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Le temps des actes !

25 octobre 2026, 15:11

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Réveil et prise de conscience ? La décision d’accorder une prime de Rs 10 000 aux policiers et aux pompiers traduit la volonté d’un gouvernement, acculé par les critiques, de renouer avec la population tout en redorant, au passage, l’image de ces corps de métier qui se sont retrouvés en première ligne lors des récentes soirées de troubles à Maurice.

Si cette initiative met fin au débat autour de la dérisoire risk allowance de Rs 40 jusqu’ici accordée aux policiers, elle démontre aussi la capacité du gouvernement à prendre des décisions rapides lorsqu’il se retrouve sous pression.

On retiendra également, comme autre enseignement, la volonté du Premier ministre de rectifier le tir après les vives critiques essuyées pour sa communication défaillante. Dans son message diffusé le 19 octobre, Ramgoolam reconnaît enfin que la participation des jeunes aux soirées de violence révèle des problèmes de fond auxquels notre pays est confronté, dépassant l’argument qui consistait à désigner uniquement les barons de la drogue.

Le Premier ministre annonce ainsi des consultations, dès cette semaine, avec des travailleurs sociaux afin de mieux comprendre les causes de cette crise et de veiller à ce que chaque enfant puisse réaliser ses rêves. «Nou bizin asire ki sak zanfan morisien gagn bann sans egal ek perspektiv travay kot zot kapav epanwi.» Des engagements certes louables, mais qui soulèvent plusieurs interrogations. Quelles ONG seront associées à cette démarche ? Quand est-ce que les travaux débuteront et dans quels délais les recommandations seront-elles traduites en actions concrètes ?

Dans le sillage des jours sombres traversés par le pays, le Conseil des ministres a également institué un comité interministériel chargé de suivre la mise en œuvre des recommandations de la commission Vérité et Justice. Une autre initiative salutaire, mais qui soulève, elle aussi, des questions quant à la composition du comité, au calendrier de ses travaux et aux échéances fixées.

Au fond, si nous en sommes là aujourd’hui, c’est aussi parce qu’à Maurice, nous avons pris l’habitude de multiplier les comités, parfois au prix de millions de roupies puisées de l’argent public, avant de laisser leurs rapports sombrer dans l’oubli, notamment au gré des alternances politiques.

Quand on découvre aujourd’hui – ou prétendons découvrir – que des jeunes sont en souffrance, que des enfants sont particulièrement vulnérables à l’influence des trafiquants de drogue, il ne s’agit pas uniquement d'imputer cette défaillance à Ramgoolam et les siens. Cela illustre également l’échec des gouvernements successifs, incapables de remettre en question leurs politiques et qui perpétuent les mêmes pratiques, une fois au pouvoir, sans que les causes profondes de l’exclusion ne soient réellement traitées. Nombre de nos jeunes restent alors les grands oubliés, alors qu’ils sont déjà victimes de l’inégalité des chances, d’un mécanisme qui les marginalise davantage et les enferme dans un cercle vicieux.

À l’heure où se déroulent les examens du PSAC, ce constat prend tout son sens. Depuis jeudi, des milliers d’enfants, qui participent à ces épreuves de fin de cycle primaire, peuvent compter sur leur entourage, bénéficier d’un cadre propice aux révisions et abordent cette étape avec le soutien nécessaire. D’autres, en revanche, ne disposent pas des mêmes conditions et voient leurs visions compromises avant même d’avoir pu faire leurs preuves. Ceux-là ne bénéficient pas des mêmes opportunités, font face à une injustice trop souvent banalisée.

Dans quelques semaines, quand les résultats du PSAC seront proclamés, que proposera-t-on à ces enfants scolarisés dans des établissements qui affichent, année après année, des taux d’échec préoccupants ?

Quelles perspectives leur offrirons-nous, si ce n’est des programmes qui reproduiront, quelques années plus tard, les mêmes difficultés liées à leur incapacité à s’adapter au système ?

Il aura fallu que des Mauriciens descendent dans la rue pour dénoncer les pénuries d’eau afin que des solutions soient enfin proposées par les autorités. Il aura aussi fallu quelques jours de chaos pour que le gouvernement prenne la mesure du malaise d’une partie de la jeunesse et reconnaisse que chaque enfant a droit à une chance égale. Réveil et prise de conscience ? Enfin ?

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