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Aurélie Halbwachs-Lincoln : Toujours dans la course, vingt ans après !

21 octobre 2026, 10:50

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Aurélie Halbwachs-Lincoln : Toujours dans la course, vingt ans après !

Aurélie Halbwachs-Lincoln, championne d’Afrique pour la première fois en 2006.

Elle n’avait pas la moindre idée de ce qu’était le niveau africain et même si elle avait fait des courses en France avant cela. Elle ne pensait pas avoir le niveau pour briguer le podium. Et pourtant, le vendredi 10 novembre 2006, Aurélie Halbwachs écrit l’histoire en remportant le contre-la-montre individuel des Championnats d’Afrique à Beau Plan. Bouclant les 11 km du parcours en 16 minutes et 3 secondes (moy. : 41,1 km/h) pour devancer la Sud-Africaine Ronel Van Wyk de 4 secondes alors que la Zimbabwéenne Linda Davidson complétait le tiercé en 16:14. Un résultat qui a sans nul doute lancé la belle carrière de la cycliste qui a suivi. Deux décennies plus tard, Aurélie ne semble pas près de raccrocher.

Quel est le premier souvenir qui vous revient de votre titre de championne d'Afrique du contre-la-montre, remporté à Beau Plan en novembre 2006 ?

J’ai toujours forcément plein de souvenirs de ce moment-là. C’était la première fois que j’étais retenue en sélection nationale. J’ai été également surprise du résultat car même si je m’étais bien préparée et que j’avais couru en France précédemment, je pensais que j’allais être nettement dominée par mes adversaires de l’Afrique du Sud. C’était de très bons moments partagés avec la famille aussi.

À l'époque, auriez-vous imaginé être encore en sélection nationale vingt ans plus tard ?

Pas du tout. Depuis que je fais du vélo, je ne me suis jamais projetée sur plusieurs années. J’ai suivi le flot et j’ai essayé de trouver l’équilibre entre ma carrière sportive, les obligations professionnelles et la vie familiale. Je ne sais pas quand je vais m’arrêter. Plus le temps passe, je me dis que c’est peut-être ma dernière année. Je préféré ne pas penser trop loin car les priorités peuvent changer en cours de route...

Qu'est-ce qui vous a permis de traverser deux décennies de cyclisme sans perdre l'envie de continuer ?

En fait, pour moi c’est plus un mode de vie. J’ai passé plus de temps à vivre de cette façon. Je fais du vélo depuis que j’ai 17 ans. Ce sport a rythmé ma vie. Et c’est une passion que je partage avec Yannick (son mari). On se comprend. On continue à performer et cela nous plaît d’essayer de pousser plus loin les entraînements. On a un petit groupe à Gros Bois avec lequel on s’entraîne. Il y a beaucoup de jeunes. C’est chouette. J’aimerai rester en bonne forme physique pour pouvoir les accompagner lors des prochaines années.

Aurelie CLM nov 2006 Aurélie Halbwachs en route vers son premier sacre continental sur le circuit de Beau Plan le 10 novembre 2006.

Quel regard portez-vous sur l'évolution du cyclisme féminin mauricien depuis vos débuts ?

Malheureusement, il y a un manque de filles qui font du vélo à haut niveau. Nous sommes désormais à quatre, ce qui est juste suffisant pour faire un contre-la-montre par équipes ou un relais mixte. S’il y en a une qui n’est pas là, ce ne sera pas possible. C’est dommage. J’espère qu’avec les écoles de VTT dont celle que je dirige à Gros Bois pourra apporter un boom et démocratiser la pratique de la discipline. Il est cependant regrettable qu’il n’y ait pas de financement, pas de plan pour accompagner les jeunes en VTT. Il faudrait leur offrir des opportunités pour les accrocher. J’aurai souhaité voir 10 ou même 20 filles capables de faire partie de la sélection nationale. Je ne critique pas parce que je sais que c’est de plus en plus dangereux de s’entraîner sur la route. De ce point de vue, le VTT est plus accessible.

Votre expérience est-elle aujourd'hui un avantage face à des concurrentes parfois beaucoup plus jeunes ?

C’est plus sur la façon d’aborder les courses. Je n’ai plus rien à prouver. Je me donne à fond et peu importe le résultat. Si j’ai donné le maximum, je suis satisfaite. Je ne me laisse pas atteindre par les résultats. Je partage mon vécu avec les autres mais je fais surtout confiance au coach qui va donner les directives.

Equipe filles Après deux décennies à figurer parmi les meilleures en Afrique, Aurélie veut partager son expérience avec ses coéquipières de la sélection mauricienne.

Avec quel objectif abordez-vous les Championnats d'Afrique au Kenya ?

Je n’ai pas vraiment d’objectif. Les championnats d’Afrique sont la seule course de haut niveau que j’ai eu en une année. Je ne suis pas en mesure de me situer par rapport aux concurrentes des autres pays. Je vais faire du mieux possible. Je serai contente de monter sur le podium en contre-la-montre individuel. J’aimerai que nous fassions un joli travail d’équipe sur le relais mixte et dans la course en ligne. C’est important d’être visibles, d’avoir un impact sur la course...

Que diriez-vous à la jeune Aurélie de 2006 si vous pouviez lui parler aujourd'hui ?

Prends les choses comme elles viennent sans te laisser atteindre !

Au-delà des résultats, quelle trace aimeriez-vous laisser dans le cyclisme mauricien ?

Je pense que j’ai déjà montré la voie aux filles qui font du vélo désormais. J’ai montré qu’il est possible d’avoir des médailles au niveau africain. La transmission est très importante !

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