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Tir à Camp-Levieux
Élodie Thomas, au cœur d’une enquête aux versions contradictoires : sa version sera déterminante
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Tir à Camp-Levieux
Élodie Thomas, au cœur d’une enquête aux versions contradictoires : sa version sera déterminante
■ Le témoignage d’Élodie Thomas devra être confronté aux images et à l’expertise balistique.
Grièvement blessée à la nuque par balle lors d’une intervention policière, le 9 octobre, à Camp-Levieux, Élodie Thomas, 27 ans, demeure au centre d’une enquête où les témoignages devront être confrontés aux éléments matériels. Sa propre version des faits, lorsqu’elle sera recueillie, pourrait contribuer à éclairer les circonstances du tir. Face aux enquêteurs, le chauffeur du van, un jeune passager et le sergent Gautam Singh Taukoor ont livré des récits qui ne concordent pas sur tous les points.
Ce soir-là, Élodie Thomas, mère d’une fillette de deux ans, rentrait du travail à bord d’une fourgonnette. Vers 23 h 30, le véhicule a été arrêté par des policiers sur la route Ratsitatane. Quelques instants plus tard, un coup de feu a traversé le pare-brise arrière et atteint la jeune femme à la nuque. Les circonstances précises de ce tir restent au cœur des investigations de l’Independent Police Complaints Commission (IPCC).
Le premier récit est celui du chauffeur, Tirvassen Soobrayen, 36 ans, plus connu comme Rudy. Lors d’une reconstitution des faits à Camp-Levieux, il a maintenu sa version de l’intervention. Il a expliqué avoir récupéré Élodie Thomas au Winners de Tribeca Mall avant de déposer un employé à Stanley et de poursuivre sa route vers Plaisance, en passant par Camp-Levieux. À hauteur de la route Ratsitatane, une équipe de police lui aurait demandé de s’arrêter. Le chauffeur a affirmé avoir voulu savoir s’il pouvait continuer son trajet. Il a également soutenu que le sergent Gautam Singh Taukoor aurait pointé son arme sur sa tête.
Après la détonation survenue plus tard, il a affirmé avoir interpellé le policier : «Ou tir kout bal lor mo van. Enn pasaze inn blese.» Cette déclaration constitue l’un des éléments de son témoignage, mais elle devra être examinée à la lumière des autres dépositions et des preuves recueillies. Le second témoignage émane d’un jeune passager, âgé de 22 ans, qui se trouvait également à bord du van. Entendu par les enquêteurs de la police à Rose-Hill, accompagné de son avocat, il est revenu sur la position des policiers et les circonstances dans lesquelles le coup de feu aurait été tiré. Selon les informations recueillies, son récit rejoint sur plusieurs points celui du chauffeur.
Le jeune homme a aussi décrit les instants de panique qui avaient suivi la détonation. Il aurait tenté de soulever Élodie Thomas pour la remettre sur son siège, pensant d’abord qu’elle avait été atteinte par une pierre. Il aurait ensuite compris qu’elle avait été touchée par balle et il a cherché de l’aide. Ce témoignage apporte un éclairage supplémentaire sur les secondes qui ont suivi le tir, sans pour autant permettre, à lui seul, de reconstituer l’ensemble de la scène.
Face à ces déclarations, le sergent Gautam Singh Taukoor, 57 ans, a opposé sa propre version. Entendu à plusieurs reprises par l’IPCC, notamment le 23 octobre, en présence de son avocat, Mᵉ Vyas Adheen, il a nié avoir pointé son arme sur la tempe du chauffeur. Il a affirmé que les policiers avaient été déployés dans la région en raison des tensions liées aux problèmes d’approvisionnement en eau et de la présence de débris sur la chaussée. Selon lui, le conducteur n’aurait pas respecté les instructions lui demandant de ne pas poursuivre sa route.
L’enquête ne se limite toutefois pas à déterminer les circonstances du coup de feu. Trois autres policiers présents lors de l’intervention font l’objet d’accusations provisoires de culpable omission liées à un possible manquement à leur devoir d’assistance après les faits. Les enquêteurs examinent notamment les images du réseau Safe City, les registres du poste de police de CampLevieux et les éléments techniques susceptibles d’établir la chronologie des événements.
Le sergent Taukoor fait, pour sa part, l’objet de deux accusations provisoires : using firearm to intimidate et involuntary wounds and blows by imprudence. Ces accusations ne constituent pas une déclaration de culpabilité.
Images, balistique et témoignages
Reste la voix d’Élodie Thomas. Son témoignage, lorsqu’elle sera en mesure de livrer sa version, pourrait constituer un élément important pour comprendre ce qu’elle a vu et vécu au moment de l’intervention. Il devra, comme les autres déclarations, être confronté aux images, à l’expertise balistique et aux constatations des enquêteurs. Dans cette affaire, la vérité ne pourra se dégager qu’avec un examen rigoureux de l’ensemble des éléments, sans privilégier d’emblée le récit de l’un ou de l’autre.
L’état de santé d’Élodie Thomas connaît une évolution encourageante. Selon son époux, Jonathan Thomas, la jeune femme progresse chaque jour et retrouve peu à peu son autonomie. «Toulezour ena progre. Li kapav marse par limem, debout par limem ek asize par limem», confie Jonathan Thomas. Il souligne que son épouse parvient désormais à marcher sans déambulateur ni l’assistance d’une autre personne.
Pour son époux, ces progrès constituent un signe encourageant dans le parcours de rétablissement d’Élodie. La famille reste toutefois dans l’attente d’une amélioration supplémentaire de son état, notamment pour qu’elle puisse retrouver progressivement ses habitudes et son autonomie au quotidien. Jonathan Thomas indique également que la guérison des plaies d’Élodie devraient évoluer favorablement et cicatriser avant qu’elle puisse envisager la prochaine étape de sa convalescence. La famille garde ainsi espoir au rythme des progrès constatés jour après jour.
Parallèlement, l’enquête sur les circonstances dans lesquelles Élodie Thomas a été blessée par balle se poursuit. À ce stade, son rétablissement demeure au centre des préoccupations de ses proches, qui attendent de la voir retrouver pleinement sa santé.
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