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Dispositifs d’écoute téléphonique

Face à des documents signés de sa main, Pravind Jugnauth reste muet

21 octobre 2026, 11:00

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Face à des documents signés de sa main, Pravind Jugnauth reste muet

Pravind Jugnauth et son équipe légale au CCID, hier.

L’ancien Premier ministre (PM), Pravind Jugnauth, s’est présenté hier au Central Criminal Investigation Department (CCID), accompagné de son avocat, Mᵉ Raouf Gulbul, dans le cadre de l’enquête sur les appareils d’écoute téléphonique. La transparence de la procédure et l’équité de l’enquête ont été au centre de leurs déclarations.

«Under warning»

À l’issue de quatre heures d’interrogatoire under warning, Pravind Jugnauth aura répondu à 37 questions, selon son avocat. Mᵉ Gulbul a insisté sur la nécessité pour tout suspect d’avoir accès aux éléments du dossier afin d’y répondre de manière adéquate. «Le droit à un procès équitable doit se traduire par une enquête équitable.»

Selon la police, au cours de ses interrogatoires, Pravind Jugnauth s’est vu présenter de nombreux documents relatifs aux circonstances entourant l’acquisition et l’utilisation des systèmes d’interception et de surveillance par le Bureau du Premier ministre. Ceux-ci comprennent des documents signés de sa main ainsi que des photographies du matériel.

Pravind Jugnauth s’est vu offrir toutes les occasions de fournir des explications et de soulever toute question qu’il jugerait pertinente. Il a continué d’exercer son droit au silence. Mᵉ Gulbul a précisé que son client pourrait être rappelé si les enquêteurs le jugeaient utile.

L’avocat a également évoqué des communications entre un conseiller du bureau du Premier ministre et la Financial Crimes Commission, dans le cadre de sa propre convocation. Il a dénoncé des «manipulations politiques», affirmant que les éléments pertinents seraient révélés «en temps voulu».

Critiques sociales

Pravind Jugnauth s’est en revanche exprimé sur la situation actuelle du pays. Il a salué la population pour avoir compris les conséquences des violences sur les biens publics et privés. Il estime toutefois que les incidents ne doivent pas occulter les difficultés économiques et sociales du pays. La situation, dit-il, «dépasse les seules émeutes» et traduit un malaise plus profond.

L’ex-Premier ministre a rappelé les promesses de baisse des prix de l’essence et de l’électricité, estimant que les attentes de la population n’ont pas été satisfaites. Il a reproché aux autorités une mauvaise anticipation de la crise de l’eau. Il a également exprimé ses préoccupations concernant les réseaux de trafiquants de drogue et leur éventuelle proximité avec des responsables politiques, tout en jugeant inquiétant le nombre de jeunes interpellés lors des récents événements.

Pravind Jugnauth a dénoncé un décalage entre les promesses de liberté du gouvernement et certaines décisions prises depuis son arrivée au pouvoir en évoquant des restrictions visant les réseaux sociaux et des mesures susceptibles de limiter la liberté d’expression.

Il a aussi soulevé des interrogations sur plusieurs réformes législatives, dont le Finance Bill et le National Crime Agency (NCA) Bill. Il a rappelé les réserves sur la NCA exprimées par des institutions, dont le Bar Council, s’interrogeant sur le sort des recommandations formulées.

Selon lui, le gouvernement devrait «revoir son approche» pour éviter d’imposer davantage de contraintes à une population déjà fragilisée. Il a critiqué les dépenses de l’État, opposant les sacrifices demandés aux citoyens aux sommes engagées pour certains équipements de sécurité.

Enfin, il a apporté son soutien aux policiers dont il a salué l’engagement et rappelé l’importance de leurs conditions de travail pour le maintien de l’ordre et de la paix.

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