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Questions à…
Mohamad Ally Oozeer : «La police réévalue constamment sa stratégie opérationnelle en fonction de l’évolution de la situation»
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Questions à…
Mohamad Ally Oozeer : «La police réévalue constamment sa stratégie opérationnelle en fonction de l’évolution de la situation»
Mohamad Ally Oozeer, «Deputy Commissioner of Police» (DCP).
Après les nuits de tension et de violences dans plusieurs régions de l’île, la police affirme avoir progressivement renforcé ses moyens d’intervention. Le DCP Mohamad Ally Oozeer, qui était sur le terrain dans les quartiers chauds de la capitale, et l’un des responsables des opérations policières, revient sur la gestion de cette crise, les arrestations et les enquêtes en cours ainsi que les mesures prises pour prévenir une nouvelle escalade
■ Quel bilan la police dresse-telle de la gestion des nuits de tension, notamment en termes d’incidents signalés, d’interventions et d’arrestations ?
À la suite des incidents survenus depuis lundi soir, la police a mobilisé ses unités pour rétablir l’ordre public, intervenir sur les lieux signalés et protéger les personnes et les biens. Nos interventions reposent sur un principe d’escalade graduelle de la force, en privilégiant initialement le recours à une force minimale. Toutefois, face à l’évolution des événements, le dispositif a été progressivement renforcé au fil des soirées. Le nombre d’arrestations est communiqué quotidiennement. Ce chiffre évolue constamment, mais il s’établissait à 160 arrestations à samedi matin. Plusieurs de ces suspects sont toujours en détention.
■ Quels moyens humains et matériels ont été mobilisés pour assurer la sécurité des personnes et des biens dans les régions affectées ?
Des agents issus des différentes unités des forces de l’ordre – police régulière, SMF, SSU, GIPM, MARCOSS, NCG, CID et DCIU – ont été déployés dans les régions affectées. Des véhicules blindés et des équipements adaptés ont également été mobilisés pour assurer le maintien de l’ordre et sécuriser les zones sensibles.
■ Alors qu’un couvre-feu avait été instauré, pour quelles raisons ont certaines personnes continué à circuler ou se rassembler dans les rues ?
Depuis l’instauration du couvre-feu, la police a maintenu une présence renforcée sur le terrain, avec des équipes déployées à travers l’île, aussi bien dans les zones concernées par le couvre-feu que dans les autres régions. En amont, la police s’est également appuyée sur son réseau de Neighbourhood Watch, grâce à un partage continu de renseignements sur la situation dans les quartiers. La collaboration avec la communauté est primordiale. Toutefois, nous affirmons que l’application de la loi relève exclusivement de la police, qui demeure seule habilitée à la faire respecter.
■ Combien de personnes ont été interpellées ou verbalisées pour avoir enfreint le couvre-feu ? Combien font l’objet d’enquête ou de poursuites, le cas échéant ?
Au total, 81 personnes ont été arrêtées pour non-respect du couvre-feu, ce qui témoigne d’une application stricte de la loi. Douze personnes font l’objet de poursuites formelles en cour intermédiaire pour breach of curfew. Par ailleurs, cinq personnes ont été condamnées par la cour de district de Flacq à un mois d’emprisonnement et une amende de Rs 5 000 chacune pour l’infraction de Rogue and Vagabond en lien avec les incidents. Les autres dossiers demeurent en cours d’enquête. Comme annoncé, en concertation avec le bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP), nous veillerons à ce que ces enquêtes avancent dans les meilleurs délais.
■ Comment la police distingue-t-elle un rassemblement spontané, un acte de désobéissance civile et un comportements relevant d’infractions pénales, notamment les incendies volontaires, jets de projectiles et dégradations de biens ?
La police évalue chaque situation sur la base des faits constatés et des éléments recueillis. Les rassemblements pacifiques sont distingués des comportements susceptibles de constituer des infractions pénales, en fonction de la nature des actes commis et des circonstances.
■ Quelles mesures ont été prises pour identifier les personnes impliquées dans les violences, en particulier celles qui auraient pris pour cible des postes de police ou des policiers ?
Plusieurs arrestations ont déjà été effectuées. Les enquêtes se poursuivent, avec l’appui des caméras Safe City et des Field Intelligence Officers, afin d’identifier toutes les personnes impliquées dans les violences visant notamment des postes de police et des policiers. Les personnes concernées devront répondre de leurs actes devant la justice.
■ La police enquête-t-elle sur d’éventuelles coordinations entre les participants, notamment à travers les réseaux sociaux ou groupes WhatsApp ? Si oui, selon quelles modalités et dans quel cadre légal ?
Oui. Deux personnes ont déjà été arrêtées par la Cybercrime Unit et placées en cellule après avoir été inculpées sous la Prevention of Terrorism Act (POTA). Les investigations se poursuivent afin d’établir les faits et les éventuelles responsabilités. D’autres interpellations ne sont pas à écarter.
■ Quelles dispositions ont été prises pour protéger les habitants, les commerces, les infrastructures publiques et les forces de l’ordre pendant ces nuits ?
Des patrouilles, des Quick Response Teams et plusieurs autres dispositifs de sécurité ont été déployés afin de protéger les habitants, les commerces, les infrastructures publiques et les forces de l’ordre dans les zones affectées.
■ La stratégie policière a-t-elle été adaptée au fil des événements ? Quels enseignements la police tire-t-elle de cette gestion de crise ?
La police réévalue constamment sa stratégie opérationnelle en fonction de l’évolution de la situation. Des réunions quotidiennes permettent de faire le point, d’ajuster les dispositifs et de renforcer la coordination entre les unités. La police tire les enseignements nécessaires afin d’améliorer sa réactivité et sa capacité à gérer de futures crises.
■ Enfin, quelles mesures sont prévues pour prévenir une nouvelle escalade des tensions, rétablir la confiance du public et garantir le respect de la loi tout en préservant les droits fondamentaux des citoyens ?
La police poursuivra ses efforts de prévention, de dialogue avec la population et de maintien de l’ordre public, avec toute la fermeté nécessaire à l’application de la loi. Ces actions seront menées dans le respect des droits fondamentaux des citoyens.
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