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Prévention des risques
Réchauffement climatique et catastrophes naturelles
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Prévention des risques
Réchauffement climatique et catastrophes naturelles
■ 3 octobre 2014. Scène surréaliste sur le front de mer de la capitale. (Photo d’archives)
Au moment où la situation sociale se détériore, où la situation géopolitique mondiale laisse présager une bataille destructrice entre de nombreux pays qui peuplent notre Terre, la saison des grands vents d’été apparait, encore lointaine, au nord de Maurice. Allons-nous subir dans les mois qui viennent les furieuses attaques d’El Niño et La Niña, éléments catastrophiques prédominants pour affecter notre climat et les conditions de notre vie à Maurice ?
Le moment est propice pour examiner où nous en sommes concernant notre action pour combattre le réchauffement climatique, qui reste notre problème majeur pour survivre dans les années à venir. Le réchauffement n’a pas de saison et se maintient tout au long de l’année, alors qu’El Niño et La Niña ne font leurs apparitions et leurs dommages impressionnants que périodiquement.
La Terre, c’est le bien commun de tous les pays de cette planète, car sans elle nous n’existerions pas. Nous ne pourrions pas être ses habitants si les conditions de vie à Maurice devenaient impossibles, comme c’est le cas sur d’autres planètes. Il est donc d’importance capitale que nous maintenions et augmentions notre action contre le réchauffement climatique, car, ne l’oublions pas, l’augmentation de la chaleur au-dessus d’un certain seuil peut engendrer une canicule impressionnante et causer la mort. C’est le niveau élevé de CO2 que nous rejetons dans l’espace qui est la cause principale de notre problème de réchauffement. La lutte contre le réchauffement couvre l’ensemble du pays et ruisselle sur l’ensemble de nos activités agricoles, industrielles, financières et sociétales.
Puissance divine ?
Pendant longtemps nous avons cru que le climat et les catastrophes naturelles étaient le produit de la puissance divine, que nous ne pouvions en aucun cas contrôler et combattre. Or aujourd’hui nous avons acquis une connaissance scientifique précise et étendue de tous ces phénomènes et nous savons exactement quelle est leur puissance destructive. En octobre 2021, deux scientifiques, Syukuro Manabe (Japon) et Klaus Hasselmann (Allemagne), ont été couronnés du prix Nobel de physique, pour leurs travaux conjoints de «modélisation du climat de la Terre, de quantification de la variabilité et de prévision du réchauffement planétaire». De son côté, le GIEC, qui depuis plus de trente ans étudie le changement climatique, a établi pour la première fois un lien entre les catastrophes naturelles et physiques et le réchauffement en cours, lien pas prouvé jusqu’ici.
Nous nous trouvons donc ainsi dans une situation où nous avons à combiner notre action contre non seulement le réchauffement mais également contre la furie des éléments dévastateurs du feu, de l’eau, du vent, de la puissante mer. Il faut agir. Il ne suffit pas d’avoir une bonne connaissance et une bonne description des risques attendus mais de mettre en place une stratégie de défense active, préventive, contre les dommages possibles. Il faut anticiper, surtout prévenir, là où c’est possible. Il faut surtout, comme expliqué par Jean-Pierre Dupuy dans son livre Petite métaphysique des tsunamis, «savoir que la menace (de catastrophes ou de réchauffement) n’incite personne à agir, parce que nous ne croyons pas ce que nous savons, parce que nous n’arriverons pas à nous représenter les implications de ce que nous savons».
Cette mentalité doit changer, ne serait-ce que parce que l’impact financier combiné du changement climatique et des catastrophes naturelles et physiques est extrêmement lourd pour notre pays. Utilisant les seules statistiques solides existantes (2015) la situation globale des pays de la Commission de l’océan Indien (COI, sans La Réunion) démontre qu’en totalité les pays de la COI ont perdu au moins $17,2 milliards en infrastructures et investissements agricoles de 1980 à 2013, en moyenne $430 millions chaque année. Les outils (hazard data, exposure data et vulnerability data), mis à notre disposition en 2018 par les équipes de la Banque mondiale et de l’UNISDR dans le programme COI «ISLANDS» pour la protection financière contre le changement climatique et les catastrophes naturelles peuvent aider à prévoir les risques les plus importants et les zones les plus vulnérables à protéger et déterminer les zones de secours essentielles, post-catastrophe. Ces actions gagneraient à être entreprises en collaboration avec le secteur privé.
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