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Traite humaine

Des victimes encore insuffisamment accompagnées

22 octobre 2026, 12:00

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Des victimes encore insuffisamment accompagnées

Un atelier de validation a été organisé par l’OIM, en collaboration avec le gouvernement, au Caudan Arts Centre, à Port-Louis, afin de renforcer les mécanismes d’assistance et de protection des victimes de la traite des personnes à Maurice.

La protection des victimes de la traite des êtres humains à Maurice nécessite une meilleure coordination entre les acteurs concernés, ainsi qu’une prise en charge adaptée à leurs besoins. C’est dans cette optique que l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), en collaboration avec le gouvernement, a organisé, le jeudi 15 octobre 2026, un atelier de validation des résultats d’une évaluation des capacités nationales en matière d’assistance et de protection des victimes de la traite. La rencontre s’est tenue au Caudan Arts Centre, à Port-Louis.

Cet atelier avait pour objectif de présenter et de valider les conclusions d’une évaluation menée par l’OIM pour Maurice et les Seychelles, dans le cadre du projet «Enhancing the 4Ps Approach to Counter-Trafficking in Mauritius». L’exercice a notamment porté sur les services disponibles, les mécanismes de coordination et les lacunes à combler, depuis l’identification des victimes jusqu’à leur rétablissement et leur réintégration.

Selon Alia Hirji, cheffe de mission de l’OIM pour Maurice et les Seychelles, l’organisation travaille aux côtés du gouvernement mauricien depuis 2023 pour lutter contre la traite des personnes. Cette collaboration repose sur une approche articulée autour de quatre piliers : la prévention, la protection, les poursuites judiciaires et les partenariats.

L’atelier a particulièrement mis l’accent sur la protection des victimes, un volet qui nécessite encore des améliorations. «Il n’y a pas d’uniformité dans les soins et le soutien apportés aux victimes et à leurs familles», souligne-t-elle. Si plusieurs organisations de la société civile, notamment Passerelle, Gender Links et Caritas, interviennent déjà dans ce domaine, l’OIM estime qu’il est essentiel d’identifier les lacunes existantes et de trouver collectivement des solutions afin d’améliorer l’accompagnement des victimes et des survivants.

L’évaluation s’appuie sur une étude documentaire, des consultations en présentiel et en ligne avec les acteurs concernés, ainsi que des visites dans des structures d’hébergement. Elle examine notamment l’accès aux soins médicaux, au soutien psychosocial, à l’assistance juridique, aux services consulaires, ainsi qu’aux dispositifs de retour et de réintégration.

Une approche centrée sur les victims

Ruth Krčmářová, experte internationale en migration, en traite des êtres humains ainsi qu’en protection et en assistance aux migrants vulnérables et aux personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, a animé l’atelier. Elle a insisté sur les principes fondamentaux devant guider la prise en charge des victimes, notamment la sécurité, la confidentialité, l’accès à la justice et la non-discrimination. Elle a également souligné l’importance de veiller à ce que les victimes comprennent les informations qui leur sont communiquées, puissent prendre des décisions éclairées et bénéficient d’un accompagnement adapté à leurs besoins.

L’experte a aussi mis l’accent sur la nécessité d’une approche tenant compte des traumatismes subis, des différences liées au genre et des besoins spécifiques des enfants. Selon elle, chaque victime possède un parcours et des vulnérabilités qui lui sont propres, d’où l’importance d’une prise en charge individualisée.

La coordination entre les différents services, le suivi des dossiers et la possibilité pour les victimes de donner leur avis sur l’accompagnement reçu constituent également des aspects essentiels. Une attention particulière doit aussi être accordée au soutien et à la supervision des professionnels chargés de leur prise en charge.

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