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Après les violences en France

Emmanuel Macron s’envole pour le Golfe malgré la polémique

19 octobre 2026, 13:30

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Emmanuel Macron s’envole pour le Golfe malgré la polémique

Emmanuel Macron est accueilli par l'émir du Koweït, Mishal al-Ahmad al-Jaber al-Sabah, lors de son arrivée à l'aéroport international de Koweït City, ce lundi. (Crédit photo : France24)

Quelques heures après une adresse aux Français, le président Emmanuel Macron a atterri ce lundi 19 octobre au Koweït où l’a accueilli l’émir Mishal al-Ahmad al-Jaber al-Sabah. Le chef de l’État entame une tournée dans le Golfe qui le mènera aux Émirats arabes unis, à Bahreïn puis au Qatar d’ici mercredi. Cela, alors que le contexte intérieur est tendu et qu’il est très critiqué après un week-end de manifestations et de violences intenses.

Dimanche soir, Emmanuel Macron avait promis la fermeté contre les auteurs de violences et la «transparence» sur le dispositif de maintien de l’ordre. Ce dispositif est critiqué par les oppositions comme par les maires des villes touchées, de Paris à Marseille. Le président a refusé la démission de son ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et lui a demandé de mettre en place «au plus vite» de nouveaux modes d’action contre les casseurs.

Un voyage jugé risqué

Le déplacement a été maintenu au nom de la nécessité de «sécuriser nos approvisionnements». Les manifestants ont notamment exprimé leur inquiétude sur le prix des carburants. Pour le constitutionnaliste Benjamin Morel, cette tournée peut donner un sentiment de normalité, mais aussi paraître déconnectée et laisser penser à une forme de vide du pouvoir.

La fin de quinquennat s’annonçait déjà compliquée avec un Budget difficile à boucler pour un gouvernement sans majorité à l’Assemblée depuis la dissolution de 2024. La crise sécuritaire s’ajoute au mouvement des lycéens en cours depuis plusieurs semaines. Emmanuel Macron entend pourtant jouer son rôle jusqu’au «dernier quart d’heure» de son mandat, en mai.

Pétrole et diesel au cœur des discussions

L’Élysée vise des engagements sur des volumes de diesel et de pétrole à un moment de forte tension sur les marchés. Le président est accompagné de hauts responsables de TotalEnergies et d’Engie. Les prix de l’énergie sont lourdement affectés par le blocus du détroit d’Ormuz, par lequel transitait 20 % du pétrole mondial avant la guerre en Iran. Début octobre, les pays du G7, que la France préside cette année, ont convenu de prélever jusqu’à 100 millions de barils sur leurs stocks stratégiques.

L’expert Francis Perrin de l’Institut de relations internationales et stratégiques reste prudent : les pays du Golfe sont désireux d’approvisionner le monde, mais ils peinent à prendre des engagements fermes tant que la région n’est pas stabilisée. Il ne s’attend pas à un impact sur les prix.

Le volet militaire figure aussi au programme. Paris et Londres ont lancé une mission internationale pour contribuer à la réouverture du détroit d’Ormuz, notamment par du déminage, une fois un accord conclu entre Donald Trump et l’Iran. Mais huit mois après le début des hostilités, la région reste entre guerre et paix. Emmanuel Macron a par ailleurs décidé d’envoyer des soldats français protéger le port de Yanbu, important terminal pétrolier saoudien.

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