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Treize ans après le drame

Un constable poignardé mortellement, son épouse acquittée

23 octobre 2026, 16:00

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Un constable poignardé mortellement, son épouse acquittée

Aucun témoin n’a vu comment la blessure fatale a été infligée. Le magistrat Yorgesh Bhookhun juge plausible le récit de Manisha Devi Ramkhalawan, qui affirme avoir subi des violences conjugales. Faute de preuve établissant une volonté délibérée de blesser, il lui accorde le bénéfice du doute après la mort de son époux, Ashvin Ramkhalawan, constable de police, en mai 2013.

Treize ans après le drame survenu à Roche-Terre, la Cour intermédiaire a rejeté l’accusation portée contre Manisha Devi Ramkhalawan. Dans son jugement d’hier, le magistrat a estimé que la poursuite n’avait pas démontré, au-delà de tout doute raisonnable, qu’elle avait volontairement infligé les blessures à l’origine du décès de son époux.

Mariés depuis novembre 2012, les deux époux auraient rapidement connu une relation conflictuelle. À la barre, l’accusée affirme que son mari, qui consommait régulièrement de l’alcool, la frappait. Elle raconte avoir notamment été giflée, jetée au sol et étranglée. Elle dit avoir envisagé de le quitter à plusieurs reprises, tandis qu’il menaçait, selon elle, de se suicider si elle partait.

Le 16 mai 2013, elle annonce son intention de rejoindre son frère en Angleterre. Une dispute éclate. Selon son témoignage en cour, Ashvin la gifle et la frappe avec une chaise. Elle saisit alors un couteau, affirmant vouloir mettre fin à ses jours. Son époux lui aurait saisi la main et dirigé l’arme contre sa poitrine. Une lutte s’ensuit. Elle affirme avoir tenté de se protéger avant de s’enfermer dans la salle de bains. En ressortant, elle découvre son mari ensanglanté sur le lit.

L’autopsie attribue la mort à une blessure perforante au cœur. Le médecin légiste relève une seule plaie au côté gauche du thorax et précise qu’une force excessive n’était pas nécessaire pour pénétrer la peau. Il constate, selon le rapport de la police, des lésions en voie de guérison sur le corps de l’accusée, sans pouvoir en déterminer la date.

Un oncle de la victime rapporte avoir entendu des bruits évoquant une lutte et indique que les disputes étaient fréquentes durant les six mois de mariage. Ce jugement souligne aussi la différence de corpulence entre Ashvin, qui mesurait 1 m 88, et son épouse, mesurant 1 m 66 et pesant 43 kg. Pour le magistrat, prouver la cause du décès ne suffisait pas : l’accusation devait établir que Manisha avait volontairement infligé les blessures. Malgré le délai de près de 13 ans après le drame, son récit demeure plausible aux yeux du tribunal.

Faute de preuve au-delà de tout doute raisonnable, l’accusation est rejetée. La mort du constable est établie ; la culpabilité de son épouse, elle, ne l’est pas..

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