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La Réunion
Violences urbaines : quatre déférés, le Chaudron, les mineurs et l’engrenage
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Violences urbaines : quatre déférés, le Chaudron, les mineurs et l’engrenage
Crédit photo : Imaz Press
Sept gardes à vue ce week-end, quatre personnes déférées ce lundi 19 octobre : la justice commence à répondre aux violences qui secouent Saint-Denis. Dans la nuit du samedi 17 octobre, en marge de la mobilisation contre la vie chère, des jets de galets, des tirs de mortiers, des incendies et des dégradations ont été signalés à Saint-Denis, au Port, à Saint-Pierre et à La Possession. Au total, 18 personnes ont été interpellées, dont des mineurs. Le bilan de la préfecture fait aussi état de neuf policiers et deux gendarmes blessés.
Le calme n’était pas pour autant revenu. Hier soir, au moins sept personnes ont de nouveau été interpellées à Saint-Denis, notamment au Chaudron, et conduites au commissariat Malartic. Le quartier du Chaudron avait déjà connu une nuit comparable. Le dimanche 13 septembre, les violences avaient éclaté dans plusieurs quartiers de Saint-Denis. La police avait affronté une centaine d’individus cagoulés et huit personnes, dont cinq mineurs, avaient été placées en garde à vue. Deux mineurs de plus de 16 ans ont ensuite été placés sous contrôle judiciaire, avec interdiction de se rendre au Chaudron et d’être sur la voie publique entre 19 heures et 6 heures. Ils seront jugés le 18 novembre pour dégradation par moyen dangereux.
Les parents, nouvelle cible de la réponse publique
Ces événements ont déplacé le débat vers les familles. La ville de Saint-Denis a porté plainte pour destruction et veut aussi engager la responsabilité pénale des parents, ce que permet la loi Attal de juin 2025 sur les mineurs délinquants. Cette loi autorise également le préfet à expulser de leur logement les parents d’un mineur délinquant en cas de troubles graves à l’ordre public liés à des activités illicites, comme le trafic de stupéfiants. Le préfet a par ailleurs interdit les rassemblements dans le quartier en s’appuyant sur la loi RIPOST. Toute personne qui enfreint l’arrêté s’expose à trois ans d’emprisonnement et EUR 75 000 d’amende.
Le Chaudron est un nom chargé d’histoire. En 1991, La Réunion avait connu des émeutes liées à la saisie de l’émetteur de Télé Free Dom, et l’île n’avait plus connu une telle tension jusqu’en 2018, lors des violences en marge des gilets jaunes. Les nuits actuelles réveillent ce souvenir, même si leur contexte est différent.
Punir ne suffira pas
Interdictions, contrôles judiciaires, poursuites contre les familles : la réponse est surtout répressive. Or, ces mesures laissent entière la question de fond. Comment éviter qu’un adolescent, par nature influençable, devienne l’instrument de ceux qui restent dans l’ombre ? Parents, école, associations, éducateurs et voisins ont chacun un rôle à jouer, avant que la justice n’intervienne.
Les audiences à venir, dont celle du 18 novembre, diront comment les tribunaux entendent traiter la part des mineurs dans ces violences.
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