pionniers du seggae qui sont partis, avec une pensée spéciale pour Ras Natty Baby ainsi que Neville Celerine (bassiste de Natir Chamarel). «Nou bizin pa bliye bann seki inn donn lafors lamizik seggae. Bann fondater mouvman seggae. Inportan rann zot homaz», dit Bilygane. Il est important, souligne Kenny Raya, de rendre hommage aux grand noms de seggae qui ne sont plus parmi nous. «On invite les amateurs du seggae à venir soutenir la musique, les artistes et le mouvement du seggae. C’est notre héritage musical.»
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Demandez le programme !
Plus de six heures de live music. Avec un plateau de 17 artistes locaux. Défenseurs et ambassadeurs du seggae, des pionniers à la jeune garde. Bilygane, Sayaa & The Herbalist, The Prophecy, Man and The Positive Vibration, Roots Blakarol, Spliff Roots, OSB Crew, Tian Corentin, Ras Minik, Natty Jah, Tii Dams, Vergino, Jamily Jeanne, Arnaud Gukhool, Jonas & The Roots Level Band, Ras Ninin et Zenerasyon Natir Chamarel. L’animation sera assurée par Bruno Raya et Guy Blanko (photo). Les billets sont en vente à travers le Rezo Otayo et sur la plateforme digitale NouBiye.com. La porte sera ouverte à partir de 17 heures. Les billets seront aussi disponibles à la porte le jour du concert au stade Anjalay Coopen.

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Sur la liste des patrimoines de l’UNESCO !
Le 21 février 2022, le seggae a eu sa reconnaissance nationale avec la proclamation officielle de cette musique. Cette date fut ainsi déclarée Seggae Day, donnant à cette sonorité un statut culturel et musical important, plus de 35 ans après sa création sur le sol mauricien. Depuis, il y a eu des concerts, des débats, des émissions radio, des singles pour célébrer avec faste l’héritage de Kaya. Pour garder le seggae vivant et vibrant. Joseph Réginald Topize a marqué, en gras, son nom au panthéon de ceux qui ont contribué à l’émancipation de la musique d’ici.
Comme le sega, le seggae est une musique d’ici qu’il faut conserver et valoriser. Et il est grand temps, aujourd’hui, de passer à une autre étape dans la consécration du seggae. Avec la nomination de Jasmine Toulouse, déléguée permanente désignée de Maurice à l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), la discussion a été entamée pour travailler sur l’inscription du seggae comme patrimoine immatériel de l’UNESCO. Un chantier ambitieux mais réalisable. Il y a une volonté politique de travailler sur ce dossier avec une nouvelle inscription pour Maurice. Une démarche légitime et louable de par son impact dans le paysage musical d’ici et d’ailleurs.

Le seggae est devenu la musique d’un peuple, mais aussi du monde. Cette fréquence résonne à travers le globe. Nos seggaemen (OSB Crew, The Prophecy, Blakkayo, Ras Ninin, Sayaa) s’exportent sur les grosses scènes reggae. L’océan Indien se laisse bercer par ce mélange de sonorités jamaïco-mauriciennes. Des artistes francophones (Zaz, Marcus Gad) surfent sur les rythmes de Kaya. Le projet Kingston Seggae a posé les bases pour une vraie collaboration musicale Maurice-Jamaïque. L’action pédagogique et culturelle Seggae Dan Lekol, atelier-concert dans le milieu scolaire pour la promotion du seggae, est une initiative à soutenir et à renforcer.
Si l’afrobeat d’Afrique envahit les charts de la planète, ce n’est pas sans qu’il y ait eu une action commune des acteurs pour donner les moyens à ce que cela arrive. Et le résultat est son rayonnement et sa place sur le marché mondial. Notre seggae peut prétendre à s’exporter et à se vendre sur d’autres frontières, si les moyens pour soutenir la détermination de ses ambassadeurs passent de l’intention à l’action par les décideurs. Comme le disait crûment feu Marclaine Antoine : «Ena tou seki bizin, zis kas.. kas!»
Pas un acquis politique, mais un héritage culturel. Pas un trésor étatique, mais une richesse nationale. Ne faisons pas du seggae un argument politique, une coloration partisane, mais une mélodie de fraternité et de paix comme le chantait Kaya. «Sa mo lamizik sega ki mo pe fer li seggae… pou liberasion mantalite.» Seggae for my people. Symbole de fierté d’une nation, cette musique doit devenir un élément unificateur. Sans distinction, dans un élan de célébration. «Sa mo lamizik seggae si to le leve danse.» Avancer dans une avenue de lumière est le plus grand hommage qu’on puisse rendre au père du seggae. Pour ne jamais oublier l’homme-martyr qu’il a été le 21 février 1999. Une page d’histoire sombre, certes, mais qui nous dirige vers Sime lalimier ! Et qui aura le courage de poser ce dossier sur la table pour une inscription à l’UNESCO sur la liste du patrimoine culturel immatériel ?
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«Seggae Day 2026» : Lenteur ministérielle

Depuis la prise du pouvoir de ce nouveau gouvernement, il y a une volonté de changer la date du Seggae Day pour un jour plus symbolique, notamment le 9 décembre, date de la première cassette de seggae de Kaya. Des consultations et des rencontres ont eu lieu depuis plus d’un an avec le ministère des Arts et de la culture et des artistes ainsi que la famille de Joseph Réginald Topize. Mais à ce jour, aucune décision, à quelques semaines du 9 décembre, aucun signe du ministre. Pourtant, toutes les parties sont tombées d’ac- cord sur la date depuis des mois. La lenteur étatique touche encore plus les décisions culturelles. Ce dossier confié à l’ex-junior minister Véronique Leu-Govind a disparu des radars, surtout depuis la démission de cette dernière de son poste.
Le Cabinet prendra très bientôt une decision, selon le ministère des Arts.
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