Publicité

Coopération Maurice-Union européenne

Un partenariat à consolider face aux défis mondiaux

20 octobre 2026, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Un partenariat à consolider face aux défis mondiaux

■ La rencontre à Balaclava, hier, visait à renforcer les relations bilatérales et à favoriser les échanges sur les grands enjeux économiques, politiques et internationaux. © Dev Ramkhelawon

La deuxième édition du Dialogue de partenariat entre Maurice et l’Union européenne (UE) s’est ouverte hier à Balaclava, en présence de l’ambassadeur de l’UE, Oskar Benedikt, et du secrétaire aux Affaires étrangères, Roy Bissoondoyal. Cette rencontre constitue une occasion de faire le point sur les avancées, de définir les priorités communes et d’identifier de nouvelles pistes de coopération entre Maurice et les 27 États membres de l’UE.

Établi comme une plateforme diplomatique officielle, ce dialogue vise à renforcer les relations bilatérales, tout en favorisant les échanges sur les grands enjeux économiques, politiques et internationaux. Oskar Benedikt a rappelé que le partenariat entre Maurice et l’UE repose sur une longue histoire d’amitié, qui remonte à 1972, ainsi que sur des valeurs communes, notamment la démocratie, l’État de droit et la protection sociale. Il a salué le modèle mauricien, marqué par la coexistence entre différentes communautés, estimant que la stabilité fondée sur ces principes a contribué au développement économique du pays depuis l’Indépendance.

Évoquant les tensions sociales observées dans le monde, l’ambassadeur a souligné la nécessité de s’attaquer aux causes profondes du mécontentement populaire. Il a notamment relevé que les épisodes de violences et de pillages peuvent rapidement prendre de l’ampleur, à la manière d’un effet domino.

Tout en notant une amélioration de la situation, il a insisté sur l’importance de restaurer la confiance et de répondre aux préoccupations de la population. «Pour s’attaquer aux causes profondes des tensions, des actions comme celles concernant la gestion de l’eau seront mises en œuvre. Concernant les investissements, un accord de libreéchange en cours d’application en 2027 inclura également des services, et un forum commercial est prévu pour stimuler les investissements européens à Maurice. L’UE reste confiante dans le potentiel de croissance de Maurice et ses futurs développements économiques.»

S’adapter aux priorités actuelles

Dans un contexte international marqué par les conflits, l’instabilité et les divisions, Oskar Benedikt a également défendu le rôle du multilatéralisme. Il estime que le dialogue, la recherche de solutions communes et le compromis demeurent indispensables pour préserver la paix et renforcer la coopération entre les nations. Il a rappelé que l’UE avait reçu le prix Nobel de la paix en 2012, en reconnaissance de sa contribution à la réconciliation et à la paix sur le continent européen.

De son côté, Roy Bissoondoyal a présenté cette deuxième édition comme une étape importante pour évaluer les progrès accomplis et adapter la coopération aux priorités actuelles des deux partenaires. Il a mis en avant plusieurs domaines stratégiques, à commencer par les échanges commerciaux et les investissements. L’UE étant un partenaire économique majeur de Maurice, les deux parties souhaitent renforcer les opportunités commerciales, améliorer l’accès aux marchés et diversifier les perspectives de croissance.

Le secrétaire aux Affaires étrangères a également souligné l’ambition de Maurice de se positionner comme une porte d’entrée stratégique pour les investissements vers l’Afrique. Dans cette perspective, la stratégie Global Gateway de l’UE, axée notamment sur les infrastructures durables et les énergies renouvelables, offre des possibilités de coopération supplémentaires.

Le changement climatique figure également parmi les priorités. Malgré sa faible contribution aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, Maurice subit de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique. Roy Bissoondoyal a ainsi plaidé pour un meilleur accès aux financements climatiques et pour des mécanismes adaptés aux besoins spécifiques des petits États insulaires.

La gouvernance océanique et la sécurité maritime occupent, elles aussi, une place centrale dans ce partenariat. En tant qu’État insulaire tourné vers l’océan, Maurice entend renforcer la gestion durable de ses ressources marines, lutter contre la pêche illégale et protéger ses écosystèmes. Le renforcement des capacités et le partage d’informations avec l’UE sont considérés comme essentiels pour faire face aux menaces maritimes et développer l’économie bleue.

Enfin, Roy Bissoondoyal a insisté sur l’importance de l’intégration régionale, de la coopération multilatérale et des relations entre les populations, notamment à travers l’éducation et le développement des compétences. Il a appelé les participants à privilégier une approche concrète, fondée sur l’évaluation des progrès, l’identification des obstacles et la définition de mesures de suivi précises.

Maurice et l’UE entendent ainsi consolider un partenariat durable, fondé sur le respect mutuel et des intérêts partagés, tout en préparant les nouvelles générations à poursuivre cette coopération face aux défis de demain.

Publicité