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Cancer du sein
Dr Nitin Aucharaz : «Aucune femme n’est complètement protégée»
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Cancer du sein
Dr Nitin Aucharaz : «Aucune femme n’est complètement protégée»
Mieux connaître les facteurs de risque, reconnaître les signes d’alerte et ne pas attendre l’apparition des symptômes : trois réflexes essentiels face au cancer du sein. Le Dr Nitin Aucharaz, Breast Surgeon au C-Care Cancer Centre, rappelle l’importance d’un dépistage précoce et présente les avancées thérapeutiques qui permettent aujourd’hui de mieux prendre en charge la maladie.
Mieux connaître
Le cancer du sein apparaît lorsque certaines cellules mammaires se multiplient de manière anormale et forment une tumeur. Il existe plusieurs types de cancers du sein, dont certains sont plus agressifs que d’autres. Une meilleure compréhension de leurs caractéristiques permet aujourd’hui d’adapter les traitements à chaque patiente.
L’âge et le fait d’être une femme constituent les principaux facteurs de risque. Les antécédents familiaux, certaines prédispositions génétiques et les facteurs hormonaux peuvent également jouer un rôle. Toutefois, le cancer du sein ne concerne pas uniquement les femmes ayant des cas dans leur famille. «Même les femmes qui mènent une vie très saine peuvent développer un cancer du sein. Aucune femme n’est complètement protégée,» souligne le Dr Nitin Aucharaz.
Adopter un mode de vie sain reste néanmoins bénéfique. Maintenir un poids équilibré, pratiquer une activité physique régulière et limiter la consommation d’alcool font partie des habitudes susceptibles de contribuer à réduire le risque. Ces gestes ne garantissent pas une protection absolue, mais participent à une démarche globale de prévention. «Apprendre à connaître ses seins est tout aussi important. Une modification de leur forme, une fossette sur la peau, un mamelon qui se rétracte, un écoulement inhabituel ou un gonflement sous l’aisselle doivent attirer l’attention. Si une grosseur constitue le signe le plus fréquemment observé, elle n’est pas le seul. Et surtout, elle n’est pas nécessairement douloureuse,» explique-t-il. Il ne s’agit pas de pratiquer des examens complexes à domicile, mais de rester attentive à son corps. Toute nouvelle grosseur ou modification suspecte justifie une consultation médicale.
Dépister
Le dépistage permet de rechercher un éventuel cancer avant même l’apparition des premiers signes. La mammographie, un examen radiologique spécifique des seins, peut notamment révéler des anomalies trop petites pour être palpées.
Le Dr Nitin Aucharaz recommande aux femmes de discuter avec leur médecin de la possibilité de commencer les mammographies à partir de 40 ans. Leur fréquence, généralement tous les un à deux ans selon le niveau de risque et les recommandations appliquées, doit être déterminée en fonction de la situation individuelle. En présence d’antécédents familiaux importants, un dépistage plus précoce peut être nécessaire.
L’absence de symptômes ne signifie pas l’absence de maladie. «La plupart des femmes qui développent un cancer du sein n’ont pas d’antécédents familiaux importants,» rappelle le spécialiste. Certaines découvrent ainsi une anomalie lors d’une mammographie de routine, alors qu’elles se sentent parfaitement bien.
Traiter
Un diagnostic de cancer du sein ne signifie pas nécessairement une ablation complète du sein. Les progrès médicaux ont considérablement élargi les possibilités de traitement, avec une prise en charge adaptée au type de tumeur, à son stade et aux caractéristiques de chaque patiente.
Selon les situations, le parcours thérapeutique peut associer chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, hormonothérapie ou thérapies ciblées. Le choix des traitements repose sur un bilan médical approfondi et une concertation entre les spécialistes.
Chirurgien spécialisé dans le sein, le Dr Nitin Aucharaz souligne également l’importance de préserver la qualité de vie. «Aujourd’hui, de nombreuses femmes peuvent être opérées sans perdre leur sein. En tant que spécialiste en chirurgie oncoplastique, j’associe les techniques de chirurgie du cancer à celles qui permettent de préserver la forme naturelle du sein.» L’objectif ne se limite donc pas à traiter la maladie. Il consiste aussi à préserver, autant que possible, l’apparence physique, la confiance en soi et le bien-être des patientes.
Pour les femmes qui redoutent le dépistage, le spécialiste comprend que la peur du résultat puisse être paralysante. Mais éviter un examen ne fait pas disparaître une éventuelle maladie. «La plupart des grosseurs mammaires ne sont pas cancéreuses et, même lorsqu’un cancer est diagnostiqué, les traitements sont très efficaces, particulièrement lorsque la maladie est détectée tôt.»
Le message du spécialiste
Ne pas laisser la peur prendre le dessus. Prévenir, rester attentive aux changements, se faire dépister et consulter rapidement sont autant de moyens d’agir. Car détecter un cancer du sein tôt, c’est souvent se donner davantage de possibilités de traitement et de meilleures chances de guérison.
600 nouveaux cas de cancer du sein sont enregistrés chaque année à Maurice.
Dépistage : à quel âge et à quelle fréquence ?
A partir de 40 ans : en cas d’antécédents familiaux ou de risque élevé, demandez conseil à un médecin pour déterminer quand commencer et quels examens privilégier.
50 à 69 ans : l’OMS recommande un dépistage organisé par mammographie tous les deux ans, lorsque les conditions nécessaires sont réunies.
Après 69 ans : la poursuite du dépistage se discute avec un professionnel de santé selon l’état de santé.
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