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Consommation

Pesticides : 20 échantillons de fruits et légumes contiennent des produits non recommandés

21 octobre 2026, 16:00

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Pesticides : 20 échantillons de fruits et légumes contiennent des produits non recommandés

Un échantillon de piment prélevé à Triolet présente une concentration de chlorothalonil 317,5 fois supérieure à la limite autorisée. Photo d'illustration.

La présence de résidus de pesticides dans les fruits et légumes ne se détecte pas à l’œil nu. Le rapport de juin du Pesticides Regulatory Office (PRO), rendu public il y a quelques jours et consacré à 44 échantillons prélevés à travers l’île, fait état de plusieurs dépassements des limites maximales de résidus (LMR) autorisées et 20 échantillons contenant des substances signalées comme non recommandées pour certaines cultures. Les prélèvements proviennent d’exploitations agricoles (25), de marchés d’enchères (12) et de supermarchés (sept). Les contrôles s’appuient sur la loi sur l’utilisation des pesticides de 2018 et les normes du Codex Alimentarius.

Le dépassement le plus important concerne un échantillon de piment prélevé à Triolet. La concentration de chlorothalonil atteint 3,175 mg/kg, contre une LMR de 0,01 mg/kg, soit 317,5 fois la limite autorisée. À Morcellement St-André, un autre échantillon de piment présente une concentration d’acétamipride de 0,400 mg/kg, contre une limite de 0,09 mg/kg. Le gombo, également appelé lalo, prélevé dans un supermarché à Quatre-Bornes, contient du flonicamide à 0,130 mg/kg, alors que la LMR est fixée à 0,03 mg/kg.

D’autres dépassements sont relevés à Calodyne, où le piment contient de l’acé- tamipride à 0,120 mg/kg, contre une limite de 0,09 mg/kg, et à Belle-Rive, où la courgette présente du métalaxyl à 0,012 mg/kg, pour une LMR de 0,01 mg/kg. À Caroline, la concentration d’éthéphon dans l’ananas atteint 2,02 mg/kg, contre une limite de 1,5 mg/kg. À Vacoas, le chou contient du flubendiamide à 0,017 mg/kg, alors que la LMR est de 0,01 mg/kg.

Au-delà de ces dépassements, le rapport signale des pesticides non recommandés pour certaines cultures. Dans les exploitations agricoles, du chlorfénapyr est détecté dans la tomate à St-Hubert, du thiaméthoxame dans le chou à Moka et de l’acide phosphonique dans la laitue à Dagotière. À Solférino, du linuron est relevé dans la coriandre. À Triolet, l’anguive contient quatre substances signalées comme non recommandées, à savoir le difénoconazole, le boscalid, la cyperméthrine et le tébuconazole.

Les analyses réalisées dans les circuits de vente révèlent également la présence de ces substances. Dans un supermarché à Rose-Belle, le céleri contient du linuron. De l’acide phosphonique est détecté dans le miniconcombre de Chamouny et l’aubergine de Quatre-Bornes. Sur les marchés d’enchères, la tomate prélevée à Île d’Ambre présente notamment de la cyperméthrine et de l’acide phosphonique. À Surinam, le poivron contient du chlorfénapyr et de la cyperméthrine, également signalés comme non recommandés.

Ces résultats soulèvent la question de l’exposition des consommateurs. Selon l’Organisation mondiale de la santé, les pesticides peuvent avoir des effets aigus ou chroniques sur la santé, selon la substance, la quantité absorbée et la voie d’exposition. Certains sont également associés à des effets à long terme, dont des cancers.

Un programme de surveillance

Pour suivre la présence de résidus dans les produits agricoles frais, le ministère de l’Agro-industrie, de la pêche et de l’économie bleue indique avoir mis en place un programme national de surveillance. Les prélèvements sont effectués chaque semaine dans les marchés, supermarchés, marchés de gros, auprès des producteurs ainsi qu’aux ports d’entrée. Les échantillons sont ensuite analysés au Food Technology Laboratory et dans des laboratoires privés.

Lorsque les résultats révèlent un dépassement des LMR ou la présence d’un pesticide non recommandé pour la culture concernée, le PRO émet des improvement notices aux producteurs concernés. Le ministère indique que des prélèvements supplémentaires et des actions de sensibilisation sont alors engagés. Des mesures pour faire appliquer la réglementation peuvent également être prises lorsque nécessaire.

Le dispositif prévoit aussi le traitement des plaintes liées à la mauvaise utilisation des pesticides. Le PRO fournit les conseils nécessaires aux personnes concernées, tandis que le Pesticides Control Committee traite les questions relatives au contrôle des pesticides. De son côté, le Food and Agricultural Research and Extension Institute mène des actions de formation et de sensibilisation auprès des planteurs sur l’utilisation raisonnée des produits phytosanitaires.

Quatre règlements à venir

En parallèle, le ministère travaille sur quatre règlements dans le cadre de la Use of Pesticides Act 2018. Le premier doit fixer les limites maximales de résidus applicables aux fruits et légumes produits localement et importés, tout en fournissant une base réglementaire pour intervenir lorsque ces seuils sont dépassés. Le deuxième doit préciser les procédures d’échantillonnage des produits locaux et importés, notamment les modalités, les lieux et les moments où les prélèvements doivent être effectués.

Les deux autres textes portent sur l’utilisation des pesticides et la formation de leurs utilisateurs. L’un doit encadrer le mélange et l’application des pesticides dans les zones agricoles et non agricoles, ainsi que la gestion et l’élimination des contenants vides. L’autre doit instaurer un système de formation et de certification des utilisateurs, axé sur une utilisation sûre et responsable des produits. Selon le ministère, ces règlements doivent être transmis au State Law Office pour finalisation.

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